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  • Un appel de la fédération des clubs taurins du biterrois - Mobilisation !

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    TEXTE DE LA PROPOSITION DE LOI LIBERTICIDE

    Voici donc la proposition de loi en intégralité du vegan A. Caron. La plupart des paragraphes (sinon tous) montre une méconnaissance totale de la Tauromachie et particulièrement de la Corrida. L'exposé des motifs releve davantage d'un mauvais tract anti-corrida que d'un texte parlementaire... il est vrai que les associations animalistes l'ont largement aidé (elles s'en vantent) à rédiger ; finalement c'est mieux ainsi. Cela montre le niveau intellectuel des rédacteurs. Les députés signataires devraient avoir honte de présenter un tel texte liberticide.

    (PPL signée par LFI : 74 - écolo-Nupes :19 - Liberté, Indépendants, outremer : 1)

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    ASSEMBLÉE NATIONALE - CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958 - SEIZIÈME LÉGISLATURE
    Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 20 septembre 2022.

    PROPOSITION DE LOI
    visant à l’abolition de la corrida

    (Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, à défaut de constitution d’une commission spéciale dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.),

    présentée par Mesdames et Messieurs

    Aymeric CARON, Anne STAMBACH‑TERRENOIR, Bastien LACHAUD, Nadège ABOMANGOLI, Laurent ALEXANDRE, Gabriel AMARD, Ségolène AMIOT, Farida AMRANI, Rodrigo ARENAS, Christine ARRIGHI, Clémentine AUTAIN, Julien BAYOU, Lisa BELLUCO, Karim BEN CHEIKH, Ugo BERNALICIS, Christophe BEX, Carlos Martens BILONGO, Manuel BOMPARD, Idir BOUMERTIT, Louis BOYARD, Guy BRICOUT, Sylvain CARRIÈRE, Cyrielle CHATELAIN, Florian CHAUCHE, Sophia CHIKIROU, Hadrien CLOUET, Éric COQUEREL, Alexis CORBIÈRE, Jean‑François COULOMME, Catherine COUTURIER, Hendrik DAVI, Sébastien DELOGU, Alma DUFOUR, Karen ERODI, Martine ETIENNE, Emmanuel FERNANDES, Sylvie FERRER, Caroline FIAT, Charles FOURNIER, Perceval GAILLARD, Marie-Charlotte GARIN, Raquel GARRIDO, Clémence GUETTÉ, David GUIRAUD, Mathilde HIGNET, Hubert JULIEN‑LAFERRIÈRE, Rachel KEKE, Andy KERBRAT, Julie LAERNOES, Maxime LAISNEY, Arnaud LE GALL, Antoine LÉAUMENT, Élise LEBOUCHER, Charlotte LEDUC, Jérôme LEGAVRE, Sarah LEGRAIN, Murielle LEPVRAUD, Benjamin LUCAS, Élisa MARTIN, Pascale MARTIN, William MARTINET, Frédéric MATHIEU, Damien MAUDET, Marianne MAXIMI, Manon MEUNIER, Jean‑Philippe NILOR, Danièle OBONO, Nathalie OZIOL, Mathilde PANOT, Francesca PASQUINI, Sébastien PEYTAVIE, François PIQUEMAL, Marie POCHON, Thomas PORTES, Loïc PRUD’HOMME, Adrien QUATENNENS, Jean‑Hugues RATENON, Jean-Claude RAUX, Sandra REGOL, Sébastien ROME, Sandrine ROUSSEAU, François RUFFIN, Aurélien SAINTOUL, Michel SALA, Eva SAS, Sabrina SEBAIHI, Danielle SIMONNET, Ersilia SOUDAIS, Sophie TAILLÉ‑POLIAN, Bénédicte TAURINE, Andrée TAURINYA, Matthias TAVEL, Nicolas THIERRY, Aurélie TROUVÉ, Paul VANNIER, Léo WALTER,

    députés.

     

    EXPOSÉ DES MOTIFS

    Mesdames, Messieurs,

    « Sentir le sable
    Sous ma tête, c’est fou comme ça peut faire du bien
    J’ai prié pour que tout s’arrête
    Andalousie, je me souviens
    Je les entends rire comme je râle et je les vois
    Danser comme je succombe
    Je pensais pas qu’on puisse autant
    S’amuser autour d’une tombeEst‑ce que ce monde est sérieux ? »

    Francis Cabrel, La corrida, 1994

    Mesdames, Messieurs,

    « La corrida davantage qu’un spectacle est un art » estimaient en 2019 quarante personnalités françaises du monde de la culture, inquiètes de l’interdiction possible des corridas aux moins de 18 ans. L’argument est bien connu : l’arène serait un théâtre mettant en scène une lutte métaphorique, celle de la vie contre la mort.

    La corrida, un art ? Ceux qui l’affirment se fourvoient : il s’agit en réalité d’un acte sanglant, dont la finalité est la mort de taureaux préalablement torturés en public. A contrario, parmi les œuvres d’art, on compte la chanson de Francis Cabrel qui décrit l’incompréhension, la lutte et les souffrances d’un taureau qui vit ses derniers instants dans l’arène. « Je ne pensais pas qu’on puisse autant s’amuser autour d’une tombe », s’étonne‑t‑il avant d’expirer.

    D’après l’article 521‑1 du code pénal, les sévices graves ou les actes de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, s’ils entraînent la mort de l’animal, sont punis de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. Qui oserait soutenir que les traitements infligés à un taureau pendant une corrida n’entrent pas dans cette catégorie ?

    *

    Une corrida dure deux heures. Elle comprend six combats de vingt minutes chacun, opposant un taureau à trois matadors. Chacun des combats se déroule en trois phases appelées « tercios »

    Le premier tercio est celui des picadors, qui manient des piques destinées à sectionner ou cisailler les muscles releveurs de la tête du taureau. L’animal souffre, évidemment, mais commence aussi à perdre tous ses repères, ce qui le rend d’autant plus vulnérable.

    Le deuxième tercio est celui des banderillos, qui manient des bâtons terminés par un harpon de 4 cm de long. Plantés dans la masse musculaire proéminente située à la base du cou du taureau, ils déclenchent des hémorragies internes accrues par les déplacements brusques et saccadés du taureau, stimulé par le jeu de cape du torero. Les nerfs sont eux aussi atteints, portant la douleur à son paroxysme.

