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Le Grand entretien du Petit Journal

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Henri Bec, vous êtes arrivé aux deux-tiers de votre mandat au Conseil départemental de l’Hérault. Quelle impression générale en tirez-vous ?

Avec mes cinq amis de Béziers, nous avons en effet été élus le 29 mars 2015. Je ne vous cache pas que ce fût une petite révolution. Depuis des dizaines d’années le département était aux mains de socialistes professionnels de la politique. L’arrivée de conseillers dégagés de tout souci de carrière politique, élus avec le soutien de Robert Ménard, du Front National, de Philipe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan et autres… n’est pas passé inaperçue ; et ne fut pas apprécié par tout le monde…

Et il semble que ce ne fut pas non plus de tout repos !

C’est le moins qu’on puisse dire. Nous nous sommes très vite rendus compte que toutes ces bonnes âmes qui ne jurent que par les « valeurs de la République », le « vivre ensemble » ou autre « respect de la démocratie » ne supportent pas la moindre contestation et encore moins d’être dérangés dans leur confort électoral ; comme si la situation devait être définitivement bloquée à leur seul profit. Si encore la politique mise en œuvre allait dans le bon sens nous serions les premiers à nous en féliciter, mais c’est loin d’être le cas. Nous avons véritablement touché du doigt ce que pouvait être le sectarisme autocratique de politiciens fermement décidés à ne lâcher aucune parcelle de leur pouvoir. Ce ne sont depuis quatre ans que de médiocres et petites manœuvres politiciennes qui ne grandissent pas leurs auteurs, une mise à l’écart systématique de toute instance, sans compter les attaques les plus sordides, « les heures les plus sombres de notre histoire », « la bête immonde est toujours prête à se réveiller » et autres amabilités… qui, toutefois, n’impressionnent plus que ceux qui les prononcent. Je dois dire que tous n’ont pas eu la même attitude. Certains ont eu une attitude correcte, mais ils se comptent sur les doigts de la main !

Seules les strictes obligations légales et réglementaires nous ont permis de constituer un groupe (possible à partir de six membres) et ainsi de participer aux commissions. Nous étions notamment membres du syndicat de l’Orb et du Libron parce que les conseillers des cantons limitrophes de ces cours d’eau devaient, statutairement, en faire partie. Nous venons d’en être exclus après une modification discrète des statuts qui a modifié ce critère géographique, et nous avons été remplacés par des conseillers qui n’ont rien à voir avec ce territoire ! Il sera intéressant de surveiller leur assiduité… Ce n’est pas, à l’évidence, vous en convenez, d’une très grande hauteur de vue, mais plutôt d’une pitoyable mesquinerie. Le Conseil départemental est représenté dans plus de trois-cent organismes dans le département. C’était le seul où nous figurions. On réalise par ce type de manœuvre, que ce n’est pas la défense des intérêts des populations qui les intéressent mais uniquement la préservation de leurs privilèges. Je peux également rappeler le refus de nous accorder un assistant comme nous en avions le droit (le budget avait été voté) parce que, nous a-t-on répondu en séance publique, les options politiques de notre candidat ne leur convenaient pas. Autrement dit une discrimination à l’embauche pour raison politique ! Pas très brillant non plus.

Pourquoi tant d’obstination à vous évincer ?

Il ne faut pas chercher bien loin. Nous sommes venus perturber la quiétude d’une gestion sur laquelle il n’y avait pas eu jusqu’à ce jour de regard vraiment critique. C’est la raison profonde de cet acharnement. Pour tenter de dissimuler le vrai motif, le président répète comme une rengaine désormais usée, que la cause résiderait dans le fait que nous n’appartenons pas à la majorité départementale.

Ce n’est rien d’autre qu’un faux prétexte. Autant au premier tour des élections cantonales de 2015 qu’au second, le Front National qui, je le répète nous a soutenu, est arrivé, et de loin, en tête dans le département (1er tour : 122 518 voix et 65 180 pour le PS – 2e tour : 140 353 et 88 023 pour le PS). Ce ne sont que des découpages artificiels des cantons qui, comme au niveau de la représentation nationale, donnent le moins de représentation à ceux qui ont le plus de voix ! Où est, dans ces conditions, la majorité départementale ?! C’est ce qu’ils ont osé appeler, lors d’une des dernières assemblées, un système démocratique ! J’ai à ce moment-là noté que même dans leurs rangs, certains présentaient un sourire gêné. Notre représentativité s’est plus que confirmée lors des dernières élections européennes. Sur le département de l’Hérault, vous pouvez vous livrer à tous les découpages que vous voudrez, force est de constater que le PS est désormais ultra‑minoritaire. Il ne représente plus rien. Nous pouvons affirmer sans risque d’être contredit que ceux qui sont aux manettes dans ce département n’ont plus aucune légitimité. Ce ne sont plus que des fantômes sous assistance respiratoire. Quant aux « Républicains » qui se sont dans leur quasi-totalité (moins un) ralliés aux socialistes en approuvant la totalité du budget, ce n’est pas non plus très brillant… Il faut malheureusement relever que cette attitude n’est rien d’autre qu’un profond mépris lancé à la tête de l’immense majorité des héraultais. Avec optimisme cependant on constate qu’au fur et à mesure des années et des élections, nos compatriotes l’ont bien réalisé et compris. Le pays réel ne se laisse plus berner par les quelques représentants d’un pays légal complètement déconsidéré.

