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Régalien - Page 6

  • L’imposture climatique

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    Bien des discours sont insupportables dans cette triste période en France mais l’un des discours les plus insupportables est celui qui concerne le “changement climatique”.

    Pas un seul parti politique français ne conteste l’idée que “le climat change”, et qu’il faut “agir pour le climat”. Ce qui se trouve sous-entendu est que l’action des êtres humains est pour quelque chose dans le fait que le “climat change”.

    Ce qui se trouve sous-entendu aussi est qu’”agir pour le climat” changera quelque chose au climat.

    L’idée qui découle est qu’il faut produire moins de dioxyde de carbone, consommer moins de carburants fossiles, et mener ce qui s’appelle désormais en France la “transition énergétique”.

    Quand bien même les souffrances exprimées par le mouvement des gilets jaunes sont porteuses d’une révolte légitime, le mouvement n’en est pas moins imprégné de l’air vicié du temps, et on entend sans cesse des gilets jaunes évoquer tout cela, et dire que non, bien sûr, ils ne sont pas “insensibles au climat”, et sont, cela va de soi, favorables à la “transition énergétique”.

    L’imposteur Macron et son sordide gouvernement entendent, à l’évidence, utiliser l’argument du climat et la culpabilisation qui en résulte comme l’un des éléments de la panoplie qu’ils utilisent pour éteindre le mouvement et le conduire vers une voie de garage. Et ce n’est pas un hasard si le “changement climatique” a été placé au cœur du très frelaté “grand débat”.

    Cela doit être dit, même s’il est consternant d’avoir à répéter des évidences. Oui, le climat change. Il y a, en région tempérée, quatre saisons, et une différence entre l’hiver et l’été (en région tropicale, les différences sont moins nettes). Il y a sur la terre des régions désertiques et des régions humides. Il fait en général plus chaud quand on descend vers l’équateur et plus froid quand on monte vers les pôles. Le climat n’est pas le même partout sur terre et n’est nulle part identique douze mois sur douze.

    Il existe par ailleurs en région tempérée des périodes de pluie et des périodes de sécheresse, des hivers doux et des hivers très froids. Le climat n’est nulle part un métronome et ne l’a jamais été.

    Il existe, en supplément, des phases dans l’évolution climatique sur la planète et les historiens du climat l’ont abondamment expliqué (les travaux de Brian Fagan, Marc Morano et de Wolfgang Behringer sont à consulter sur le sujet). Il y a plusieurs siècles, il a fait bien plus chaud (réchauffement climatique médiéval), et en d’autres périodes, il a fait plus froid (petit Age glaciaire).

    L’idée que l’activité humaine était pour quelque chose dans le climat global de la planète et pouvait l’influencer est une idée récente qui ne doit rien aux sciences et tout aux dogmes. Le premier sommet organisé par les Nations Unies sur le sujet date de 1972 (The United Nations Conference on the Human Environment). Le premier sommet des Nations Unies à parler de “réchauffement” dû à l’homme date de 1992.  Le GIEC a été créé quatre ans plus tôt en 1988 sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l’environnement, avec pour but précis de montrer qu’il y avait réchauffement anthropique.

    L’explication à l’émergence de cette idée est claire. Lorsque l’idée d’exploitation de l’homme par l’homme qui a permis la dissémination du marxisme sur la planète a commencé à s’éroder (en même temps que le marxisme), et lorsque l’idée léniniste que les pays bourgeois exploitaient les “pays prolétaires” a commencé à s’éroder elle aussi, l’idée que l’homme exploitait la nature et l’opprimait a commencé à émerger comme une idée de remplacement, et à s’ajouter à la panoplie de la gauche. L’homme a été décrété exploiteur de la nature. La nature est devenue l’exploitée. Et des gens qui parlaient au nom des exploités et des “pays prolétaires” ont commencé à parler au nom de la nature exploitée.

    Tout un ensemble de délires et de lubies ont alors commencé à se disséminer qui avaient tous en commun la “lutte contre l’exploitation de la nature” : croissance zéro et décroissance, développement durable, pollution, nécessité de préserver les ressources de la terre censée s’épuiser vite, et j’en passe.

    S’est ajoutée l’idée qu’en exploitant la nature les hommes détraquaient le climat.

    On a parlé de refroidissement global, puis comme l’idée de refroidissement global ne semblait pas tenable, on est passé au réchauffement global, et quand le réchauffement global n’a pas semblé avéré, on est passé au dérèglement climatique, qui est plus facile à affirmer : s’il fait froid, c’est du dérèglement, s’il fait chaud, c’est du dérèglement, s’il fait sec c’est du dérèglement, s’il fait humide c’est encore du dérèglement. Avec le dérèglement, à tous les coups l’on gagne ! L’argument du dérèglement ne faisant pas suffisamment peur, on est revenu au réchauffement global censé désormais tout expliquer lui aussi, et des charlatans expliquent maintenant les vagues de froid intense par le réchauffement global.

    Pour réglementer et créer des bureaucraties planistes, il a fallu trouver des coupables, et un coupable idéal a été désigné, le dioxyde de carbone (il y a eu quelques coupables secondaires aussi, tels le méthane). Et on est passé à l’idée de “taxation du carbone” qui permet de taxer toute forme d’activité humaine (sauf la respiration, pour le moment), puisque toute activité humaine produit du dioxyde de carbone.

    On a ajouté l’idée que des pénuries cataclysmiques allaient se dessiner, et on a dit que les énergies fossiles allaient disparaitre (des dates ont même été données !), et qu’il fallait dès lors passer à des plans d’urgence en faveur des “énergies renouvelables”.

    S’est greffée, c’était le but, l’idée de planification planétaire, et ce n’est pas un hasard si les Nations Unies ont été d’emblée au cœur du projet. Le GIEC est une institution qui est à l’étude du climat ce que Lyssenko était à la biologie au temps de Staline en Union Soviétique : la seule raison d’être du GIEC est de montrer, je l’ai dit plus haut, qu’il y a du réchauffement (anthropique, cela va de soi), que c’est alarmant et qu’il faut une action bureaucratique mondiale pour remédier à la catastrophe imminente.

    Une institution censée être scientifique qui sait à l’avance ce qu’elle doit impérativement trouver est une imposture. (Les sciences reposent sur la méthode hypothético-déductive, et une hypothèse qui se révèle fausse doit être abandonnée). Les scientifiques du GIEC sont des gens qui ont vendu leur âme au diable, touchent leur chèque et disent ce qu’on leur demande de dire. Ils se basent sur des mesures en général truquées, et utilisent des modèles informatiques qu’ils biaisent minutieusement. De manière récurrente, la façon dont ils truquent et biaisent est mise au jour, mais la mise au jour est étouffée sous les discours des dirigeants politiques et des journalistes qui disent en chœur pour couvrir les dissonances : “les scientifiques sont unanimes” (ce qui est faux), et “le GIEC a parlé” (et le GIEC étant le Soviet suprême en la matière, nul ne devrait le contester, bien sûr).

    Tout comme les dates de disparition des énergies fossiles sont passées sans qu’une disparition survienne, les dates données pour la catastrophe imminente sont passées sans que la catastrophe se soit produite. Le GIEC et ses thuriféraires comptent sur l’amnésie collective à laquelle ils contribuent pour qu’on oublie. De nouvelles dates pour la catastrophe sont dans chaque nouveau rapport du GIEC. Cela va se poursuivre. Il n’y aura pas de catastrophe, mais il y aura d’autres dates. En 2006, la date annoncée était 2016. Cette année le GIEC a donné une nouvelle date : 2028. Quand 2028 approchera, une date ultérieure sera donnée. Les dates permettent d’énoncer l’argument : “allons-nous léguer cela à nos enfants ?’”.  Celui à qui l’interpellation est adressée est censé à ce moment s’effondrer en larmes en se frappant la poitrine. Comme par hasard (mais ce n’est pas du tout un hasard, mais un vestige recyclé du léninisme), celui qui est censé s’effondrer en larme est toujours un Occidental du monde capitaliste développé.

    La vérité établie bien avant délires et lubies est que la nature et l’univers sont bien plus puissants que les êtres humains, qui, depuis des siècles inventent et innovent pour surmonter l’adversité inhérente à la nature et à ses aléas.

    La vérité est que la terre fait partie du système solaire et que les températures terrestres dépendent essentiellement des activités du soleil. Quand le soleil est moins actif, il fait globalement plus froid et quand le soleil est plus actif, il fait globalement plus chaud. Et nul n’est parvenu à ce jour à donner des ordres au soleil.

    La vérité est que le “développement durable” dont on ne cesse de parler existe depuis très longtemps et porte un nom : le libre marché, appelé aussi depuis le dix-neuvième siècle, “capitalisme”.

    Adam Smith à la fin du dix-huitième siècle voulait expliquer comment les sociétés occidentales étaient parvenues à un haut degré de richesse et à faire vivre convenablement un aussi grand nombre de gens. S’il vivait aujourd’hui, il verrait que la richesse de son temps était peu de chose à côté de la richesse d’aujourd’hui et serait étonné et émerveillé du degré de développement des sociétés occidentales et du nombre de gens qui y vivent et y disposent d’une longue espérance de vie. L’invention et l’innovation sont le moteur de la création de richesse, de la prospérité où elle existe et de l’allongement de l’espérance de vie. L’être humain peut transformer la rareté en abondance et n’a cessé de le faire. Le problème majeur n’est pas le développement, mais le sous-développement, qui va souvent de pair avec le socialisme, et, désormais, avec l’écologisme.

    La vérité est que l’être humain et les animaux ne cessent de produire du dioxyde de carbone depuis qu’il y a des êtres humains et des animaux sur la terre et que dès lors qu’il y a davantage d’êtres humains, d’animaux (et d’activités humaines), il y a davantage de production de dioxyde de carbone, ce qui est excellent pour les végétaux, qui vivent de dioxyde de carbone. Le dioxyde de carbone n’est pas un polluant et n’est pas un poison. Taxer les émissions de dioxyde de carbone est une ineptie monstrueuse.

    La vérité est que la “transition énergétique” dont on parle en France jusqu’à l’overdose est elle-même une ineptie. Tous ceux qui ont annoncé une date à partir de laquelle il n’y aurait plus de gaz ou de pétrole se sont trompés parce qu’ils étaient des charlatans.

    Tout économiste sérieux (il en reste quelques-uns) sait que les prix de marché sont un indicateur de l’offre et de la demande tout autant qu’un indicateur de l’abondance et de la rareté. La seule hausse vertigineuse des prix des matières premières énergétiques a été celle provoquée politiquement par l’OPEP lors des chocs pétroliers du début des années 1970. Le pétrole et le gaz ne voient pas à ce jour les prix s’envoler parce qu’il n’y a pas de rareté.

    L’invention et l’innovation ne cessant pas, l’utilisation d’autres énergies que le pétrole et le gaz viendra et vient d’ores et déjà. Des inventeurs et des innovateurs s’en occupent, des entrepreneurs aussi. Et quand ce qu’ils conçoivent aura des prix concurrentiels et paraitra plus intéressant aux consommateurs que ce qui marche au pétrole et au gaz, les consommateurs achèteront ce qui leur est proposé sans qu’il soit nécessaire d’établir des plans quinquennaux soviétoïdes pour cela.