    Le troisième tercio est celui de la mise à mort qui commence par l’estocade, au cours de laquelle l’épée est plongée au niveau du sommet de l’omoplate droite pour atteindre la cage thoracique.

    Après l’estocade, le coup de grâce est donné par un poignard à lame courte et large, planté entre la base du crâne et le début de la colonne vertébrale pour détruire le cervelet et le début de la moelle épinière. Le temps imparti au torero (ou « matador ») pour tuer le taureau est d’un quart d’heure. S’il ne réussit pas à l’achever dans ce délai, l’animal est conduit au toril où il est abattu. En trophées, le torero recevra les oreilles coupées, voire la queue du taureau massacré.

    Tout cela relève‑t‑il de l’art ou de la torture ?

    *

    L’ordre national des vétérinaires a tranché. En 2016 il affirmait : « Dans les spectacles taurins sanglants, la douleur infligée aux animaux n’est pas contestée. Dans la pratique de la corrida, c’est précisément cette douleur qui augmente les réactions défensives des animaux, leur stress psychologique et physique et donc leur agressivité. Elle conditionne ainsi le succès du spectacle. La courte durée du spectacle (20 minutes) et la sélection d’animaux agressifs et génétiquement prédisposés à combattre paraissent une atténuation peu significative de l’intensité des souffrances physiques forcément ressenties par les animaux.
    Les spectacles taurins sanglants, entraînant, par des plaies profondes sciemment provoquées, des souffrances animales foncièrement évitables et conduisant à la mise à mort d’animaux tenus dans un espace clos et sans possibilité de fuite, dans le seul but d’un divertissement, ne sont aucunement compatibles avec le respect du bien‑être animal ».

    La législation française suit logiquement l’avis de l’ordre des vétérinaires : en vertu de l’article 521‑1 du code pénal, la corrida est interdite dans notre pays.

    *

    Plusieurs départements français bénéficient pourtant encore aujourd’hui d’une exception à la loi, au nom d’une « tradition locale ininterrompue ». Dans le Gard, les Pyrénées Atlantiques ou les Bouches du Rhône est donc admis ce qui est considéré comme une barbarie répréhensible dans la Sarthe ou dans les Vosges. Dans les départements dits « taurins », l’acte de cruauté sur les taureaux n’est pas nié, il n’est simplement pas condamné.

    La justification d’un tel dispositif au nom d’une « tradition locale ininterrompue » est factice. La corrida n’est en rien une tradition française, mais espagnole. Elle n’est arrivée en France qu’en 1853, pour faire plaisir à Eugénie de Montijo, l’épouse andalouse de Napoléon III. Et elle n’a d’ailleurs bénéficié d’une exception aux peines prévues pour les actes de cruauté qu’en 1951. De plus, cette corrida espagnole ne peut se prévaloir d’appartenir au patrimoine culturel immatériel de la France, ce qu’a confirmé le Conseil d’État en 2016, appuyant la décision de la cour administrative de Paris prise un an plus tôt.

    Par ailleurs, ce « spectacle » qui bénéficie de fonds européens, par le biais de la Politique agricole commune (PAC), et de subventions locales, soulève l’opposition et l’indignation d’une majorité de Français et Françaises. D’après un sondage Ifop de février 2022, 87 % des Français et Françaises se déclarent favorables à ce que tout acte de cruauté volontaire ayant entraîné la mort d’un animal soit puni, sans exception pour les corridas. En 2017, un autre sondage Ifop avait montré que 75 % des habitants et habitantes des départements où sont autorisées les corridas sont opposés aux corridas avec pique, banderille et mise à mort.

    Le Chili, l’Argentine, Cuba et l’Uruguay ont fait le choix d’interdire les corridas. En Europe, le Danemark, l’Italie et le Royaume‑Uni ont formellement interdit cette pratique, tout comme la Catalogne. Les Français et Françaises expriment très fortement le souhait que notre pays suive l’exemple. En tant qu’élu.e.s de la Nation, il nous revient d’agir dans l’intérêt général, en tenant compte de l’attente sociétale. Nous avons le devoir de suivre le sens de l’Histoire et d’abolir les corridas. Cette proposition de loi vise donc à interdire les corridas, sans affecter les autres activités taurines.

    En affirmant solennellement que la torture et la mort d’un animal ne peuvent légalement constituer un divertissement digne de l’éthique contemporaine, nous ferons un pas historique en faveur des droits des animaux et par là‑même en faveur de notre humanité.

    L’article unique prévoit l’abolition de la corrida sur tout le territoire français.

    proposition de loi
    Article unique
    Le titre II du livre V du code pénal est ainsi modifié :

    1° Au onzième alinéa de l’article 521‑1, les mots : « aux courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Elles ne sont pas non plus applicables » sont supprimés ;
    2° Au second alinéa de l’article 522‑1, les mots : « aux courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Il n’est pas non plus applicable » sont supprimés.

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  • Élisabeth Borne et les élections italiennes : le paroxysme de l’arrogance des élites

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    Ma come ti permetti? » que l’on pourrait traduire par "Comment oses-tu ?" Ce cri d’indignation, une grande partie du peuple l’a sans doute exprimé en découvrant la réaction d’Élisabeth Borne à l’annonce des résultats des élections italiennes. En effet, notre Premier ministre, au micro d’Apolline de Malherbe, a tenté, avec une maladresse renversante, de mettre une tutelle « démocratique » sur le futur gouvernement de Giorgia Meloni :

    "En Europe, on porte un certain nombre de valeurs et bien évidemment, on sera attentif (avec) la présidente de la Commission européenne (Ursula von der Leyen), à ce que ces valeurs sur les droits de l’homme, sur le respect des uns et des autres, notamment le respect du droit à l’avortement, soient respectées par tous", a-t-elle déclaré sur la chaîne BFM TV. On saluera la grande habileté diplomatique qui consiste à crisper les relations avec notre voisin tout proche avant même la formation d’un quelconque gouvernement – qui prendra, rappelons-le, au moins un mois. L’Italie n’est pas exactement une obscure dictature d’Amérique centrale…

    Élisabeth Borne, visiblement, elle, sous la tutelle d’Ursula von der Leyen, a une fois de plus fait honte au peuple français. Nos élites sont si déconnectées, si incapables de décrypter, ou même essayer, humblement, de comprendre ce que le peuple italien a voulu dire dimanche dernier : elles ne comprennent déjà pas ce que ressent et vit le peuple français, cette dépossession d’une fierté nationale aujourd’hui perdue, oubliée, cachée ou au moins mise sous le boisseau… Confortablement installées dans les ZTL, ces zones à trafic limité de l’hypercentre des grandes métropoles, nos élites politiques dont Élisabeth Borne, malgré un parcours méritocratique, est devenu le symbole, se trouvent aujourd’hui confrontées, dans l’est de l’Europe mais aussi dans le nord, après les élections suédoises, et aujourd’hui au sud avec l’Italie, à un coup de semonce de plus en plus vigoureux.

