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À diffuser sans modération !

N'hésitez pas à relier l'appel lancé par les amis de la Société de lecteurs de Maurice Barrès. Seule une mobilisation importante permettra de neutraliser une nouvelle offensive contre notre patrimoine intellectuel et historique, en l'occurrence celle du maire de Paris.

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Chers amis,

Nous en appelons à la mairie de Paris pour qu'elle revienne sur son annonce le 12 juillet de la débaptisation de la place Maurice-Barrès dans le 1er arrondissement de la capitale. L'historien François Broche a rédigé l'appel ci-joint auquel nous nous associons pleinement. Avec son accord, je fais appel à chacun de vous pour lui donner la plus large diffusion sur les réseaux ou auprès de vos relations.

Bien cordialement,

Dominique Decherf

Société des lecteurs de Maurice Barrès

Barres-Notre terre et nos morts.jpg

N'EN FAITES RIEN !

Emmanuel Grégoire a décidé de rebaptiser la place Maurice Barrès située au croisement de la rue Saint-Honoré et de la rue Cambon .(Ier arrondissement), "place Lucie Dreyfus". L'épouse du capitaine Dreyfus, qui se battit sans relâche, avec un courage et une obstination exemplaires, mérite sans aucun doute d'être honorée, mais il serait profondément injuste de rayer de la carte des artères parisiennes l'un des plus grands écrivains de la littérature française.

N'en faites rien, Monsieur le Maire !.

L'argumentaire est sans appel : l'auteur des Déracinés est qualifié d' "un des plus féroces détracteurs d'Alfred Dreyfus dans des écrits empreints de haine antisémite". De toute évidence, ce jugement est empreint à la fois d'ignorance et de sectarisme.

Bien sûr, il n'est nullement question d'absoudre Barrès de la phrase malheureuse publiée dans Le Journal : « Que Dreyfus est capable de trahir, je le conclus de sa race. »

Mais il est inacceptable de réduire celui en qui Léon Blum voyait un "maître", un "modèle", un "conducteur" à ce propos condamnable, qui n'est qu'un accident dans une oeuvre diverse et puissante, ayant irrigué le XXe siècle littéraire et continuant d'inspirer le siècle suivant (trois imposantes biographies en deux ans !).

Il serait inacceptable de passer sous silence la compassion et les doutes exprimés lors du second procès de Dreyfus : "une petite boule de chair vivante disputée entre deux camps de joueurs et qui depuis six ans n'a pas eu une minute de repos" (Ce que j'ai vu à Rennes, 1904).

Il serait inacceptable d'oublier que Barrès s'est publiquement réjoui de la réhabilitation du prisonnier de l'île du Diable.

Il serait inacceptable de faire l'impasse sur cet ouvrage majeur : Les Diverses familles spirituelles de la France (1917), qui place les juifs parmi les cinq grandes familles spirituelles françaises.

Si Barrès avait mérité une telle humiliation posthume, croit-on que Charles de Gaulle et François Mitterrand s'en seraient imprégnés aussi intensément ?

François Broche, journaliste, historien, auteur de Barrès (JCLattès, 1987) et de Vie de Maurice Barrès (Bartillat, 2012)

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