    Ce qui manque à la France et à d’autres pays d’Europe, c’est l’invention et l’innovation. Ce qui est bien trop abondant en France et en Europe, ce sont les bureaucrates et les technocrates stériles et stérilisants, les charlatans qui diffusent des idées ineptes, les criminels qui asphyxient le pays en utilisant des méthodes qui ont conduit les pays communistes à la ruine et qui pourrissent la vie des Français jusqu’à l’insupportable en leur disant qu’ils doivent se sacrifier pour éviter une catastrophe climatique et pour que vienne la “transition énergétique”.

    Macron est la quintessence du technocrate stérile et stérilisant. Mais au sein de la classe politique française, il n’est pas seul, vraiment pas. Il montre aussi qu’il a des tendances autoritaires et robespierristes, ce qui n’arrange rien.

    Peu de livres pertinents paraissent en France sur le sujet que j’aborde ici. Je me dois de recommander la lecture du livre de François Gervais, L’urgence climatique est un leurre *. Le livre est à mettre d’urgence entre toutes les mains.  En contexte français, François Gervais est un dissident et ne vous étonnez pas si vous trouvez ici ou là des articles de membres du Soviet Suprême disant que son livre est nul. Être insulté par des membres du Soviet Suprême est un honneur et une preuve qu’on vise juste.  

    J’ai traduit en français et préfacé il y a une décennie un livre de Paul Driessen appelé Peurs vertes, morts noires * qui expose la monstruosité inhérente à l’écologisme et qui souligne que ses principales victimes sont dans les pays pauvres, où l’écologisme tue des êtres humains par centaines de milliers.

    © Guy Millière pour Dreuz.info.

  • Un ignare obsédé

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    Avec les réactions hallucinées et souvent hallucinantes de nombreux médias de grand chemin,  l’Observatoire ne manque pas de travail. Contre-vérités, analyses à l’emporte pièce, petites perfidies abondent. Il arrive parfois que le degré de crétinerie atteigne des dimensions stratosphériques comme avec ce bon Monsieur Wieviorka.

    Michel Wieviorka

    Né en 1946 à Paris, ses grands parents sont des juifs polonais morts à Auschwitz. Sa sociologie s’est spécialisée sur les sujets du multiculturalisme, de la violence, du racisme et de l’antisémitisme. Proche d’Alain Touraine et du Parti Socialiste, il a appelé à voter François Hollande en 2012 et signé un article dans Libération du 3 décembre 2018 sur les gilets jaunes où il s’inquiète déjà d’une influence de l’extrême droite sur le mouvement « Les évolutions sont inquiétantes. On note un tropisme vers la droite dure ou extrême ».

    Yves Calvi anime quatre fois par semaine sur Canal+ « l’info du vrai » une émission consacrée à l’actualité .Nous revenons sur celle consacrée en partie aux gilets jaunes. Le bon Michel revenait sur sa marotte en voyant de l’extrême-droite partout, verbatim :

    « J’ai vu dans plusieurs endroits de Paris des tags avec « A » entouré d’un cercle, qui est un symbole d’extrême droite. »

    Hallucination passagère, abus de substances interdites, grosse fatigue, désir effréné de prouver une thèse, incompétence professionnelle chronique, nous nous garderons bien d’essayer de trouver une cause à ce moment de délire médiatique. Mais le pire est sans doute l’absence de réaction du plateau, aucun journaliste ou invité n’a été capable d’indiquer simplement qu’un A cerclé est un symbole anarchiste.

    Selon le sociologue Michel Wieviorka , les A cerclés sont donc des symboles fascistes. On parle souvent avec dédain de la sociologie de comptoir mais que dire de celle des plateaux télé?

    Le bon Michel s’est fait quelque peu brocarder sur le site Fdesouche comme sur Médiapart dont un blog le traite "d’abruti". Michel Wieviorka, qui s’est ensuite excusé car « l’erreur est humaine », est directeur d’études à l’EHESS… Pauvres étudiants.

  • Nos dirigeants se prosternent devant la Ligue Islamique Mondiale - Un manque de courage face à un totalitarisme aux ambitions mondiales

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    On ne peut que s’indigner d’une France

    aux petits soins avec le terrible régime saoudien!


    Indignité. Lina Murr Nehmé et Nader Allouche ont déjà dénoncé dans Causeur la conférence organisée par la Ligue Islamique Mondiale (LIM) à Paris le 17 septembre. Offrant une tribune à Mohammed al-Issa, ancien ministre de la « justice » saoudien, cette conférence dite « pour la paix » n’a été qu’une mascarade durant laquelle les mots de justice et de paix étaient dévoyés pour désigner la soumission à la charia. Comme l’écrivit Kamel Daoud avec autant de courage que de lucidité, l’Arabie Saoudite n’est qu’un « Daesh qui a réussi. »

    Indignité de la participation de Ghaleb Bencheikh à l’organisation de cette entreprise de désinformation, et de la présence à celle-ci de Haim Korsia et de plusieurs responsables religieux chrétiens. La diplomatie consiste à parler même avec nos ennemis, c’est entendu. Mais aider nos ennemis à se faire passer pour nos alliés, alors que l’on sait très bien qu’ils s’en serviront pour diffuser leur propagande, étendre leur influence et recruter dans notre jeunesse, ce n’est plus de la diplomatie, c’est de la trahison.

    Logo de l'organisation controversée basée à la Mecque

    Logo de l’organisation controversée basée à la Mecque

     

    Offense des croyants, et puis quoi encore ?

    Indignité du « mémorandum d’entente et d’amitié » qui ne concerne explicitement que les « religions qui se réfèrent à l’acte de foi d’Abraham », se limitant aux « juifs, chrétiens et musulmans ». Les croyants des autres religions, les agnostiques et les athées apprécieront, en particulier lorsque l’on sait comment ils sont traités partout où l’islam littéraliste théocratique promu par la LIM détient le pouvoir.

    Indignité des propos du Cheikh Al-Issa, qui ose déclarer qu’il ne faut pas confondre liberté et « offense des sentiments », notamment des croyants, alors qu’il se trouve dans la ville de l’attentat contre Charlie Hebdo. Faut-il encore redire que Galilée a « offensé les sentiments » des catholiques de son temps avec ses découvertes, et qu’il avait raison ? Vouloir retirer le droit à l’offense du champ de la liberté d’expression, c’est cautionner la condamnation de l’astronome, brûler Giordano Bruno, appeler à la mise à mort de Salman Rushdie, et c’est réveiller le spectre des guerres de religions puisque bien des religions « offensent les sentiments » de toutes les autres en proclamant que leurs dieux n’existent pas !

    Castaner, Moreau et Collomb indignes

    Indignité de l’inauguration de l’Institut français de civilisation musulmane de Lyon, où Christophe Castaner et Gérard Collomb ont posé avec le secrétaire général de la LIM. L’ancien ministre de l’Intérieur, qui avait attendu le jour de son départ du ministère pour enfin dire que « aujourd’hui on vit côte à côte…. Je crains que demain on vive face à face », ne voit-il aucun problème à se tenir ainsi aux côtés de l’auteur d’une thèse des plus révélatrices sur « l’importance du Jihad dans la diffusion de l’appel à l’islam » ?

    Indignité amplifiée par Jean-Baptiste Moreau, député LREM de la Creuse, porte-parole de LREM, président du groupe d’amitié France Arabie Saoudite de l’Assemblée Nationale, qui affirme sur Twitter après sa rencontre avec Mohammed Al-Issa « porter le même idéal de paix, tolérance et d’ouverture entre les religions et les peuples. » Rappelons que d’après notre ministère des Affaires étrangères lui-même, « l’islam est la seule religion autorisée en Arabie saoudite. Toutes les manifestations d’appartenance à d’autres religions (pratique, prosélytisme, symboles, etc.) sont interdites. » Rappelons aussi que l’apostasie y est punie de mort. Certes, Jean-Baptiste Moreau a depuis reconnu la « maladresse » de ses propos, mais il est permis de se demander dans quelle mesure le porte-parole du premier parti de France peut arguer de l’excuse « je ne suis pas un pro de la com », et comment le président du groupe d’amitié France Arabie Saoudite peut ignorer la réalité du pays en question au point de lui associer sans rire les termes de «tolérance » et « d’ouverture »…

    Pendant ce temps, Raif Badawi croupit en prison dans l’indifférence

    Indignité aggravée par l’indifférence presque générale aux mesures de rétorsion prises par le régime saoudien à l’encontre de Raif Badawi, et à sa brève mais inquiétante grève de la faim suite à ces mesures. Prix Sakharov en 2015, deux fois proposé pour le prix Nobel de la paix, Raif Badawi a été condamné par ce qui tient lieu de justice en Arabie Saoudite à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet, en particulier pour n’avoir pas expressément répudié sur son site web l’affirmation que « musulmans, chrétiens, juifs et athées sont tous égaux » et pour avoir fait preuve d’ironie envers le « comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice », la police religieuse et idéologique du régime.

    Son épouse, Ensaf Haidar, réfugiée au Canada avec leurs enfants, est venue à Paris à l’invitation de Zineb El Rhazoui pour dénoncer l’hypocrisie de la LIM. Qu’elle ait ainsi pris la peine de traverser la planète nous oblige. Son courage et le courage de son mari nous obligent.

    Dès le lendemain, Raif Badawi se voyait privé de livres et de certains médicaments par ses geôliers, ce qui le conduisait à commencer une grève de la faim, dans le silence assourdissant des médias français. A l’heure où j’écrivais la première mouture de cet article, aucun n’en avait fait mention, même brièvement. Délais de publication obligent, Raif Badawi a recommencé depuis à s’alimenter, heureusement, mais ce silence demeure.

    Au bout d’un moment, on ne croit plus à la théorie de l’aveuglement

    Indignité de ce silence, absurdité de ce tragique aveuglement ! Face à un totalitarisme aux ambitions mondiales, la résistance doit dépasser les frontières. Raif Badawi et Ensaf Haidar prouvent du fait même de leur existence que ce ne sont pas « les Saoudiens », « les Arabes » ou « les musulmans » qu’il faut combattre, mais bien le littéralisme coranique théocratique, cette idéologie monstrueuse insidieusement lovée à l’intérieur de l’islam, et ses adeptes fanatiques.

    « Nous devons préserver la paix », « nous pouvons les influencer pour faire évoluer le régime », « il faut saisir la main tendue », les partisans de la conférence organisée par la Ligue Islamique Mondiale ont très exactement les mêmes arguments que, jadis, les partisans des accords de Munich. N’ont-ils donc rien appris ? N’ont-ils pas médité les propos de Churchill, n’ont-ils pas lu Marc Bloch ?

    Les libertés bafouées, les consciences étouffées et le sang versé par les islamistes seront les juges de leur indignité.