    Et puis il y a, surtout, cette arrogance française, ce sentiment que l’élite, celle qui détient le pouvoir en France, enseigne à toutes les nations les lumières du progrès. Alimenté par des concepts fumeux – les valeurs européennes –, ce piège idéologique de l’État de droit devint la norme tout à la fois morale et juridique : chaque pays doit s’y conformer, abandonnant toute possibilité d’une véritable orientation politique des gouvernants. Au nom d’une « éthique » exclusivement progressiste à la valeur quasi religieuse, l’exercice de la souveraineté populaire doit s’effacer au profit d’une démocratie désincarnée, plastique, aux couleurs bleues et jaunes.

    "Cette déclaration est insignifiante", a rétorqué Fabio Rampelli, cofondateur du parti Fratelli d’Italia et fidèle entre les fidèles de Giorgia Meloni. Une réponse qui claque sèchement à la figure de notre Premier ministre, qui ferait peut-être bien de comprendre que le temps de la condescendance française envers nos cousins latins, ce sentiment de supériorité envers les Italiens, si partagé malheureusement dans la population française est terminé. Il est temps de traiter d’égal à égal avec ce pays fondateur de notre civilisation.

  • Macron attendu à l'ONU !

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    QUASIMENT VIDE !

    ***

    Aura-t-on encore longtemps la patience de supporter ces humiliations répétées ? Ce n'est pas une image que les médias aux ordres vont beaucoup diffuser : la salle de l'ONU pendant le discours d'Emmanuel Macron. Quand on vous disait que la France avait une influence inégalée ! Le monde tremble et s'incline lorsqu'elle parle

    Nous ajoutons le commentaire de Radu Portocala, qui exprime en quelques mots le désenchantement pour ne pas dire la tristesse de voir la France, autrefois "mère des arts, des armes et des lois", ainsi rabaissée.

    ***

    Je ne sais plus quel journal titrait l’autre jour : « Macron attendu à l’ONU ».

    La salle presque vide devant laquelle Je-suis-le-chef a fait son exercice oratoire en langue de bois montre que presque personne ne l’attendait.

    Macron n’intéresse presque personne, sa présence sur la scène internationale est négligeable. Qu’il soit ou qu’il ne soit pas là, qu’il parle ou qu’il ne parle pas, qu’il s’agite stérilement ou qu’il ne fasse rien – cela n’a aucune conséquence.

    Cela, en fin de compte, n’a pas grande importance. Ce qui est grave, c’est que son insignifiance, aussi vocale soit-elle, fait de la France un pays insignifiant, l’entraîne vers les tristes abîmes de la médiocrité.

    Comment a-t-il été possible que la France finisse par s’exprimer à travers une telle voix dérisoire ?   ■

  • Sofiane Hambli, un « bon Français bien de chez nous », et parrain de la drogue, condamné à 20 ans de prison au Maroc

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    Un tribunal marocain a condamné un parrain français à 20 ans de prison pour une série d’accusations liées aux stupéfiants.

     

    Sofiane Hambli, 46 ans, est considéré comme l’un des plus gros importateurs de cannabis en France. Il a un casier judiciaire long comme le bras, et a l’habitude d’échapper à la détention. Il s’était soustrait à la justice française en mars dernier alors qu’il était jugé pour une affaire de cannabis, et a été arrêté en octobre dans un hôpital marocain où il était soigné pour une blessure au visage.

    Vendredi, un fonctionnaire du tribunal a confirmé les informations du site d’information Hespress selon lesquelles un tribunal de Rabat avait condamné Hambli, qui est algérienne d’origine, à 20 ans de prison sans possibilité de libération conditionnelle. On s’attends à ce que les organisations de défense des droits de l’homme, en France, hurlent à l’injustice.

    Les chefs d’inculpation incluent « trafic international de drogue », « blanchiment d’argent » et « détention forcée » au Maroc, a déclaré le fonctionnaire à l’AFP.

    Hespress a précisé qu’il était incarcéré dans une prison près de Rabat « sous haute sécurité ».

    Hambli est toujours recherché en France pour d’autres accusations comme l’importation de tonnes de cannabis, mais les autorités marocaines ont refusé de l’extrader, selon les médias marocains : sans doute ont-ils compris qu’en France, la justice est clémente avec certaines minorités.

    L’année dernière, Hambli avait fait l’objet d’une notice rouge Interpol à la demande des autorités françaises, après qu’il ne se soit pas présenté à une audience concernant des accusations d’avoir organisé l’importation de quatre tonnes de cannabis. Le journal Parisien rapportait à l’époque qu’il avait tiré 2,5 millions d’euros de cette transaction, accusations démenties par son avocat Hugues Vigier.

    Hambli est également connu pour avoir été un informateur de la police anti-narcotique française et a été impliqué dans l’importation de sept tonnes de cannabis lors d’une opération en 2015. Une vraie chance pour la France, en somme.

    Dreuz info

     

  • L'image du jour

    À Mme Von der Leyen : "Veuillez recevoir nos meilleurs souvenirs d'Italie"

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  • De la forfaiture au désastre

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    Le prix du gaz suffit-il à expliquer tant de complicité ? Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune. Alger, 27.08.2022

     

    Tout se paie. L’absurdité grandiloquente s’achève en catastrophe.

     

    Par Hilaire de Crémiers

    Hilaire-2.jpgLe jeu de Macron risque de devenir de plus en plus périlleux. Même si jusqu’à présent, malgré les difficultés accumulées, il a échappé au pire, voici que le pire se signale à l’horizon. Le pire pour la France, hélas. Probablement aussi le pire pour lui qui, pourtant, ne l’aura pas volé.