Gouverner sans un minimum d’assise populaire ne dure jamais très longtemps… Significative a été l’attitude de tous ces donneurs de leçon lors du mouvement des gilets jaunes. Ils ont montré un silence discret, une absence révélatrice, conscients de leur responsabilité dans la pauvreté qui s’est installée. Quand on pense qu’aux élections présidentielles ils ont appelé à voter Emmanuel Macron, le représentant le plus affirmé de la fortune anonyme, des banques et grands capitaux internationaux, de ceux qui souhaitent une immigration massive pour peser sur les salaires, comme les mêmes l’avaient fait avec les travailleurs nord-africains, il ne faut tout de même pas qu’ils s’étonnent de voir leurs électeurs partir horrifiés. Les ralliements actuels des uns et des autres sont pitoyables. Ils doivent craindre de manquer de soupe. Mais comme dit le proverbe « la tromperie, si elle fait dîner, ne fera pas souper » ! D’où les tentatives permanentes de déconsidérer ceux qui, au contraire, n’ont d’autres soucis que de protéger nos compatriotes, de travailler à la réalisation du bien commun et non à courir après les places et les prébendes. Ils ont perdu toute estime du peuple de France et n’en sont plus réduits qu’à penser par slogans et à agir par coups tordus.

Quelle est alors votre attitude au sein de l’assemblée ?

Nous avons toujours eu la même position. Nous avons tout d’abord, et dès l’origine, pris la décision de ne pas nous lancer dans l’échange de polémiques inutiles et stériles (pour la mauvaise fois nous n’aurions pas été à la hauteur !) et surtout de ne pas répondre aux innombrables provocations dans lesquelles on a tenté de nous entraîner. Le prétexte aurait été trop beau de hurler aux extrêmes ! Nous nous sommes mis tout d’abord au travail par l’étude approfondie des dossiers dont nous avons connaissance. 

Bien que la presse ne répercute aucune de nos interventions, nous faisons connaitre systématiquement nos positions. Nous appartenons chacun à une commission différente et prenons à tour de rôle la parole sur les dossiers qui nous concernent. L’hostilité démesurée que nous subissons s’explique en grande partie par le résultat de ce travail que nous effectuons. Ils savent que nous ne laisserons rien passer et que nous le ferons savoir. Après les premiers mois de découvertes semés d’embuches nous sommes depuis quatre ans parfaitement opérationnels. Nous préparons les assemblées avec une extrême attention et avons parfaitement analysé et compris le système qui consiste à mélanger des délibérations techniques et politiques, parfois intégrées dans la même délibération… ou des subventions tout à fait légitimes pour des associations avec des subventions d’aide aux migrants, etc. Malgré nos demandes réitérées nous n’avons jamais pu obtenir un vote séparé ; nous n’avons alors, dans ces cas-là, que la solution de nous abstenir. Mais nous votons favorablement les délibérations que nous estimons aller dans le sens de l’intérêt général et défavorablement les autres. Compte tenu de ces prises de positions, nous nous abstenons globalement chaque année sur le budget. Un exemple va vous montrer les manœuvres employés pour nous discréditer : alors que nous votons les subventions en faveur d’un grand nombre d’associations de nos cantons, une lettre leur est systématiquement adressée, sous la signature du président du département, pour leur indiquer que nous ne votons pas le budget, laissant entendre avec ambiguïté que nous nous opposons à l’attribution de leur subvention. Nos noms figurent sur cette correspondance, ce qui est une mise en cause personnalisée destinée certainement à mettre les électeurs en garde ! Ce n’est rien d’autre que scandaleux.

Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres. Bien entendu nombre d’associations sont venues nous assurer de leur soutien, choquées de tels procédés. C’est en effet assez peu glorieux…

Cet entretien ne serait pas complet sans dire un mot sur le budget. Il est, pour l’année 2019 de 1 502 920 321, 00 € en recettes et de 1 375 089 858,00 € en dépense. Le taux de la taxe foncière est de 21,45 %. Nous nous battons, depuis le premier jour, pour obtenir une diminution de cette taxe qui a augmenté de 0,7 % en 2016 et de 0,7 % en 2017. Des recettes supplémentaires liées à l’augmentation des transactions immobilières dans le département ont évité une nouvelle hausse. La réponse ubuesque qui nous a été faite explique, elle aussi, la fuite en masse des électeurs : cette taxe, nous a-t-on dit, n’a pas à être baissée parce qu’elle ne s’applique qu’aux propriétaires immobiliers qui peuvent payer, c’est-à-dire, le mot a été employé, aux « riches ». Ce qui signifie a contrario que ceux qui sont obligés de vendre parce qu’ils ne peuvent plus payer leur taxe foncière (il y en a plus qu’on ne croit, notamment chez les retraités qui ont économisé toute leur vie pour leur maison) ou ceux qui ne peuvent pas acheter (les jeunes notamment) pour les mêmes raisons, n’intéressent pas les socialistes. On comprend qu’ils soient désormais chez Macron !

Merci de cet entretien

C’est moi qui vous remercie. Vous êtes le seul journal local qui, à ce jour, prenne nos positions en considération. Vous faites un véritable travail de journaliste.

Commentaires

  • Bravo Monsieur Bec !!! continuez malgré les embûches des socialos qui ne sont pas nationaux !!

  • Bravo Monsieur le Conseiller Départemental. Continuez votre combat , votre action , reconnue par vos électeurs,, doit être poursuivie pour le bien de votre canton.

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