    Aurélien Marq

    Causeur
  • Affaire Balkany: "la joie mauvaise de certains me dégoutte" (Elisabeth Lévy)

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    Patrick Balkany en mai 2019 © ACau/SIPA Numéro de reportage: 00907582_000009

     

    Un article bien senti d'Elisabeth Levy dans Causeur

     

    Sitôt la condamnation de Patrick Balkany prononcée et le maire de Levallois envoyé derrière les barreaux, les réseaux sociaux ont bruyamment manifesté leur satisfaction.

    Et la compassion ?

    L’incarcération de Patrick Balkany a suscité, semble-t-il, une dégoûtante euphorie dans une partie de l’opinion. Un article de Jean-Loup Delmas dans 20 Minutes relate l’explosion de joie qui, sur les réseaux sociaux, a immédiatement suivi l’annonce du jugement. Selon le politiste Philippe Moreau-Chevrolet, interrogé dans l’article, «cela a été ressenti comme une sorte de victoire nationale. Aujourd’hui, les gens sont réellement heureux lorsqu’un politique tombe ».

    Cette joie mauvaise de voir le puissant d’hier à terre est peut-être ce que l’esprit sans-culotte nous a légué de pire

    Toutes sortes de gens qui n’ont sans doute jamais eu à souffrir des agissements du maire de Levallois lui ont souhaité les pires avanies en prison, indignés qu’il jouisse d’une cellule individuelle. En somme, on se creuse la tête pour trouver des excuses aux frères Kouachi, mais des fraudeurs fiscaux comme Cahuzac ou Balkany seraient des monstres ne méritant pas la moindre compassion. La facilité avec laquelle nous privons de toute humanité un type qui a piqué dans la caisse en dit peut-être long sur nous.

    Et maintenant, on attend le tour de Sarko

    Il ne s’agit pas d’excuser la fraude fiscale. Mais le fraudeur n’est pas non plus un serial killer. Cette joie mauvaise de voir le puissant d’hier à terre est peut-être ce que l’esprit sans-culotte nous a légué de pire. Derrière l’amour de la justice, il y a souvent les passions tristes : l’envie, la jalousie et la haine impuissante. D’ailleurs, Montesquieu disait que même en matière de vertu il faut de la modération. Ces réconciliations générales où tout le monde arbore sa probité sur le dos du bouc émissaire du moment ont quelque chose d’écœurant. Un peu de charité chrétienne ne nuit pas. Un peu d’humilité non plus. Il n’est pas sûr que ceux qui jettent la première pierre n’aient jamais péché.

    Le même déluge de ricanements et d’injures s’est abattu sur les amis de Balkany qui lui ont témoigné leur affection. D’innombrables internautes, qui confondent sans doute leur aigreur avec de la hauteur morale et leur haine avec du courage politique, ont ainsi souhaité à Nicolas Sarkozy de connaître bientôt le même sort que celui de Balkany – vu l’état des dossiers, ils vont être déçus.

    En réalité, personne n’a défendu Balkany, puisque personne, pas même lui, ne prétend qu’il est innocent. Il s’agit de fidélité. Pour avoir l’approbation des réseaux sociaux il faudrait que Sarkozy et les autres lâchent un vieux copain en prenant des airs outrés.

    Il faut avoir une drôle de conception de l’honneur pour exiger d’un personnage public qu’il se détourne d’un ami à terre. Rappelons ce que chantait Georges Brassens dans l’impérissable Auvergnat :

    « Elle est à toi cette chanson

    Toi l’étranger qui sans façon

    D’un air malheureux m’a souri

    Lorsque les gendarmes m’ont pris

    Toi qui n’as pas applaudi quand

    Les croquantes et les croquants

    Tous les gens bien intentionnés

    Riaient de me voir emmené »

    Patrick Balkany n’est pas un saint. Et pas non plus un monstre. Si de nombreux habitants de Levallois le soutiennent, c’est peut-être qu’en dépit de la propagande incessante sur la moralisation, les électeurs sont peut-être plus soucieux d’efficacité que de probité. Et qu’ils savent qu’un excès de vertu peut mener à la terreur.

  • Richard Ferrand, poids (de plus en plus) lourd de la Macronie

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    Selon Jérôme Leroy, dans la France de Macron, si vous n’êtes pas ministre, c’est « open bar ». Comment expliquer une telle mansuétude pour Richard Ferrand ? C’est simple: le banc de touche de la macronie est tragiquement vide.


    La prise illégale d’intérêts est moins grave que le homard. Non, ceci n’est pas un message de Radio Londres, mais un exemple de l’échelle de valeur de la république macronienne. Richard Ferrand, président de l’Assemblée Nationale a été mis en examen pour prise illégale d’intérêts la semaine dernière dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne. Il est comme on dit, le quatrième personnage de l’état. On peut penser que dans n’importe quelle démocratie scandinave et même dans l’Amérique de Trump, la pression aurait été telle que la démission aurait été de soi. Mais pas en Macronie. La Macronie, c’est la France en train de devenir tranquillement une république bananière. Il est vrai que Richard Ferrand, allégorie de l’arrogance brutale, sait qu’il ne risque pas grand chose.

    Premièrement, cette mise en examen est tombée en même temps que la condamnation et l’incarcération immédiate de Patrick Balkany, un grand précurseur puisqu’il a expérimenté cette république bananière en devenir à l’échelle municipale. Il a été le vrai méchant de la semaine. On l’a embastillé alors que personnellement, je ne souhaite la prison à personne, pas plus au petit dealer qui y va tout le temps qu’au fraudeur fiscal à grande échelle qui n’y va presque jamais.

    Bande d’idiots

    Deuxièmement, il y a eu la grève, très suivie de la RATP. Belle occasion pour envoyer les troisièmes couteaux sur les chaines infos faire de la vieille politique en daubant sur ces privilégiés qui prennent en otage les usagers. Pour être juste, il y a eu une petite touche supplémentaire dans ce lynchage habituel, une touche qui est la marque de la méthode macronienne. Si les grévistes sont grévistes, c’est qu’ils n’ont pas compris. Ils sont un peu bêtes, pour tout dire, ils n’ont pas saisi tous les bienfaits du régime universel. Apparemment, vu ce qui se prépare, les avocats, les médecins, les agents des impôts non plus. Ca fait beaucoup d’idiots quand même.

    Troisièmement, il y a eu les derniers développements dans l’affaire de Steve Caniço, le noyé nantais de la Fête de la Musique. Un rapport de l’IGA qui met hors de cause la préfecture, la mairie, mais pas le commandement de la police. Oui, Steve Caniço est bien tombé dans la Loire pendant la charge de police et pas avant. Ca fait désordre après le rapport pour le moins complaisant de l’IGPN.

    La dernière raison, qui laisse Richard Ferrand relativement tranquille, c’est qu’il est un poids lourd de la Macronie. C’est compliqué de faire sans lui. François de Rugy en était un aussi mais lui, à cause des cendres toujours chaudes des gilets Jaunes, il a dû partir à cause des photos très Gala de ses agapes à l’hôtel de Lassay.

    Cela laisse rêveur. Le banc de touche de la Macronie est tellement vide que le jeu de chaises musicales trouve vite ses limites. On a remplacé Rugy par Ferrand parce qu’il fallait bien quelqu’un pour remplacer Hulot à l’écologie. Rugy parti, on a confié l’écologie, cette grande priorité du quinquennat, à Elisabeth Borne qui a quand même gardé les transports. Défense de rire : l’écologie est entre les mains de celle qui, entre autre chose, a décidé par exemple d’en finir avec le train Perpignan-Rungis des fruits et légumes par des milliers de camions.

    Macron, un Bonaparte solitaire

    Oui, en fait, Macron n’a personne avec lui. Ou pas grand monde. C’est lié à l’histoire de son aventure personnelle. Il avait un projet, appliquer de vieilles recettes libérales et masquer tout ça derrière la jeunesse et le rejet de la vieille politique. Il a donc pris avec lui ce qu’il a eu sous la main. Des technocrates non élus comme Elisabeth Borne, Nicole Belloubet ou encore Florence Parly dans des secteurs clefs et pour le reste des politiques qui, avant Macron n’était pas grand-chose. Regardez Benjamin Grivaux, autre parangon de l’arrogance, qui rate en beauté sa campagne municipale parisienne depuis qu’il a quitté le gouvernement. Regardez aussi Castaner, ministre de l’intérieur qui n’avait jamais, avant Macron, brillé par sa vision politique. Richard Ferrand lui-même, avant Macron, n’était aussi qu’un député socialiste parmi d’autres, vaguement frondeur. Puis, devenu rapporteur de la « loi Macron », il a vu en ce jeune Bonaparte des riches, une chance de faire carrière.

    Bref, un président de l’Assemblée nationale mis en examen, ce n’est pas grave. D’ailleurs, vous dira-t-on, il faut respecter la présomption d’innocence. La palme du jésuitisme, sur cette situation, est attribuée Gerald Darmanin sur BFM: « Pourquoi vous démissionnez quand vous êtes mis en examen au gouvernement? Parce que vous êtes le collègue du ministre de la Justice, celle qui travaille avec les magistrats. Quand vous n’êtes pas membre du gouvernement, il n’y a aucune raison de partir ». Ce qu’on peut traduire de la manière suivante: si vous n’êtes pas ministre, ne vous gênez pas, c’est open bar. Ils ont de beaux jours devant eux, les poids lourds de la macronie…

    Jérôme Leroy

    Causeur
     
  • Projet de loi bioéthique : pourquoi les évêques s'y opposent

     

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    C’est une opposition claire et argumentée contre le projet de loi bioéthique qu’a affirmée la hiérarchie catholique à une semaine de l'examen du texte à l’Assemblée nationale et à moins d’un mois de la manifestation du 6 octobre. La parution, lundi 16 septembre, du livre « Bioéthique, quel monde voulons-nous ? » (Bayard-Les Éditions du Cerf-Mame) dont la rédaction a été dirigée par Mgr Pierre d’Ornellas, a été suivie d’une soirée destinée à expliquer les positions de la Conférence des évêques de France (CEF) au Collège des Bernardins. Le nouveau président de la CEF, Mgr Eric de Moulins Beaufort, archevêque de Reims, a résumé en introduction et en conclusion de cette soirée, les raisons pour lesquelles les évêques prennent position clairement contre l’actuel projet de loi, étant entendu que ce n’est pas l’Eglise qui organise la manifestation (la position officielle de l’épiscopat reste un appel aux fidèles « à se manifester » - selon la formule employée naguère par le cardinal Vingt-Trois-, Mgr de Moulins Beaufort ayant pour sa part « tendance à dire qu’il est de leur devoir de manifester », nuance qui fait débat entre catholiques).