    Il a accédé au pouvoir par des procédés de voyou dont l’utilisation des fonctions de l’État à des fins personnelles jusqu’à la prévarication a constitué la norme habituelle : décisions prises en vue de sa stratégie politique au mépris des intérêts français, à l’encontre même des orientations du gouvernement auquel il appartient, compensations financières par voies détournées, exploitation des deniers publics mis à disposition dans le cadre étatique pour ses propres besoins, opérations d’achat-ventes combinées, voire de rachats concernant des entreprises françaises d’importance stratégiques au profit d’entreprises et de puissances étrangères dans des contrats doubles ou triples d’une opacité douteuse.

    Tout à l’avenant mais, apparemment, sans conséquence pour sa carrière, bien au contraire, constamment favorisée par le renforcement de ses réseaux publics ou occultes. Sans jamais de suites judicaires sérieuses. Ni d’inconvénients politiques majeurs. D’aucun parti, même de la gauche la plus hargneuse, d’aucun média d’envergure, d’aucune autorité constituée, d’aucune structure concernée, même celles dont les intérêts ont été lésés. C’est ainsi ; c’est fort. Il passe toujours.

    Le vice comme droit

    Pourtant, rien de surprenant. D’ailleurs, quand il s’agit de lui, personne n’est surpris. Ou n’imagine être surpris, tant c’est chez lui des comportements constitutifs de sa personnalité qui se croit ou, plutôt, se sait par une sorte d’intuition aussi décisive que subtile, au-dessus de tout. À l’instar des autres transgressions qui jalonnent sa vie, aventureuse certes, mais sans l’être vraiment, jusqu’à présent du moins, tant il a la garantie, non prouvée mais assurée, de son impunité. Et, ainsi, a-t-il l’art d’en faire une singularité personnelle qu’il ne reste plus qu’à admirer.

    Oui, toujours être admiré. Son personnage s’épanouit dans les effluves d’une telle psychologie. Qui ne l’a vu après une prestation où il a démontré qu’il était le plus doué ? Sa secrète connivence avec lui-même le met à l’abri de toute crainte et de toute hésitation. Il recherche ces moments de grâce où il est celui qui sait, veut et peut. Il adore briller. En un mot, il s’adore lui-même. Sans aucun scrupule. Sans retenue. Narcisse qui ne regarde les autres que pour se regarder lui-même dans leurs regards ravis, comme dans un miroir. Son entourage lui sert à plaisir le reflet de son égotisme rayonnant jusqu’à l’éblouissement ; entourage qui lui ressemble, d’ailleurs, sauf que ces individus qui se croient supérieurs eux aussi et dont le tropisme subjectif est identique à celui du patron, sont soumis à sa domination de dieu solitaire qui s’assouvit de lui-même… et des autres par réfraction. Lui ne donne rien que ce qu’il veut ; il accapare tout ce qui peut le satisfaire. De ce point de vue, il ressemble à ses prédécesseurs, tous malades d’eux-mêmes, comme il n’apparaît que trop pour qui étudie l’histoire de la Ve République, tant le pouvoir en république rend fous ceux qui ont misé toute leur vie sur son unique possession.

    C’est une grande vérité, peu exprimée de nos jours, mais qui avait frappé nos légistes de l’ancien temps, tel un Jean Bodin, tel un Claude de Seyssel, que la lutte pour le pouvoir suprême était le pire des maux qui pouvait accabler un État. Tacite déjà en avait tiré la plus amère des sagesses historiques.

    L’orgueil qui se croit intelligent

    Il y a du Néron chez Macron. Qualis artifex ! Pour le moment le miroir de proximité n’est pas encore brouillé, comme il le fut pour Hollande et pour Sarkozy. Même si son image a subi de lourds cabossages au cours des cinq dernières années auprès des Français qu’il a trop méprisés et qui majoritairement ne l’aiment pas. Peu lui chaut. L’orgueil de sa réussite l’aiguillonne à chaque étape franchie. Tant pis pour ceux qui ne suivent pas comme les Gilets jaunes ou qui se mettent en travers de ses desseins de direction totalitaire, l’État dirigeant tout et Macron se prenant pour l’État. Il les « emmerde ».

    Face au défi de l’adversité, il étale, en toutes circonstances, la vanité d’un adolescent immature et bravache qui se veut son propre maître et qui impose au monde ses caprices comme des lois. Ses répliques sont connues. Répétitives, aujourd’hui comme hier, toujours sur le même mode de l’arrogance puérile : « Si c’était à refaire, je le referais ! » « Qu’ils viennent me chercher ! » Et de jeter la tête en arrière. Son œil étincelle comme dans la fable celui du lion que vient importuner un moucheron. Et tous ceux du clan d’applaudir bruyamment. Quel chef ! Et pour quelle république exemplaire !

    Et, de fait, il a pris possession de l’État, de tout l’État. Puisqu’en France l’État est le maître de tout et s’occupe de tout, de l’enfant au vieillard, du travail au chômage, de la santé à la mort, le libéralisme théorique de la macronie ne faisant qu’ajouter aux complications du socialisme étatique, c’est lui qui fait tout, qui décide de tout : il y passe ses nuits, paraît-il ! Même si, désormais, le pouvoir législatif lui cause quelques soucis, mais sans réelles conséquences. Il est prêt à tout, même à se servir, entre autres, d’un pseudo-conseil national de la refondation (CNR ! ) pour contourner les obstacles et plier la Constitution à sa guise.

    Personne ne vient donc le chercher ! Personne ! Ou pas encore, tant qu’il sera le plus fort. Mais le lion de la fable finit par s’exténuer lui-même. Il est des retournements qui s’opèrent avec violence. La politique dite démocratique écrase toujours les plus faibles. Gare à demain !

    Toutes les fausses pratiques de l’homme sans vergogne avec leurs mensonges calculés qui façonnent l’univers macronien et rendent compte des multiples affaires dont la vie politique de cet ambitieux forcené s’est littéralement nourrie – Alstom, Uber, McKinsey, et combien d’autres moins connues où ses copinages l’ont aidé –, n’ont jamais été dénoncées efficacement, même par les personnes les plus averties. Inutile de donner des noms. La France n’est plus une société libre ; chacun le sait. La prudence est de règle dans tous ces domaines où tous les coups sont à prendre. Ceux qui l’ont vu faire ou qui ont été renseignés sur ses façons d’agir, en tous cas suffisamment pour comprendre ses manœuvres d’une déloyauté sans nom, n’ont jamais pu ni l’arrêter, ni avertir le public, ni mener de justes investigations, ni conduire à terme des poursuites judiciaires. Type affaire Benalla, et, encore, c’était fort peu de chose par rapport au reste !

