G-BDQD17ZWM0

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Prochaine étape de Trump : la Corée du Nord ?

    Ci-dessous l'article paru dans Géopolitique Profonde

    sous la signature de Frank Pengam

     

    Cette semaine, à Évian, lors d'un dîner du G7, le président sud-coréen Lee Jae Myung a glissé une phrase à Donald Trump. Une phrase qui aurait dû faire la une partout… mais qui est passé sous les radars. Il lui a dit que les sanctions et la pression contre la Corée du Nord étaient devenues "inefficaces". C'est un aveu du dirigeant de la Corée du Sud : un pays qui vit, littéralement, sous le parapluie militaire américain, et qui est en relation conflictuelle avec la Corée du Nord.

    Et il a donné une bonne raison : depuis que la Corée du Nord coopère militairement avec la Russie, dans le sillage de la guerre en Ukraine, la machine à sanctions occidentale ne mord plus

    "Même une faible aide de la Russie est d'une grande utilité pour la Corée du Nord".

    Voilà ce qui s'est dit à la table du G7... pendant que les caméras, elles, filmaient les poignées de main. Quelques jours plus tôt, Trump avait publié sur ses réseaux une photographie : lui et Kim Jong Un, à Singapour, en 2018. Un post curieux sans aucune légende ni commentaire de sa part. Quand un homme comme lui poste cette image sans un mot, c'est un signal. Et le signal, c'est probablement celui-ci :

    L'Amérique s'apprête à traiter la Corée du Nord non plus comme un paria à mettre à genoux, mais comme une puissance avec laquelle on s'assoit pour négocier. Trump l'a d'ailleurs déjà dit tout haut : pour lui, Pyongyang est "en quelque sorte une puissance nucléaire".

    Ces quelques mots font voler en éclats des décennies de doctrine occidentale. Il existait un club fermé de cinq puissances nucléaires officiellement reconnues. Les autres devaient renoncer, ou être punies.

    Ce principe vient d'être ébranlé par un président américain, en une phrase. Et ce n'est pas un geste isolé :

    Le mois dernier, Kim Jong Un recevait Xi Jinping à Pyongyang, juste après que ce dernier avait enchaîné les rencontres avec Trump et Poutine Ni Pékin ni Pyongyang n'ont prononcé le mot "dénucléarisation". Une grande question arrive alors sur la table :

    Trump réussira-t-il, là où tout le monde a échoué, à désarmer la Corée du Nord ? Mais c'est probablement une question qui n'a pas besoin de réponse. Car le régime le plus isolé de la planète, soumis à l'un des régimes de sanctions les plus lourds qui soient, a gagné son bras de fer Et les grandes puissances s'apprêtent à régler l'affaire entre elles, directement, par-dessus la tête des institutions internationales.

    L'Europe, elle, n'est même pas dans la pièce. Et c'est précisément là que cela nous concerne.

    Si la pression occidentale, sanctions comprises, ne fait plus plier le pays le plus vulnérable du monde, demandez-vous ce qu'il reste, vraiment, de l'ordre sur lequel reposent votre monnaie, votre épargne, et l'avenir que vous préparez aux vôtres. Ce basculement n'est plus une projection... Il est déjà là, et il se lit entre les lignes d'un dîner au G7. Ceux qui avaient saisi la logique multipolaire il y a des mois n'ont pas été surpris aujourd'hui.

    La prochaine fois qu'un journal du soir vous annoncera, l'air grave, de "nouvelles sanctions fermes", vous saurez exactement ce que cela vaut.

    Franck Pengam
    Fondateur de Géopolitique Profonde