    Les circonstances de cette prise de position : ni les avis très majoritairement exprimés lors des Etats généraux de la bioéthique, ni les arguments développés depuis des mois par les évêques et de nombreux experts pour s’opposer à ce projet de loi ne semblent avoir eu le moindre effet sur les parlementaires qui les ont auditionnés : «[Ils] restent aveugles aux enjeux de ce qu’ils vont décider parce qu’ils sont fascinés par les promesses des techniques médicales et les techniques juridiques » a déclaré en introduction Mgr de Moulins Beaufort. Clin d’œil de l’Histoire : on notera que cette soirée se déroulait aux Bernardins, le lieu où le président de la République avait demandé aux catholiques de s'investir dans la chose publique en avril 2018.

    Les arguments des évêques :  

    - La création d’un « droit à l’enfant » : la souffrance des personnes seules ou homosexuelles de ne pouvoir enfanter est indéniable. Mais en créant un droit à l’enfant, notre société se trompe : on ne résout pas « les souffrances des uns et des autres par des techniques médicales et juridiques » hors-sol, qui « transforment la médecine faite pour soigner et guérir si possible en réponse aux demandes et aux frustrations ».

    - La « manipulation médicale » et les « bricolages juridiques » de la « PMA pour toutes » : « La médecine soignante deviendrait une médecine prestataire de service » pour répondre au désir d’enfant. Mais « la beauté de l’amour d’un parent pour son ou ses enfants ne suffit absolument pas à justifier que l’on livre la procréation à la manipulation médicale et la filiation aux bricolages ».

    - La privation de père pour les enfants nés d’une telle PMA : cela ne signifie pas qu’ils seront tous « fatalement malheureux », car « l’être humain a une formidable capacité à s’ouvrir des chemins de bonheur ». Mais beaucoup seront en quête de la filiation dont ils auront été coupés délibérément.

    L’atteinte à la filiation : le projet de loi prévoit une réforme de la filiation et de l'accès aux origines afin de permettre à ceux et celles qui le voudront de pouvoir connaître leur géniteur. C’est avouer que ces enfants seront en quête de leur père, c’est-à-dire de celui « dont ils descendent non pas seulement biologiquement mais aussi spirituellement ». En effet, les parents ne transmettent pas seulement des gènes mais aussi une histoire ; ils inscrivent leur enfant dans une lignée humaine.

    - Une marchandisation et une judiciarisation inextricable : « L’ouverture qui se dessine d’un marché des ovocytes prépare l’existence de géniteurs aux descendants innombrables. Les spécialistes du droit de la filiation peuvent se faire des cheveux blancs et certains avocats ne manquent pas de se préparer à des profits intéressants. »

    - « La PMA pour toutes » conduira à la GPA (gestation pour autrui). Bien que la plupart des partisans de la « PMA pour toutes » affirment que jamais notre pays n’acceptera la GPA, les mêmes arguments utilisés aujourd’hui pour instaurer la PMA pour toutes les femmes « serviront inéluctablement bientôt pour la GPA » puisque notre collectivité « s’est mise dans le piège qui consiste à répondre aux souffrances et aux frustrations par des techniques médicales et juridiques ».

    - L’eugénisme gravit une nouvelle marche avec ce projet de loi, a averti l’archevêque de Paris, Mgr Aupetit, ancien médecin. L’élargissement de la PMA entraîne mécaniquement celui du diagnostic prénatal ou pré-implantatoire. Comment résister à la tentation de choisir « les gamètes à partir desquels sera conçu l’enfant pour lequel ils ou elles auront pris un contrat et émis une déclaration préalable » ? Parallèlement, on se prépare aussi à sacrifier des embryons pour pouvoir produire des médicaments. Comme à chaque révision des lois bioéthiques, on assiste à une nouvelle fuite en avant : ne sachant plus accepter les limites de la condition humaine, la société constitue sans cesse des droits nouveaux à exiger, tandis que faute d’avoir donné un statut à l’embryon humain, la recherche n’hésite pas à l’utiliser comme un matériau et à le détruire.

    En conclusion : vers le transhumanisme. Si l’Eglise catholique plaide pour « que la raison l’emporte sur le désir », elle n’entend pas pour autant se laisser enfermer dans un « non » alors qu’elle est « avant tout un oui » à la bonté et à la beauté de l’union conjugale ouverte à la vie, oui aussi à la science lancée à la découverte du cosmos comme de notre corps. Mais c’est précisément ce « oui » fondamental qui l’oblige « à avertir l’humanité des pistes dangereuses, dépourvues de sens, où elle s’engage. » En effet, a souligné pour sa part Mgr d’Ornellas, en présentant sur RCF le livre qu’il a dirigé : « Ce projet de loi touche notre avenir. Il touche même quelque chose qui risquerait d’entacher l’intégrité de l’espèce humaine. Par certains côtés, on pourrait dire que le projet de loi flirte avec le transhumanisme. » Or, a-t-il averti aux Bernardins, « flirter avec le transhumanisme n'augure pas d'un monde plus fraternel ».

    Philippe Oswald

  • “Tous des cons Alexandre” : quand l'Élysée soutenait Benalla

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    Le lundi 29 juillet, Le Monde a dévoilé certains des messages contenus dans le téléphone perdu d'Alexandre Benalla. L'appareil, retrouvé par les enquêteurs, témoigne du soutien de l'Élysée à son ancien collaborateur.

    Un an après les révélations concernant les faits de la place de la Contrescarpe, Le Monde a publié deux articles concernant Alexandre Benalla. L'un concerne des règlements suspects dans les comptes de campagne d'Emmanuel Macron lorsque celui-ci était alors candidat à l'élection présidentielle. L'autre porte sur les messages échangés entre le désormais ex-collaborateur de l'Élysée et le palais présidentiel, et ce après les faits du 1er mai 2018.

    « L'assertion de M. Benalla est fausse »

    Lors de sa première garde à vue, le 21 juillet 2018, Alexandre Benalla n'a en sa possession que son téléphone professionnel. « Je l’ai perdu (…). Je ne l’ai plus (…). Je ne souhaite pas donner d’éléments sur ce téléphone », dit-il alors de son téléphone personnel. Il affirme, le 5 octobre, que les données de cet appareil sont « sur une clé USB ». Puis, le 19 février 2019, il affirme que cette dernière « s’était perdue dans [ses] déménagements successifs ».

    Mais les enquêteurs ont pu « retrouver la trace » du téléphone personnel, « aidés par le témoignage d’[Alexis Kohler, secrétaire général de l'Élysée] et les réquisitions adressées par les juges à l’opérateur téléphonique », écrit Le Monde. Le 22 juillet, après la première garde à vue d'Alexandre Benalla, l'appareil est de nouveau actif à 22h01 et entre en correspondance avec le chef de cabinet de Brigitte Macron, Pierre-Olivier Costa. Les policiers en concluent que « l'assertion de M. Benalla, le 21 juillet 2018 : ‘Cet appareil, je l’ai perdu’, est fausse ».

    « Tous des cons Alexandre »

    Dans le téléphone, apparaissent plusieurs messages de soutien du palais présidentiel. L'un d'eux, supprimé puis récupéré, est émis par « Jean-Luc Minet, le commandant militaire en second de la présidence de la République, au lendemain des incidents du 1er-Mai », précise le journal. « Tous des cons Alexandre sois zen et fort c’est le patron qui décide et à 30 000 kilomètres il ne décide rien te concernant », écrit Jean-Luc Minet, alors qu'Emmanuel Macron est en voyage officiel en Australie. Réponse d'Alexandre Benalla : « Merci pour ton soutien ».

    Avec le même appareil, l'ex-chargé de mission à l’Élysée écrit à Vincent Crase, le 4 mai : « Profil bas ça va se calmer. Dans un mois on n’en parle plus… ». Le 18 juillet, il prévient Richard Lizurey, le directeur général de la gendarmerie nationale : « Bonjour Richard, je tiens à t’informer qu’un article va sortir dans Le Monde sur le 1er-Mai. Amitiés. Alexandre. » Le général répond : « Bjr Alexandre. Comme quoi les journalistes sont bien informés par nos amis… Amitié. Richard. » L'échange se poursuit, et Alexandre Benalla dit ce qu'il pense des informations publiées par le quotidien : « Le Monde, ça traduit un certain état d’esprit… ». Son interlocuteur acquiesce : « Oui exactement ».

  • Les propos de Sibeth Ndiaye sur le kebab sont une atteinte à la sécurité culturelle des Français et les accusations contre Morano une atteinte à leur liberté

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    Certes Sibeth Ndaye n’en est pas sa première bourde. On se souvient que la porte-parole du gouvernement, du temps où elle était celle de l’Élysée avait assumé publiquement de mentir pour protéger le président. Mais cette fois l’affaire est infiniment plus grave : dans le cadre de la polémique de Rugy, la Sibeth a considéré très intelligent de déclarer que les Français ne mangeaient pas de homard, puisqu’ils consommaient majoritairement du kebab….

    Outre l’information mensongère, il n’était pas gratuit d’évoquer une viande d’origine maghrébine et non une blanquette ou une quiche lorraine. Dans un contexte d’insécurité culturelle chronique dont l’actualité de crise était incarnée par des manifestations de rue d’Algériens pas très urbains, leurs drapeaux à la main, la déclaration était criminelle. De sottise ou de provocation, on ne sait, les deux au demeurant faisant l’impair.

    C’est donc dans ce contexte délétère, que Nadine Morano avec le franc parler français qu’on lui connaît disait son fait à Sibeth et, pour faire bonne mesure, critiquait ses tenues vestimentaires dont elle a le secret. Il n’en fallait pas plus pour que le ban et l’arrière ban de la macronie taxe la députée lorraine de raciste. Monsieur Le Gendre ouvrait le bal et Monsieur Castaner fermait le ban. Détail assez comique, puisque le ministre de l’intérieur ordinairement assez inconsistant, avait le verbe haut envers Morano mais beaucoup plus bas envers les délinquants puisqu’il avait trouvé le moyen de considérer que les émeutes d’Algériens violents « étaient une insulte contre l’Algérie ». Moi qui pensais sottement qu’il s’agissait plutôt d’une injure contre la France.

    Sur le fond de la polémique, on laissera la parole au facétieux mais spirituel député Joachim Son-Forget puni en son temps par le macronisme intolérant pour avoir commis un crime de lèse-majesté contre l’islamo-gauchiste maquillée en Insoumise Benbassa : « je résume : là je suis déclaré indigne de la fonction de député mais ça passe car un homme asiatique on peut bien se foutre de sa gueule, mais quand on est noir ou arabe, de surcroît une femme, on est intouchable car forcément de bon goût et d’une intelligence extrême. » J’avoue pourtant, au risque de poursuites, que les intelligences extrêmes de Benbassa ou de Ndiaye ne m’avaient pas frappé jusque- là violemment.

    Quoiqu’il en soit, et ayant l’honneur d’être l’avocat de Nadine Morano qui m’a chargé de diligenter les poursuites appropriées contre cette intolérance macronique désormais chronique , je montrerai qu’il est encore des Français qui, malgré le terrorisme intellectuel et le chantage stupide au racisme refusent de se taire. Pour demeurer français.

     © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation de Valeurs actuelles.