    Le constat est le même, à droite comme à gauche. Les commissions parlementaires, les rapports dûment argumentés ne servent à rien. Personne de notoriété suffisante n’a eu l’audace ou le simple courage d’attaquer comme il aurait fallu, comme il était de droit. Pourtant il est des gens qui savent. Même parmi les politiques. Marine Le Pen ne s’est contentée que de vagues allusions pour se faire de suite rembarrer sans moufter. Ne parlons pas de Mélenchon qui ne fait que causer et encore causer, l’adversaire idéal qu’il fallait à Macron, aussi narcissique que lui. C’est déjà dit mais c’est si vrai : la politique les rend fous, tous tant qu’ils sont, la moindre once de pouvoir – celui de la parole en est un – les enivre de leur propre moi. Tel est le mal essentiel de la République où le pouvoir est toujours à prendre, à reprendre, à conquérir, à accaparer. L’intérêt de la France disparaît dans cette tourmente d’egos et dans les flots de discours. Il ne s’agit pas ici de dictature – le mot fait peur – qui n’est jamais qu’une forme de la démocratie pour la tirer de l’anarchie. Mais qui ne rêve d’un pouvoir dont la légitimité crée la stabilité dans l’harmonie retrouvée de toutes les autorités justes et naturelles qui auraient enfin toute leur place ?

    Le désastre programmé

    En fait, la France n’en sort pas. C’est reparti pour cinq ans avec les mêmes baratins. Il faut dire aussi que, depuis le début de l’entreprise macronienne, une machination complexe et fortement structurée fonctionne en faveur de l’homme qui a été choisi d’avance en 2017 et, à nouveau, en 2022, comme il a été souligné dans ces colonnes à chaque fois. Tel est, là encore, le lot de la démocratie française ; mais elle n’est pas la seule ; un regard autour du monde suffit à le comprendre. Les peuples sont abusés par des mots. Rien d’étonnant en France, comme il a déjà été dit, pour qui connaît l’histoire vraie de la Ve République depuis ses origines et pour qui s’intéresse aux mécanismes institutionnels qui mènent la vie politique française depuis plus de deux siècles.

    La politique républicaine n’est pas du droit, comme elle le prétend. Elle s’habille de droit pour se justifier. Depuis le début. Et quel droit ! Un exemple : qui a jamais osé poser une question à François Hollande sur son trésorier de campagne dont les comptes personnels foisonnaient sur des îles sans droit et dont le but, en contrepartie du service rendu, était d’imposer en France par Hollande interposé le mariage homosexuel, qualifié de mariage pour tous – c’était très important pour la suite mondiale des opérations –, tant le droit de la République peut dire tout et n’importe quoi : il suffit d’une loi votée par une bande de partisans. Et voilà ce qui s’appelle l’État de droit, intouchable et incritiquable par définition. Qui veut bien comprendre, comprenne ! Peut-être les Français comprendront-ils un jour comment ils sont cocufiés. Ce beau travail législatif fut pratiquement l’unique raison d’être du quinquennat Hollande. Tandis qu’on discutait gravement de la façon d’unir deux messieurs ou deux dames, ou encore deux ni-homme ni-femme, les Trierweiler et les Ségolène qui auraient pu s’y croire, n’ont été que les jouets du même François et se sont faites coiffer au poteau par la Julie Gayet ! Amusant, n’est-ce pas ? De l’art d’être cocu et du sport de cocufier, à quoi se ramène toute la politique en France. En tous domaines !

    Gageons que Macron voudra poursuivre dans une si noble voie. Un bon moyen, après avoir usé de la droite pour le pouvoir d’achat et pour la loi de finances, sera de se mettre la gauche dans la poche de sa majorité relative avec un projet de loi de constitutionnaliser l’avortement. Pas tout de suite mais à l’occasion. Comme si l’avortement était un droit ! Alors que c’est fondamentalement une suppression de droit, et du premier des droits qui est le droit à la vie. Ainsi tout droit peut être et sera éliminé en fonction des besoins au profit du seul Droit que la République impose et qui devient la Loi. Telle est la logique des principes absurdes qui fondent depuis la Révolution le droit public et, malheureusement, le droit privé français. Plus rien ne tient, les juristes en savent quelque chose.

    Mais la forfaiture ne saurait être une règle pour une nation. Ou elle périra. Le désastre est là, pour ainsi dire programmé par l’implacable bêtise qui préside aux destinées de la France. L’Éducation est un immense échec, constaté par tous. La nomination du ministre est, d’ailleurs, une provocation toute macronienne. Les services publics ne sont plus que des mots en l’air, ni services, ni publics. Les administrations et les ministères, comme les innombrables comités et agences sont d’énormes verrues sur une pauvre France écrasée d’impôts, de taxes, de normes. Le pays est concrètement en faillite et continue à dépenser à tout-va. 3000 milliards de dettes ! L’industrie qui ne cesse de s’effondrer est à bout de souffle. La France n’est plus une puissance agricole. En dehors de l’international, ses entreprises les plus prestigieuses sont en train de couler : EDF en est l’exemple, victime d’une politique d’État d’une rare stupidité. L’Europe va exploser, l’Italie d’un côté, l’Allemagne de l’autre, devant les cruelles nécessité de la survie, mettant fin aux divagations de Macron qui a tout misé sur l’unification rapide de l’Europe en trahissant les intérêts français. En fait, il a perdu l’Europe et sa présidence européenne n’a servi à rien. Il a perdu définitivement l’Afrique. Une fois de plus, il nous humilie devant l’Algérie ! Le gaz suffit-il à expliquer tant de complicité ?

    Et voilà que la guerre en Ukraine continue et peut dégénérer alors que, pour exister, il fait l’important et s’essaie à la gravité pour impressionner les Français et se hisser à la hauteur des circonstances. Nos canons partent en Ukraine, nos hommes peut-être. Cependant les chefs d’état-major des Armées ont averti : la France n’a pas les moyens suffisants pour mener une guerre, dite de haute intensité, plus de trois jours. Les vastes plans de Macron, tout en discours et en supputations, se heurtent à la dure réalité. C’est triste à dire : c’est la France qui, une fois de plus, paiera. Macron l’aura perdue, comme le reste.   

    Hilaire de Crémiers

    Article paru dan Politique magazine - Cliquez sur l'image pour accéder au site

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  • « La souveraine qui, parce qu’elle échappait aux hasards de l’élection, était celle de tous ».

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    Cet article est repris du site "Je suis français". Il devrait être, pour tous, un sujet de réflexion, alors que nous vivons dans un système dans lequel aucune politique pérenne ne peut être mise en œuvre, livrée au caprice de faux monarques successifs.

    ***

    TRIBUNE – Elizabeth II « sans jamais jouer les Jupiter ni, à l’inverse, s’abaisser à la posture humiliante du “monarque citoyen” », s’est imposée « comme un modèle discret de conservatisme spontané », fidèle au legs de grands esprits et d’hommes d’État éminents du Royaume-Uni, souligne Frédéric Rouvillois, professeur de droit constitutionnel et écrivain .

     

    C’est une chose singulière que de perdre une personne très chère et très âgée dont on avait toujours senti la présence bienveillante et qui avait fini par devenir une partie de nous-mêmes – au point de nous sentir perdus sans elle, et un peu orphelins.

    Quelques mois avant d’être fauché par la mitraille au tout début de la guerre de 14, c’est ainsi que Charles Péguy consacre quelques-uns de ses plus beaux vers à la mort de sainte Geneviève, patronne et protectrice de Paris :

    « Tout un peuple assemblé la regardait mourir

    Le bourgeois, le manant, le pâtre et le bouvier,

    Pleuraient et se taisaient et la voyaient partir (…)

    Et les durs villageois et les durs paysans

    La regardant vieillir l’avaient crue éternelle (…)

    L’amour de tout un peuple était tout son cortège ».

    Et au fond, c’est à ces vers dorés que fait penser la disparition de la reine, Elizabeth – leur reine, celle des Britanniques, mais qui, à force, avait fini par nous devenir si familière, qu’elle était aussi un peu la nôtre. La nôtre, parce qu’elle avait toujours été là, avec ses tailleurs pastel et ses chapeaux invraisemblables, son regard malicieux et son demi-sourire indulgent. Mais la nôtre aussi, parce que sans jamais jouer les Jupiter ni, à l’inverse, s’abaisser à la posture humiliante du « monarque citoyen », Elizabeth a toujours suivi sa voie et assumé son rôle, s’imposant ainsi comme un modèle discret mais convaincant de conservatisme spontané – ce qui, au pays de Burke, de Disraëli, de Chesterton ou de Churchill, était au fond la moindre des choses.

    Après soixante-dix ans de règne, la reine Elizabeth apparaît pourtant d’abord, dans les souvenirs de chacun, comme une mère de famille. Lorsqu’elle monte sur le trône à l’âge de 25 ans, elle a déjà deux enfants, un garçon et une fille, le choix de la reine en quelque sorte. Et c’est à cette aventure-là que s’intéressent surtout, à l’époque, les chaînes télévisées encore rudimentaires du monde entier : à la vie quotidienne d’une toute jeune reine qui est aussi une jeune maman et dont l’un des enfants sera roi lorsque le temps sera venu. Dans d’innombrables reportages en noir et blanc, on la voit donc au jardin qui s’occupe d’Ann et de Charles, comme on la verra quelques années plus tard, en couleur cette fois, être enceinte à nouveau, puis accoucher comme n’importe quelle autre mère.

    Or, la curiosité des spectateurs coïncide avec ce qui constitue le mystère et la clé du régime monarchique : car derrière la délicieuse banalité de la scène familiale, il y a le fait que ce qui caractérise d’abord une reine (ou un roi), c’est d’être, en un sens, des gens comme tout le monde. Au fond, Elizabeth aurait pu être infirmière ou agricultrice, mais le hasard ou la providence ont décidé qu’elle serait reine, ce qu’elle a assumé avec autant de bonne volonté, de sérieux et de simplicité que si elle s’était occupée de malades dans un hôpital ou de vaches dans une exploitation laitière. La reine est une personne comme tout le monde : et c’est en faisant comme tout le monde – c’est-à-dire, en donnant naissance à ses enfants et en essayant de les élever du mieux qu’elle le pouvait -, qu’elle a assumé du même coup la fonction politique capitale qui était la sienne : préparer sa propre succession au trône afin de garantir la stabilité du système et la continuité de l’État.

    Dans une monarchie, le personnel ne se dissocie pas du politique, et ces deux rôles inextricablement liés, la reine Elizabeth les a assumés de façon exemplaire : en tant que mère, puis grand-mère et arrière-grand-mère (et même, quoique la chose fut plus difficile, en tant que belle-mère), elle a su incarner charnellement la nation dont elle était symboliquement le chef : et au-delà, personnifier un système, la monarchie, où le chef, parce qu’il échappe aux hasards de l’élection, est véritablement celui de tous – de même qu’une mère, n’ayant pas été choisie par une majorité
    de ses enfants, est réellement celle de chacun d’entre eux.

    La reine de tous, sans distinctions et sans discontinuité : là encore, Elizabeth a incarné l’un des traits spécifiques de la royauté, sa projection dans la longue durée. Et ce faisant, sa capacité à représenter, pour tous ses sujets, un point de repère commun et immuable, un élément unificateur, stable et rassurant, particulièrement utile en temps de crise ou de mutations majeures.

    Sur ce plan, on l’a souvent comparée à son aïeule Victoria. Devenues reines, l’une à 18 ans, en 1838, l’autre à 25 ans en 1952, toutes deux vont connaître des périodes troublées assombries par des révolutions profondes dans tous les domaines. Toutes deux seront amenées à régner sans gouverner, ce qui est le propre d’une monarchie parlementaire, mais l’une et l’autre parviendront à accompagner le mouvement sans se laisser dépasser par sa violence, et ce faisant, contribueront avec une efficacité discrète à canaliser son potentiel explosif. De Churchill à Liz Trussdu processus de décolonisation à l’intégration européenne puis au Brexit, de la guerre civile en Irlande du Nord au référendum écossais, des Malouines à l’Afghanistan, du terrorisme de l’IRA à celui des islamistes, la reine Elizabeth II, par ce qu’elle incarnait, n’a même pas eu besoin d’intervenir pour désamorcer les conflits, ni de décider pour favoriser la résilience.