  • Alain Minc rachète L’Humanité au Parti communiste

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    L’inoxydable Alain Minc, confident de tous les présidents, réputé proche du couple Macron, chantre du libéralisme pur et parfait, lance une OPA surprise sur L’Humanité et en devient ce premier avril 2019 le directeur de publication.

    Un montage financier éclair

    Tout a commencé en février 2019 par la société des Amis de l’Humanité où Minc disposait de complicités cachées. Un apport de 5M€ d’argent frais et en cash via Genève a permis d’amorcer la pompe et d’obtenir une majorité chez les Amis du journal, une structure disposant d’une partie du capital. Les autres sociétés de soutien, celle des Lecteurs de L’Humanité, des Personnels, des Diffuseurs, ont suivi. Il ne resterait qu’un bloc d’environ 20% des actions de la société (qui est sous forme d’entreprise solidaire de presse) hostiles à l’opération.

    Le journal qui a reçu plus de trente millions d’euros de subventions entre 2009 et 2017 s’est vu proposer, outre les 5M€ sus mentionnés, une ligne de crédit de 50M€ garantie par une des sociétés liées à Alain Minc, le nom de la société garante n’est pas encore connue mais on parle d’une poids lourd du secteur bancaire.

    Des signatures de poids

    L’ancien directeur Patrick Le Hyaric cède sa place mais garde la rubrique « Bretagne mon beau souci ». BHL prend la direction de la politique étrangère avec le soutien du CRIF qui disposera d’une tribune permanente. Karl Lagerfeld avait été pressenti pour la partie mode, il sera remplacé par Inès de la Fressange, la compagne de Denis Olivennes. Même si rien n’est encore signé on parle d’Olivier Poivre d’Arvor pour la critique de la télévision et de Bernard Pivot pour la littérature. Et d’un célèbre footballeur argentin Lionel M…. (chut) pour la rubrique sports.

    Cette intrusion d’Alain Minc dans le journal du parti communiste interroge. Quelles sont ses intentions ? On murmure que cette prise de contrôle préparerait une résurrection du Parti communiste en France, voire une possible alliance des néo-communistes avec les libéraux regroupés autour d’Emmanuel Macron dans une partie de l’Europe. Une affaire à suivre de près au plan national comme international.

  • Algérie : « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux »

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    Lugan1.jpgCette phrase d’Etienne de la Boétie résume la relation franco-algérienne. A chaque fois qu’il est en difficulté, le « Système » algérien sort en effet le joker-martingale de l’accusation de la France, sachant qu’il sera immédiatement relayé par les héritiers des « porteurs de valises », ethno-masochistes buvant goulûment  au calice de la repentance et de la contrition.

    Le 15 juillet dernier, montrant en cela qu’il n’est pas encore mentalement décolonisé, Mohand Ouamar Bennelhadj, membre essentiel du « Système » algérien puisqu’il est le secrétaire général par intérim de l’ « Organisation nationale des moudjahidines », les « anciens combattants », a ainsi appelé le parlement algérien à voter une loi criminalisant la colonisation française. Il a en outre demandé que cette loi ouvre la voie à des « compensations », osant écrire que les Français ont « génocidé » les Algériens et que, après avoir pillé le pays, ils « n’ont laissé ici que des broutilles, des choses sans valeur».

    Ces accusations ne relèvent pas de l’anecdote. Ce n’est pas de sa propre initiative que ce pâle apparatchik dont l’association constitue le pivot du « Système » et dévore 6% du budget de l'Etat -plus que ceux des ministères de l'Agriculture (5%) et de la Justice (2%)-, a lancé ces accusations gravissimes. Depuis deux ou trois semaines, acculé par la rue, le général Gaïd Salah a en effet ordonné qu’une offensive anti-française destinée à tenter de faire dévier la contestation populaire soit lancée. Face à cette véritable déclaration de guerre, le président Macron garde un étourdissant silence…

    Alors, puisque, comme ils en ont hélas l’habitude, les « lapins de coursive » qui dirigent la France se tairont, il est donc nécessaire que les « réseaux sociaux » s’emparent de l’affaire, à la fois pour exiger une réponse officielle des autorités françaises, et pour « remettre les pendules à l’heure ».

    En 1962, la France a légué à l’Algérie un héritage exceptionnel et non des « Broutilles » et des « choses sans valeur », à savoir 54 000 kilomètres de routes et pistes (80 000 avec les pistes sahariennes), 31 routes nationales dont près de 9000 kilomètres étaient goudronnés, 4300 km de voies ferrées, 4 ports équipés aux normes internationales, 23 ports aménagés (dont 10 accessibles aux grands cargos et dont 5 qui pouvaient être desservis par des paquebots), 34 phares maritimes, une douzaine d’aérodromes principaux, des centaines d’ouvrages d’art (ponts, tunnels, viaducs, barrages etc.), des milliers de bâtiments administratifs, de casernes, de bâtiments officiels, 31 centrales hydroélectriques ou thermiques, une centaine d’industries importantes dans les secteurs de la construction, de la métallurgie, de la cimenterie etc., des milliers d’écoles, d’instituts de formations, de lycées, d’universités avec 800 000 enfants scolarisés dans 17 000 classes (soit autant d’instituteurs, dont deux-tiers de Français), un hôpital universitaire de 2000 lits à Alger, trois grands hôpitaux de chefs-lieux à Alger, Oran et Constantine, 14 hôpitaux spécialisés et 112 hôpitaux polyvalents, soit le chiffre exceptionnel d’un lit pour 300 habitants. Sans parler d’une agriculture florissante laissée en jachère après l’indépendance, à telle enseigne qu’aujourd’hui l’Algérie doit importer du concentré de tomates, des pois chiches et de la semoule pour le couscous…

    Tout ce que la France légua à l’Algérie avait été construit à partir du néant, dans un pays qui n’avait jamais existé et dont même son nom lui fut donné par la France. Tout avait été payé par les impôts des Français. Daniel Lefeuvre a montré qu’en 1959, toutes dépenses confondues, l’Algérie engloutissait 20% du budget de l’Etat français, soit davantage que les budgets additionnés de l’Education nationale, des Travaux publics, des Transports, de la Reconstruction et du Logement, de l’Industrie et du Commerce !

    Tous les arguments permettant de réfuter la fausse histoire de l’Algérie écrite par les profiteurs du « Système » se retrouvent dans mon livre Algérie, l’histoire à l’endroit.

    Bernard Lugan

  • La compagne communiste algérienne de Mélenchon devient chroniqueuse de BFMTV

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    « Pendant des années, Sophia Chikirou a accusé les journalistes de BFMTV d’à peu près tous les maux. Que ce soit sur les questions sociales, les affaires de Jean-Luc Mélenchon ou bien évidemment sa couverture de la France insoumise, la chaîne d’information en continu a eu droit à des tweets et déclarations incendiaires récurrents de la part de la communicante.

    Mais comme l’a remarqué l’Obs en étudiant la grille de rentrée de BFMTV, celle qui a dirigé Le Média jusqu’en juillet 2018 a visiblement changé son fusil d’épaule. À partir du mois de septembre, elle interviendra effectivement de manière régulière à l’antenne, dans le cadre d’un débat opposant l’éditorialiste Alain Duhamel à des personnalités de sensibilité différente.

    Comme Natacha Polony ou l’ancienne ministre Aurélie Filippetti, Sophia Chikirou se retrouvera ainsi en face-à-face avec l’ancien chroniqueur politique de RTL, à une heure de grande écoute. Un retournement de veste notable de la part d’une femme qui n’a eu de cesse de critiquer les médias en général, avec un attachement tout particulier à la condamnation de BFMTV. » (source)

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    Source : Contre-info

  • Le 14 juillet 1789 ne fut pas un jour de gloire

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    Il est de bon ton de fêter chaque année, la date du 14 juillet, considérée comme fondatrice de notre République. L’État montre sa puissance en organisant un important défilé militaire, les collectivités locales, même les plus petites, y vont de leurs concerts, bals et autres feux d’artifice pour glorifier l’événement. Il s’agit bien d’un jour de célébration, visant à démontrer la communion des citoyens aux « valeurs de la République ».

    On a peu à peu instillé dans la tête des Français que la fête du 14 juillet célébrait l’anniversaire de la prise de la Bastille le 14 juillet 1789. Il n’en est rien. La commémoration du 14 juillet, qui fut votée par les sénateurs le 6 juillet 1880, n’a pas fait, loin de là, l’unanimité au début des discussions. Beaucoup estimaient qu’elle commémorait un épisode trop violent et sanglant pour symboliser l’Unité de la Nation. La date fut cependant conservée quand il fut expliqué que c’était en réalité la date du 14 juillet 1790 qui était célébrée, c’est-à-dire la fête de la Fédération au cours de laquelle se succédèrent procession militaire, messe célébrée par Talleyrand, serment du Roi à la Constitution et serment de La Fayette au Roi, avec adoption de la nouvelle devise : « La Nation, la Loi, le Roi ». Les organisateurs avaient voulu donner à cette fête le sentiment d’unité nationale après les massacres de l’année précédente. Ces bonnes intentions ne durèrent pas très longtemps…

    Mais revenons à cette date du 14 juillet 1789, prise de la Bastille, symbole déclaré de la fin de « l’absolutisme royal ». Elle est infiniment importante puisqu’elle semble symboliser le commencement de l’installation de la République. La vérité historique est autrement plus sombre.

    Dès le printemps 1789, la terreur commence à se développer un peu partout en France : assassinats incontrôlés, maisons et châteaux pillés ou brûlés, fonctionnaires royaux malmenés, cela dans presque toutes les régions de notre pays. Les États généraux, réunis à Versailles, soufflent sur les braises de la révolution qui a démarré. Le 14 juillet, Camille Desmoulins commence à haranguer les promeneurs du jardin des Tuileries. L’attroupement grossit peu à peu, et lorsque la foule lui semble suffisamment nombreuse, Desmoulins la dirige vers les Invalides pour l’armer, avec des armes volées en masse, jusqu’à la Bastille. La forteresse avait les moyens de résister, mais son gouverneur, fort de la parole des émeutiers accordant la vie sauve à ses défenseurs comme à ses quelques prisonniers, ouvre les portes de la bâtisse : tous les occupants sont sauvagement massacrés, et la tête du malheureux gouverneur promené sur une pique dans un Paris survolté.

    Ce funeste jour de violence marque un tournant décisif dans le processus révolutionnaire. En effet, jusqu’à ce jour, la terreur en était à ses premiers balbutiements, actes d'excités plus ou moins isolés. Le 14 juillet, la violence la plus sauvage prend un tour officiel. Les dirigeants des émeutiers, directement liés aux députés révolutionnaires de Versailles, donnent un signal puissant à la France tout entière : désormais, rien ne va arrêter le processus, long et tragique cortège de violences et de massacres. De grands serviteurs du royaume sont assassinés, à Paris et en province, dès que le massacre de la Bastille est connu et glorifié.

    La mise en place de la Terreur officielle date bien de ce jour, et sera poursuivie par les épouvantables tragédies des années suivantes ; pour aboutir finalement à un Empire autoritaire et guerrier auprès duquel « l’absolutisme royal » apparaît comme un conte sympathique pour enfants sages.