    Comme l’emblématique bobby de la police britannique, qui traditionnellement n’était armé que de son sifflet et d’un bâton blanc, la reine a su montrer que la présence est déjà une puissance. Et peut-être une puissance supérieure. La chose n’a jamais paru aussi évident qu’en ce soir du 5 avril 2020, au tout début de l’épidémie de Covid, lorsque, vêtue d’un tailleur vert gazon, elle vient prononcer à la télévision quelques mots simples appelant les Britanniques à l’union, à l’espoir et à la résistance. Des mots que seule une reine et une mère pouvait prononcer sans qu’on les soupçonne d’hypocrisie ou d’arrière-pensées électoralistes.

    Une reine et une mère qui s’est demandé chaque jour, durant sept décennies, quelle serait la meilleure solution pour ses enfants et ses sujets : ce qu’il fallait maintenir coûte que coûte, et à quoi l’on pouvait renoncer sans se perdre. Sans doute est-ce pour cela qu’elle est parvenue, malgré les risques, les obstacles et les tragédies, à maintenir, c’est-à-dire à conserver l’essentiel.

    Et sans doute est-ce pour cela qu’elle demeurera dans les cœurs à la place singulière qui restera la sienne : "l’amour de tout un peuple était tout son cortège ".  

    Délégué général de la Fondation du Pont-Neuf (think-tank) et auteur de nombreux ouvrages remarqués, Frédéric Rouvillois a notamment publié Histoire de la politesse de la Révolution à nos jours (Flammarion, 2006), Histoire du snobisme (Flammarion, 2008), L’Invention du progrès, 1680-1730. Aux origines de la pensée totalitaire (Éditions du CNRS, 2011) et Liquidation. Emmanuel Macron et le saint-simonisme. (Éditions du Cerf, 2020). Pour s’informer de ses travaux et publications, suivre le lien ci-dessous.

    Frédéric Rouvillois

  • Livre - Notre sélection : Jacques Bainville - "Les lois de la politique étrangère"

    La maison d’édition indépendante L’Artilleur réédite le livre de Christophe Dickès Jacques Bainville, les lois de la politique étrangère. Une édition revue, corrigée, et surtout considérablement développée : 560 pages au lieu de 320. Les notes de bas de pages sur l’œuvre de Bainville (absentes de l’ancienne édition) sont intégralement rétablies – et la bibliographie, déjà monumentale, complétée et mise à jour. Un événement pour ceux qui veulent comprendre l'histoire et la politique étrangère. Vous trouverez dans cet ouvrage une analyse débarrassée de toutes scories de basse politique politicienne, produit du seul examen des faits et de leur compréhension. Ce qui a fait dire qu'en lisant Bainville, on avait l'impression de devenir intelligent !

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    Connu pour sa remarquable biographie de Napoléon et son Histoire de France, constamment rééditées jusqu'à nos jours, Jacques Bainville fut aussi un analyste hors pair de la politique internationale. La diffusion de ses idées et de ses écrits allait bien au-delà de sa famille politique, l'Action française. Bainville considérait que la politique est régie par des lois et qu'elle est toujours l'œuvre des hommes. De l'expérience de ceux-ci et des grandes permanences de l'histoire, il est possible de déduire le futur et de se prémunir par l'action des dangers qu'il recèle. Dans un livre prophétique, Les conséquences politiques de la paix, publié en 1919, Bainville annonça tout l'entre-deux-guerres: l'avènement de Hitler, l'Anschluss, l'invasion de la Tchécoslovaquie, le pacte germano-soviétique, l'agression contre la Pologne et la nouvelle guerre européenne qui s'ensuivit. Jacques Bainville ne fut pas écouté. Il mourut en 1936, avant la catastrophe que la France n'avait pas su conjurer. Christophe Dickès a consacré dix ans d'études à l'œuvre de Jacques Bainville et plus particulièrement aux aspects de celle-ci touchant à la politique étrangère aux XIXe et XXe siècles. Il présente ici l'homme et sa pensée, dont l'influence demeure toujours grande.

    Pour commander, c'est ICI

  • La reine est morte. Vive le roi !

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    Le monde entier s’est, sur l'heure, senti concerné et ému par l’annonce du décès brutal de la reine Élisabeth II d’Angleterre. La mobilisation des médias et la réaction des chefs d’État se sont faites à l’unisson. Sa personnalité exceptionnelle, la durée de son règne, les joies et les épreuves traversées ne sont pas étrangères à cette très naturelle et très justifiée unanimité dans l’hommage.

    Non moins naturelle est sa succession, sans bruit, sans soubresaut, sans contestation, sans besoin de millions d’euros pour des campagnes stériles et absurdes. Chacun connaissait la suite de l'histoire puisque c’était écrit et pratiqué depuis des siècles. Le roi Charles III, formé et informé de tout ce qui l’attend assure désormais l’avenir comme le feront son fils et petit-fils. Un système aussi simple qu'efficace. Et n'imaginons pas que le roi anglais soit aussi dépourvu de pouvoir que cela, comme l'affirment ceux que démange le prurit des banalités. Mais c'est une autre histoire

    À l’occasion de plusieurs événements touchant la couronne britannique, on a entendu dire que les Français, après les Anglais cela va sans dire, étaient le peuple qui se sentait le plus charmé et séduit. Peut-être se souvient-il, ce peuple français, que ses ancêtres ont eux aussi vécu en monarchie pendant près de mille ans ? En aurait-il une sorte de nostalgie ? Ou même de  jalousie ?

    Bien sûr la France a connu des difficultés, des guerres, des famines et autres épidémies. Quel peuple, en mille ans, n’en a pas connu ? Elle s’est toujours relevée, Jeanne d’Arc n’en est qu’un exemple majeur. Mais cette monarchie française a tout simplement construit le pays que nous connaissons, pour en faire, au XVIIIe siècle, le plus puissant, le plus beau, le plus riche, le plus peuplé, le plus en paix, modèle et phare du monde. Sous la protection royale les français ont pu travailler, innover, inventer, construire, écrire, peindre et composer. Vienne a essayé d’imiter Versailles, en vain ! « La France est le résultat du travail et de l’intelligence » (Bainville)

    Malgré les inepties et les contre-vérités historiques diffusées dans nos écoles pendant des décennies et aujourd'hui le silence dramatique de notre enseignement, les évidences ne peuvent indéfiniment être cachées. Il faudra bien un jour que les vérités triomphent. Fort heureusement de plus en plus nombreux sont les historiens qui remettent les choses à leur place. Encore faudrait-il que ces enseignements soient portés à la connaissance des jeunes français.

    Certes la monarchie française n’est pas la monarchie britannique, c’est une autre histoire, d’autres fondements, d’autres mœurs, d'autres traditions. Chacune a sa spécificité propre. Elles ont cependant en commun une mission unificatrice, rôle majeur, rôle premier, condition sine qua non de toute vie sociale équilibrée.

    Comment peut-on imaginer ou rêver que la multiplicité des partis et des ambitions, une politique remise en cause quelques années après avoir été initiée, une démagogie permanente, puissent assurer la stabilité, l’unité et le développement harmonieux du pays ? Les plus mauvais ont profité du système, les meilleurs se sont épuisés en vain à essayer de l'améliorer. Avec réalisme regardons où nous en sommes !

    Henri Bec

  • Le général Monk est-il d'actualité ? Oui nous dit Pierre Boutang

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    L'actualité nous donne l'occasion de publier une nouvelle fois cet entretien avec le grand philosophe Pierre Boutang qui a été titulaire de la chaire de métaphysique à la Sorbonne de 1976 à 1986. Ses écrits politiques sont innombrables et toujours empreints d'une réflexion qui surprend par sa profondeur, alors que nous subissons la médiocrité abyssale des esprits, surtout celle de nos dirigeants.

    Il reprend ici l'image de Monk, général anglais (1608-1670) qui contribua à la restauration du roi Charles II d’Angleterre mettant fin à la république de Cromwell. C'est aujourd'hui Charles III qui va régner.

    Une vidéo de huit minutes de belles vues pour le présent et surtout pour l'avenir.

    Pour visionner l'entretien, cliquez ICI

  • Quand le maire de Béziers fait l’apologie de la baffe !

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    Cet article ne manque pas de sel ! Outre la touche d'humour bien vue, il résume ce que beaucoup réalisent désormais. Nous ne sommes même plus dans le tripatouillage politique mais dans le médiocre spectacle de saltimbanques "qui se voyaient déjà en haut de l'affiche", en vain !

     

    Par Jacques Nain

    Nain.jpgMercredi 7 septembre, en fin d’après-midi nous avons regardé sur LCI David PUJADAS qui anime l’émission éponyme « 24HEURES PUJADAS ». Le journaliste nous a présenté Robert MÉNARD comme étant le nec plus extra de l’union des droites, un influenceur d’idées à partir de son expérience de maire de Béziers. Comme ne cesse de le dire ce dernier à chacun de ses passages dans les divers médias – au moins quatre fois par semaine - nous aussi, comme lui, nous pouvons affirmer : « Nous sommes sidérés, nous sommes consternés ! »

    En effet, depuis des mois, on constate que le maire de Béziers et son épouse Député n’œuvrent que dans le seul intérêt de leur couple. De l’union des droites, ils n’ont que faire : c’est une simple façade électoraliste. Si, de façon trompeuse, ils ont défendu cette idée dans les médias et sur les chaînes nationales, en vérité localement, ils ont fait et font l’inverse. Depuis des années, ils ont phagocyté les divers responsables des droites afin, une fois aux responsabilités publiques, de les éliminer progressivement de la scène biterroise.

    À titre d’exemple, depuis 2014, le couple n’a jamais participé à une Commémoration officielle de l’Appel du 18 juin du Général de Gaulle. Pourtant, chaque année, au cimetière neuf de Béziers, ils se recueillent et déposent des gerbes au monument aux morts sur lequel est inscrit le nom de l’organisateur de l’attentat du Petit-Clamart le 22 août 1962 contre le président de la République de cette époque. Est-ce avec de telles postures que l’on peut bâtir l’union de toutes les droites ?

    Ce sectarisme et cet antigaullisme primaire sont dignes des apparatchiks de l’extrême-gauche : le sieur Robert MÉNARD n’a-t-il pas été militant de cette cause pendant des années au début de sa carrière politique ? Son épouse n’est-elle pas issue d’associations mondialistes du style France Liberté chère à Danielle Mitterrand ?

    Et puis, à l’évidence, depuis le mardi 16 novembre 2021, date à laquelle le Président Emmanuel Macron est venu visiter à Béziers la Cameron, où est implantée l’entreprise GENVIA (CEA/Schlumberger) spécialisée dans la production d’hydrogène vert et la fabrique des électrolyseurs haute température, le masque est tombé ! L’accueil du maire au président allait bien au-delà d’un acte républicain, il était un sérieux appel du pied à Macron ! Qui d’Emmanuelle ou de Robert intégrera un ministère ? Là est la véritable question : que ne feraient-ils pas ces « gens-là » pour un maroquin !

    Quant à l’influenceur d’idées que serait l’intéressé avec son épouse – certains mal intentionnés les désignent comme étant Les Balkany bis de la politique – on se gausse ! Sans prendre en compte les non-votants, les abstentions, les votes blancs et les opposants que représentent réellement les 46 458 biterrois inscrits sur la liste électorale de la ville de Béziers en regard de la totalité nationale des 48,7 millions citoyens français. Avec moins de 1% peut-on évoquer la notion d’influenceur d’idées ?

    C’est tant mieux ! En effet dans l’émission en question, avec sa grossièreté et sa vulgarité habituelle quand le maire de Béziers évoque les faits du 29 août dernier sur l’agression à Cannes d’une vieille-dame de quatre-vingt-neuf  ans par trois adolescents, c’est du délire : l’homme public ne propose comme seule solution que de mettre des « baffes ! » Pourquoi supporterions-nous de telles aberrations, démagogies et inepties ? À l’heure où les violences familiales monopolisent la sphère médiatique et publique selon MÉNARD il faudrait pour éduquer notre jeunesse avoir la pédagogie de la gifle, du soufflet, de la beigne, de la calotte, de la claque, de la mandale, de la taloche, de la tarte, de la torgnole, etc. Et le maire de Béziers de rajouter sans vergogne « Si un mec me touche les fesses, je me retourne et je lui en colle une ». Avec un tel niveau d’intervention philosophique, les mercredis, nous changeront de chaîne télévisée !

     

    Jacques Nain est également l'auteur de plusieurs ouvrages dont La guerre de l'ombre dont nous avons déjà parlé, à retrouver ICI.

    Ou Jacques Mesrine, avec une préface du commissaire divisionnaire Charles Pellegrini. Un témoignage direct, Jacques Nain ayant activement participé à la traque de l'ennemi public n°1. ICI