    Commémorer le 14 juillet pose donc question, tant sur le plan historique que sur les plans philosophique et moral. La vérité historique, remplacée désormais par un romantisme insipide et mensonger, impose pour le moins, de relever que cette sombre journée du 14 juillet 1789 ne fut pas un jour de gloire.

    Henri Bec

  • Marion Maréchal, animal politique

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    Voir Marion Maréchal répondre pendant presque une heure aux questions d’un journaliste doit, me semble-t-il, procurer au passionné de politique une sorte de plaisir désintéressé, tout à fait indépendant du fait que l’on approuve éventuellement ses opinions ou que l’on soit séduit ou pas par sa beauté blonde et son léger strabisme. Le même genre de plaisir qu’un zoologiste doit éprouver en contemplant un grand fauve faire montre de sa force et de sa souplesse, quand bien même, au fond de lui, le zoologiste aurait de la sympathie pour la gazelle que ledit fauve s’apprête à dévorer.

    Nous éprouvons un plaisir étrange mais incontestable à simplement contempler un être vivant dans sa perfection, ou à tout le moins un être qui approche du point de perfection de l’espèce à laquelle il appartient. Et Marion Maréchal est incontestablement un superbe spécimen de l’espèce « homme politique ». Lorsqu’elle a un peu d’espace pour déployer son talent, celui-ci est assez éblouissant (et ici il faut rendre hommage au journaliste qui l’interrogeait dimanche et qui, c’est assez rare pour être souligné, a su se cantonner à l’humble rôle de passeur qui devrait être celui des journalistes). Ce qui impressionne particulièrement, c’est ce mélange de clarté intellectuelle, de fermeté dans les convictions, de douceur dans l’expression, et de souplesse pour se sortir sans effort apparent des situations qui pourraient devenir gênantes. Marion Maréchal est probablement la seule actuellement qui soit capable d’articuler publiquement et de manière séduisante une position à la fois conservatrice et économiquement raisonnablement libérale sans sombrer immédiatement sous le poids de ses contradictions ou des assauts du politiquement correct.

    Il n’est pas étonnant que tous ceux qui se reconnaissent plus ou moins dans cette position conservatrice-libérale ait pour elle les yeux de Chimène et n’attendent qu’une seule chose : qu’elle revienne en politique, de préférence à la tête d’une formation politique qui soit la sienne. Dimanche soir Marion Maréchal a semblé faire un pas dans cette direction. Cela semblait en tout cas découler assez logiquement de son diagnostic, même si elle-même s’est soigneusement abstenue d’aller au bout de cette logique.

    Pour commencer, son diagnostic est-il correct ?

    Oui, bien sûr. Entièrement correct. Le Rassemblement National ne pourra jamais être à lui seul ce à quoi son nom prétend : le rassembleur de la nation (j’exclus les circonstances exceptionnelles et totalement imprévisibles). C’est-à-dire qu’il ne pourra jamais gouverner la France sans s’allier avec d’autres partis, sur sa droite ou sur sa gauche. La France c’est, depuis des temps immémoriaux, le village d’Astérix, avec ses disputes récurrentes pour des histoires de poisson pas frais, et aujourd’hui les divisions sont plus profondes que jamais, peut-être insurmontables, pour des raisons que je n’ai pas besoin de vous expliquer.

    Donc aucun parti ne peut devenir hégémonique, et surtout pas le RN qui, pour des raisons historiques, irrationnelles mais indépassables, rebutera toujours une partie des électeurs, fussent-ils si proches de ses positions que Dieu lui-même n’y verrait pas de différence. Pour espérer parvenir au pouvoir suprême, le RN a besoin d’un parti avec lequel il puisse s’allier et qui saura attirer les électeurs qui, pour une raison ou une autre, ne sauraient apporter leurs suffrages au premier.

    Et puis il faut des talents différents pour parler à des gens différents, et il est donc bon d’avoir plusieurs leaders politiques, capables de toucher des catégories différentes de la population ; idéalement une sorte d’alliance entre le tribun de la plèbe, capable de gagner la confiance des « plébéiens », et un « sénateur », plus à même d’avoir l’oreille de « l’aristocratie ». C’est un talent extrêmement rare que celui qui est capable de faire les deux à la fois, et peut-être faut-il plus se méfier d’un tel homme que l’admirer. Donc oui, un nouveau parti est nécessaire à la droite de l’échiquier, et à la droite du RN, qui s’est beaucoup déporté vers la gauche, si jamais l’alternance doit redevenir possible. Marion Maréchal peut-elle prendre la tête d’un tel parti ?

    D’un côté il est à peu près évident qu’elle seule a aujourd’hui la notoriété, le talent, les réseaux, et l’aura suffisante pour lancer un tel projet avec quelques chances de succès. Sans Marion Maréchal comme tête de gondole cet indispensable nouveau parti de droite mettrait sans doute de très longues années, peut-être des décennies à émerger. Donc sa participation active parait indispensable.

    Mais, d’un autre côté, le « parti de Marion » ferait face à deux obstacles formidables. D’abord, qu’elle accole ou pas ce nom à celui de Maréchal, Marion est et restera une Le Pen, c’est-à-dire qu’elle est et restera à jamais marquée du signe de Caïn, porteuse de l’empreinte hideuse de la Bête. Aux yeux de ceux pour qui le racisme est le seul crime réellement impardonnable – et qui ne peuvent donc prononcer le mot « race » qu’avec des frissons de dégoût et en ajoutant immédiatement qu’une telle chose n’existe pas – la culpabilité de Marion Maréchal est héréditaire, et donc sans remède.

    Que Marion Maréchal soit un danger pour la République, je le conclus de sa (prétendue) race !

    « Que Marion Maréchal soit un danger pour la République, je le conclus de sa (prétendue) race ! » Voilà en substance ce qu’opposeront invinciblement à tous les arguments et à tous les faits une partie très importante de la classe jacassante, ainsi sans doute qu’une partie non négligeable de l’électorat. Ce qui, on en conviendra, est un handicap très lourd.

    D’autre part, qui dit parti allié dit aussi nécessairement parti concurrent. Il est impossible qu’une alliance politique, aussi indispensable soit-elle, ne donne pas lieu entre les alliés à des conflits et à des luttes de pouvoir pour s’assurer la prééminence et faire prévaloir ses vues. Ce qui signifie que Marion Maréchal rentrerait en concurrence, et en conflit, avec sa tante. Ce d’autant plus que nul n’ignore que les deux femmes sont loin de partager les mêmes avis sur toutes les grandes questions politiques.

    Or, non sans raison, Marion Maréchal, semble répugner à un tel conflit. Elle a en tout cas répété dimanche de manière très nette que jamais elle ne déclencherait une guerre familiale. Ce qui est à son honneur mais qui semble lui fermer toute perspective de retour en politique. Et ce qui l’exposerait, si jamais elle surmontait cette répugnance, au reproche légitime de s’être, pour ainsi, dire parjurée. On a connu des situations plus confortables.

    Marion Maréchal fait-elle la même analyse de la situation que moi ? Je l’ignore, bien évidemment, mais je serais prêt à parier assez cher que oui. Et je crois qu’il ne faut pas chercher plus loin les raisons de ce qui, vu de loin, ressemble tout de même à une valse-hésitation, quoi que l’intéressée s’en défende, et qui y ressemblera de plus en plus au fur et à mesure que le temps passera.

    Tout porte Marion Maréchal à prendre la tête d’une nouvelle formation politique : la situation politique actuelle, le diagnostic qu’elle en fait, son patriotisme, son propre tempérament de grand fauve politique. Tout. Mais ce mouvement décisif se payerait sans doute d’un prix personnel très élevé. En somme il serait à peine excessif de dire que le moment se rapproche inexorablement où, de son point vue, Marion Maréchal devra choisir entre sa patrie et sa famille. En politique, les fondations sont souvent tragiques, comme nous le rappelle la légende de Romulus et Rémus. Marion Maréchal a beaucoup de talents et, par certains aspects, beaucoup de chance. Mais il faudrait être assez frivole ou assez irréfléchi pour juger sa position enviable.

    Aristide Renoux

    Politique magazine

    Pour se procurer le numéro à l’unité ICI

  • Blanquer ou la République des balances

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    Blanquer n'a eu aucun état d'âme à annoncer une campagne de dénonciation des élèves politiquement incorrects, par leurs professeurs. Le ministre de l’Education dite nationale, Jean-Michel Blanquer  – que la droite gogo apprécie – a annoncé sur France Bleu Azur le lancement d’une plateforme destinée aux enseignants, pour leur permettre de « signaler les faits de racisme et d’antisémitisme » et plus généralement les écarts vis-à-vis de l’idéologie républicaine. « J’ai déjà pris un certain nombre d’initiatives sur la défense de la laïcité, avec une plateforme qui permet à tout personnel de l’Éducation nationale de signaler un problème de laïcité. De manière complémentaire, dans le même état d’esprit, on a désormais une plateforme pour signaler les faits de racisme et d’antisémitisme », a-t-il affirmé. « À partir du moment où on est victime ou témoin de quelque chose qui n’est pas normal, qui est contraire aux valeurs de la République et au respect d’autrui, on doit pouvoir avoir une solution et cette solution, ça doit toujours être une solution d’équipe. On sent que la République est forte, par son éducation nationale, derrière chaque personne », a-t-il précisé. Bref, ce républicain fanatique n’a pas pour objectif que les jeunes sachent écrire le français en arrivant au bac, mais qu’ils ingurgitent bien son idéologie cosmopolite et gauchiste, et pour cela il demande aux enseignants de devenir des commissaires politiques. Le régime s’emballe ! Effrayant ! Mais c’est aussi le signe que sa fin est proche.

  • Patrick Buisson : « le service du bien commun doit être conçu comme un sacrifice »…

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    Patrick Buisson s’exprime à brûle-pourpoint sur la notion d’autorité et de légitimité du pouvoir, en particulier dans le contexte de la crise des gilets jaunes, donnant de précieuses clés d’analyse de la situation française actuelle. Pour lui, « le service du bien commun doit être conçu comme un sacrifice »

    Pour écouter, cliquez sur la photo ci-dessus (3 mn)

    Texte ci-dessous :

    Pour la première fois depuis très longtemps se pose, en France, la question de la légitimité du pouvoir. Le pouvoir n’est pas simplement la potestas, l’exercice du pouvoir, c’est aussi l’auctoritas, quelque chose qui transcende et légitime ce pouvoir.

    Or, la dissociation entre les deux n’est jamais apparue aussi évidente. Je parle en termes de politologie. Les Français ont ressenti un problème de légitimité. Macron l’a aussi ressenti, il a essayé de resacraliser le corps physique du roi, du chef de l’État en essayant de lui donner une dignité qu’il semblait avoir perdue avec ses prédécesseurs.

    Cela ne suffit pas dans la mesure où l’auctoritas n’est pas simplement ce qui grandit, mais ce qui civilise l’usage du pouvoir. L’idée fondamentale est que l’exercice du pouvoir doit passer par une ascèse. Le service du bien commun doit être conçu comme un sacrifice.

    Les Français n’ont pas le sentiment de percevoir ce service à travers les trois ou quatre derniers présidents de la République qui se sont succédé. On ne peut pas rétablir l’autorité comme fonctionnalité si on ne la rétablit pas comme transcendance et si on ne donne pas au peuple les raisons d’estimer leurs dirigeants.

    C’est le point central de la légitimité, à savoir l’estime qu’on peut avoir du service rendu au bien commun. Cette estime-là est dissoute. Elle a disparu, n’existe plus et pose la question fondamentale de la légitimité du pouvoir. Il n’est pas étonnant que ceux qui ne sont pas prisonniers de nos vieux débats et de nos vieilles querelles se tournent, aujourd’hui, vers une réflexion où les a priori et les postulats qui avaient prévalu jusqu’ici n’ont plus la même force.

    Pensez-vous que le mouvement des gilets jaunes est un symptôme de ce que vous venez de décrire ?

    Oui, parfaitement. Il est rare de voir un mouvement social s’accompagner d’une demande de refondation du politique. Le référendum d’initiative populaire ou citoyenne est la volonté de se réinstituer en tant que sujet politique. C’est être maître et acteur de son propre destin. C’est la volonté du peuple d’être gouverné selon ses intérêts propres et non pas selon les intérêts privés. Cela fait partie de la singularité du mouvement et de son originalité. Aucun mouvement social ne s’était risqué jusqu’à présent sur ce terrain.

  • Délinquants étrangers : faut-il n’accuser que la xénophobie ?

    Il y a deux mois de cela, dans l’excellent Politique Magazine, je vous entretenais de la question des délinquants étrangers qui peuplent nos prisons et dont nous ne parvenons pas à nous débarrasser, une fois leur peine effectuée. Il se trouve que l’actualité nous offre un cas d’école, une illustration particulièrement atroce de mon propos, que je me sens tenu de partager avec vous, car il est des choses qu’il est de notre devoir de porter à la connaissance de nos compatriotes, par tous les moyens dont nous pouvons disposer, si modestes soient-ils.

    La cours d’assises de Seine-Maritime a jugé il y a quelques semaines, Jean-Claude Nsengumukiza, pour un double meurtre « accompagné ou suivi d’un viol en récidive ». La Cour d'assises de Rouen l'a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de 22 ans de sureté et d'une interdiction définitive de séjour en France.

    Rappelons les faits : Dans la nuit du 19 au 20 décembre 2015, Elise Fauvel, 24 ans, et Julien Tesquet, 31 ans, sortent d’une soirée entre amis au bar rouennais le XXL. Il est environ 4h du matin et la soirée a certainement été très arrosée car Julien Tesquet est ivre et titube dans rue. Voyant son état, Élise décide de le raccompagner chez lui. En chemin, les deux jeunes gens croisent la route de Jean-Claude Nsengumukiza, qui propose à Elise de l’aider. Elle accepte. La caméra d’un restaurant, situé juste à côté, les filme tous les trois rentrant dans le hall d’immeuble d’Élise Fauvel, à 4 h 21.

    Le lendemain, en fin d’après-midi, les policiers, sollicités par un proche d’Élise, rentrent dans le studio de la jeune femme. Ils découvrent les cadavres d’Elise et Julien, disposées dans une sorte de mise en scène macabre : ils sont partiellement enlacés ; leurs visages sont recouverts d’une écharpe rose et leurs corps d’un drap blanc. La jeune femme est partiellement dénudée. Tous deux présentent de multiples traces de coups. L’autopsie effectuée révèle de nombreuses lésions sur le corps d’Élise Fauvel. Elle met également en évidence que les deux jeunes gens sont morts par strangulation et que la jeune femme a été violée.

    Comme même son avocate le reconnaissait, la culpabilité de Jean-Claude Nsengumukiza ne faisait aucun doute. Son ADN a été retrouvé à de multiples endroits de l’appartement d’Elise et sur le corps de cette dernière, il a été identifié sur des images de vidéo surveillance, son téléphone a « borné » tout au long du parcours des jeunes gens.

    Inexpulsable avec quatorze identités différentes

    Qui est cet homme ? Sa nationalité n’a pas pu être déterminée avec certitude. Il est sans doute originaire du Rwanda, ou bien d’Ouganda. Ce que l’on sait, c’est qu’il est rentré illégalement en France en 2002, et qu’il a ensuite endossé pas moins de quatorze identités différentes pour pouvoir y rester. Jean-Claude Nsengumukiza n’est pas un idiot : durant près de quinze ans il a très bien su jouer avec les règles de l’administration française en exploitant leurs failles.

    Avec les règles de la justice aussi, puisqu’il a multiplié les condamnations durant son séjour en France. En 2011, il est condamné à huit ans de prison ferme pour avoir violé une femme, à Rouen. Il s’était introduit à son domicile par une fenêtre, après avoir escaladé la façade de son immeuble. En dépit de la gravité de son crime, en dépit de sa dangerosité certaine, en dépit de ses multiples condamnations passées, en dépit du fait qu’il est en situation irrégulière sur le territoire nationale, Jean-Claude Nsengumukiza bénéficie de remises de peine qui réduisent sa peine, déjà légère, à seulement six ans. En dépit du fait que la cour d’assises avait prononcé à son encontre une interdiction définitive du territoire, il est libéré en novembre 2015, sans aucune contrainte ni aucun suivi : l’incertitude sur sa nationalité empêche son expulsion.

    2015. Libéré en novembre, il récidive en décembre

    Le voici donc libre comme l’air. Et n’importe quelle personne ayant lu son dossier aurait dû comprendre que cela signifiait, inévitablement : libre de commettre de nouveaux méfaits. Un mois plus tard, il tuait Elise et Julien.

    Je pourrais m’arrêter là, car les faits parlent d’eux-mêmes : l’atrocité du crime, son caractère plus que prévisible, l’indifférence ordinaire de l’administration, lorsque personne n’est vraiment responsable de rien, l’absurdité meurtrière de certains pans de notre législation, qui amènent non seulement à garder sur notre sol des gens comme Jean-Claude Nsengumukiza mais aussi à leur laisser suffisamment de liberté pour qu’ils puissent massacrer des innocents…

    Je pourrais m’arrêter là, mais il se trouve que je lis, le même jour que le compte-rendu du procès de Jean-Claude Nsengumukiza, qu’une certaine personne a publiquement regretté « une mentalité xénophobe » dans les pays occidentaux confrontés à l’immigration. Elle a notamment appelé la jeunesse occidentale à "ne pas se laisser enrôler dans les réseaux de ceux qui veulent les opposer à d’autres jeunes qui arrivent dans leurs pays, en les présentant comme des êtres dangereux".

    Cette personne, dont la fonction éminente lui assure l’écoute, et même le respect, d’un grand nombre de gens de par le monde a ainsi montré, une nouvelle fois, son incapacité à saisir certaines réalités humaines élémentaires et fondamentales. Et aussi sa propension, qui semble malheureusement irrésistible, à tenir des propos irresponsables.

    Car ce sont des opinions semblables à celles professées par cet éminent personnage qui sont à l’origine des lois, ainsi que des mœurs judiciaires et administratives, qui ont permis à Jean-Claude Nsengumukiza de massacrer deux innocents. A savoir : l’idée que les frontières et les nations sont des créations arbitraires et néfastes, qui séparent indûment l’homme de l’homme et engendrent la plupart des maux dont souffre l’humanité. L’idée que nous devrions accueillir « l’autre » sans aucune réticence, et même avec reconnaissance, précisément parce qu’il est différent de nous, tout en nous aveuglant méthodiquement quant à la portée et à la profondeur de ces différences.

    En soutenant ces opinions, avec tout le poids que lui donne son magistère, cette personne les renforce, inévitablement, et tout aussi inévitablement les opinions finissent par se traduire par des actes. Et au bout de ces actes, il y a des conséquences.

    Il y a actuellement plus de 15 000 détenus étrangers dans les prisons françaises, soit un peu moins d’un quart des prisonniers. Encore ces chiffres ne prennent-ils pas en compte les binationaux, et pas davantage tous ceux que l’on pourrait appeler les Français de papier, et qui sont sans aucun doute fort nombreux dans nos prisons, car les mêmes principes qui nous poussent à accueillir « l’autre » sans réserve nous poussent aussi à distribuer les cartes d’identité française comme des pochettes surprises.

    Ils ne se considèrent pas comme Français

    Or, comme le reconnaissait récemment un haut magistrat : « Judiciairement parlant, je dois à la vérité de vous dire que je vois passer des « Français de souche », comme on dit, qui sont de parfaites ordures, mais que j’ai principalement affaire – à requérir puisque tel est mon métier – à des étrangers ou à des Français d’origine étrangère qui sont souvent issus du bassin méditerranéen. C’est un constat. J’irais même plus loin dans la description : nous, magistrats, sommes considérablement alimentés par des gens qui enfreignent plus ou moins gravement la loi française parce que, en réalité, ils ne se considèrent pas comme Français. » (Jean-Paul Garraud, avocat général près la cour d’appel de Poitiers. – L’Incorrect n°11 juillet/août 2018)

    Il est totalement inutile d’objecter que tous les étrangers et les Français de fraîche date ne sont pas des délinquants. Tout crime commis par un immigré « clandestin », comme Jean-Claude Nsengumukiza, devrait être considéré comme inacceptable, parce qu’il s’agit d’un crime « supplémentaire », qui n’aurait pas été commis si nos frontières avaient été correctement gardées et si la justice avait fait correctement son travail. Tout crime commis par un Français de papier, comme Chérif Chekatt, comme Mohammed Merah, comme les frères Kouachi, comme tant d’autres, devrait être considéré comme inacceptable, par qu’il s’agit d’un crime qui n’aurait pas été commis si nous avions conservé une conception raisonnable de la nationalité.

    Il n’est pas au pouvoir de nos gouvernements de faire disparaitre la faim dans le monde, ni la guerre, ni la misère, pas plus que la maladie et la mort. Il est en revanche en leur pouvoir, et il est de leur devoir, de préserver l’intégrité du corps politique dont ils ont la charge et de garantir la sécurité des individus qui le composent.

    Un homme politique anglais a prophétisé, il y a désormais longtemps déjà, que l’immigration incontrôlée ferait un jour couler « des fleuves de sang » dans son pays. Comme chacun le sait, les grandes rivières qui vont se jeter dans les fleuves sont faites de petits ruisseaux, et les petits ruisseaux eux-mêmes sont constitués de petites gouttes, de destins individuels, comme celui d’Elise et Julien. Peut-être, au moment de mourir, Elise et Julien ont-ils eu le temps de regretter que nos gouvernants ne soient pas un peu plus « xénophobes », un peu plus tournés vers le bien réel de ceux qu’ils gouvernent, et un peu moins fascinés par un mirage « humaniste » aux conséquences inhumaines.

    Aristide Renou

    Politique magazine

  • Beaucaire : Carole Delga condamnée pour discrimination envers le maire RN

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    Il faut bien qu'un jour le masque tombe. Apeurés, tendus, aux abois, hantés par leurs prochains échecs électoraux, les représentants de la gauche, toujours  donneurs de leçons, se comportent en véritables autocrates, tentant d'éliminer par tous moyens tout ce qui n'est pas eux. Du département à la région, en passant par les autres échelons locaux, force est de constater qu'ils ont tous la même attitude. Abandonnés par leurs électeurs qui ont compris le mépris dont ils faisaient l'objet, récupérés par la finance apatride, sans plus aucun repère idéologique, ils ne pensent plus que par des slogans et n'agissent plus que par des coups tordus.

    La discrimination systématique à laquelle ils se livrent a reçu un coup de bâton judiciaire bien mérité. Carole Delga mettra-t-elle un bémol à son arrogance ? Rien n'est moins sûr.

    ***********

    La présidente (PS) de la région Occitanie, Carole Delga, a été condamnée ce 26 avril 2019 à 8.000 € d'amende et dommages et intérêts pour discrimination à l'encontre du maire (RN) de Beaucaire (Gard),

    Julien Sanchez et de sa commune. En cause : sa décision de ne pas y implanter un lycée.

    La présidente (PS) de la région Occitanie, Carole Delga, a été condamnée ce 26 avril 2019 à 8.000 € d'amende et dommages et intérêts pour discrimination à l'encontre du maire (RN) de Beaucaire (Gard), Julien Sanchez.

    La commune de Beaucaire indemnisée

    La chambre correctionnelle de la cour d'appel de Nîmes condamne notamment Carole Delga à verser 5.000 euros à la commune de Beaucaire au titre du préjudice moral. Elle était poursuivie pour "discrimination fondée sur des opinions politiques" et "entrave à l'exercice d'une activité économique".

    Plainte irrecevable en première instance

    En première instance, en décembre 2017, le tribunal correctionnel de Nîmes avait à l'inverse jugé la plainte de Julien Sanchez "irrecevable" car la date de la délibération municipale donnant pouvoir au maire pour porter plainte était "antérieure à l'infraction reprochée".

    Litige sur l'implantation d'un futur lycée

    La présidente du conseil régional d'Occitanie n'avait pas signé le contrat de ville tel qu'il avait été validé par les élus gardois. Une ancienne friche SNCF, proche du centre, n'avait pas été choisie pour accueillir un futur lycée général. Il devrait être construit sur une autre commune plus petite du Gard.

    Le maire parle de "mépris"

    Julien Sanchez a réagi à cette décision de justice auprès de nos confrères de l'Agence France Presse :
     

    Je suis satisfait que la discrimination soit enfin reconnue. Beaucaire est la quatrième ville du Gard, avec 16.000 habitants, et c'était le seul contrat de ville sur 38 dans le département qui n'avait pas été signé par la présidente de la région. Je n'ai rien contre Carole Delga en tant que personne, je souhaite la paix et que Beaucaire soit traitée comme les autres communes.

    Le maire de Beaucaire a appelé la présidente de Région à réétudier la question de l'implantation d'un lycée général sur sa commune.

    France 3 Occitanie

    Dans le même esprit voir notre article du 8 avril 2019 en cliquant ici

  • D’ardent républicain à ultra-monarchiste, l’étrange Rubicon franchi par Manuel Valls

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    La dispute sur les réseaux sociaux entre l’ancien premier ministre français et la maire de la ville de Barcelone, Ada Colau, alimente les principaux médias espagnols. Au centre de ces échanges passionnés entre les deux candidats au poste de maire de la capitale de Catalogne, le maintien ou l’abolition de la monarchie. Député de la république, depuis qu’il s’est déclaré candidat pour les prochaines élections municipales au sein de la région séparatistes, celui qui été le maire d’Evry s’est découvert un monarchisme inattendu.

    « Tourner le dos à Felipe VI et demander l’abolition de la monarchie montre qu’Ada Colau n’est pas une personne de confiance, c’est la démonstration de la connivence entre la maire actuelle et les groupes radicaux et indépendants » peut-on lire sur le compte twitter de Manuel Valls. Le message est aussi glacial que la lame d’une guillotine. La réaction de la maire de Barcelone ne s’est pas faîte attendre, tout aussi lapidaire sur le même réseau social et qui nous ferait presque regretter les grandes batailles entre carlistes et isabelistes qui se sont déroulées tout au long de la seconde moitié du XIXème siècle, en Catalogne. « Qu’une républicaine défende la République est assez prévisible, mais on a plus de mal à faire confiance à un républicain français qui soudain devient monarchiste » a rétorqué sèchement l’offensée qui annoncé début de ce mois qu’elle entendait débaptiser toutes les rues et avenues qui portent le nom de « Bourbon ».

    A l’origine de cette passe d’armes, le vote d’une motion visant à interdire l’accès de la capitale au roi d’Espagne, Felipe VI et un autre qui qualifie la monarchie « d’institution obsolète ». Votée en octobre dernier, seule la dernière proposition a été retenue et a reçu le soutien des partis de la Candidature d’unité populaire( CUP), Catalogne en commun (B-Comú), le Parti démocrate européen catalan (Pdecat) , La Gauche républicaine catalane (ERC). Soit 29 élus municipaux sur 49 présents au sein de la chambre municipale.

    Manuel Valls a dès lors surenchéri en expliquant à la maire sortante, que « ce n’est pas une question de république ou de monarchie mais de respect pour le chef de l’Etat, de la Constitution votée de tous, de la démocratie et … des citoyens de Barcelone ! ». « C’est comme ça dans n’importe quelle grande ville du monde. Un maire ne doit pas oublier qu’il représente tout le monde et non une idéologie » a lancé l’ancien député socialiste qui semble avoir mis de côté quelques mauvais souvenirs de sa gouvernance. Mais pour Ada Colau, qui n’a jamais brillé par son soutien à la monarchie, allant jusqu’à faire disparaître les portraits du souverain dans le hall de la mairie, le « français » a laissé bien étrangement la « devise républicaine », quelque part, de l’autre côté des Pyrénées.

    Il est vrai que depuis qu’il fait campagne, Manuel Valls fait preuve d’un zèle monarchique qu’on ne lui connaissait guère dans les salons feutrés du palais de Matignon. Lorsque la gauche indépendantiste majoritaire au parlement de Catalogne a voté mi-octobre et sous les applaudissements, une résolution visant à entamer un processus d’abolition de la monarchie en Espagne , décrétant que « l’institution royale était aujourd’hui anti-démocratique et périmée » (en références au dernier discours du souverain en décembre 2017), Manuel Valls s’était empressé de fermement condamner et de qualifier « d‘inadmissible » et de « frivole » ce vote partisan illustré par la tête retournée du roi et placardé fièrement par les élus sur leurs différents comptes sur les réseaux sociaux, à l’image d’Elisenda Alamany , porte-parole du parlement de Catalogne.

    Leader du Parti Populaire catalan, Alberto Fernandez, a déclaré que la décision de la maire de Barcelone n’était qu’un « mépris de plus pour la couronne et l’unité de l’Espagne ».

    Dans cette guerre des tweets qui ne fait pas pour autant l’issue de l’élection à venir, avantage aux indépendantistes qui ont partagé la dernière réponse de la maire Ada Colau plus de 7000 fois contre 2000 pour Manuel Valls, comme l’indique le quotidien « 20 Minutes », mis au centre d’un débat sur l’abolition de la monarchie en Espagne. Bien malgré lui. En effet, si en France, l’ancien premier ministre s’est fait le défenseur d’une république laïque autoritaire, il a compris que sans le soutien des monarchistes en Espagne, son nouvel avenir politique serait largement compromis. Et la mairie de Barcelone est encore loin d’être gagnée pour celui qui reste encore un outsider dans la course au poste d’alcade de Barcelone. En se faisant le défenseur de l’unité, un crédo auquel il croit fermement avec en fond de toile l’idée européenne, Manuel Valls, espère nouer des alliances stratégiques qui lui permettront de s’imposer face aux indépendantistes. D’ailleurs, il aurait bénéficié, dès le début de sa campagne, du soutien de Joseph Roman Bosch qui ne cache pas ses liens avec la fondation Francisco Franco, qui a créé « une plateforme, Somatemps, qui défend “l’identité hispanique” de la Catalogne» et dont la présidence a été confiée à un ancien néo-nazi du Parti Espagnol National Socialiste comme le révélait le journal « L’Obs » le 4 octobre. Une information relayée par le site de d’extrême-gauche « La Horde » qui surenchérissait en révélant d’autres liens existants ente l’ancien socialiste et des convergences monarchiques, avec par exemple, Javier Barraycoa un haut responsable des Carlistes catalans, présent lors d’une violente manifestation anti-indépendantiste organisée durant l’été et connu pour ses positions traditionalistes.

    Des accusations, également corroborées par Médiapart et l’hebdomadaire Marianne qui ont consacré de longs articles sur ce sujet, mais balayées par Manuel Valls, qui dément formellement ses liens avec le milieu franquiste pourtant très présent en Catalogne (lui préférant de loin celui de Cuidadanos) et devenu un des fers de lances de soutien la monarchie. Mais pour atteindre le succès encore faut-il qu’il passe le barrage d’une côte de popularité qu’il a du mal à atteindre. Sur une note de 10, les catalans classent presque avant dernier celui qui avait reçu, du tant de sa primature, le roi d’Espagne et son épouse avec beaucoup d’empressement (2014).

    Monarchiste de circonstance, Manuel Valls l’est assurément et après avoir franchi le Rubicon politique que la situation exigeait, ce fils d’un catholique conservateur entend « clôturer une longue histoire d’autonomie du projet de la ville mise en place par son adversaire afin pour le mettre au service d’une politique sectaire qui n’a rien à voir avec les intérêts de la population de Barcelone » comme nous l’explique le journal la Vanguardia. « L’Europe a besoin d’une Espagne unie, c’est le message de l’Europe, il ne peut y avoir ni médiation ni appui possible aux séparatismes » martelait encore ces derniers jours ce rocardien qui s’est mis en retrait de la vie politique française républicaine pour faire allégeance au roi d’Espagne.

    Dans un tweet, les militants de la Restauration Nationale Centre Royaliste d'Action Française ont ironisé sur la situation, rappelant que leur mouvement était à la disposition des candidats afin de les éclairer sur les concepts de « monarchie » et de « république ».

    Frédéric de Natal

    La Couronne

  • Livre - Notre sélection : "Mes idées politiques" de Charles Maurras

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    Charles Maurras (1868-1952) fut homme politique, journaliste, essayiste et poète. En 1908, il fondait L’Action française, organe du nationalisme intégral, défenseur d’une monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée. Elu à l’Académie française en 1938, il en fut honteusement exclu à la suite de sa condamnation inique en 1945 pour haute trahison et intelligence avec l’ennemi, lui dont l’antigermanisme était pourtant légendaire et dont Marcel Jullian disait qu'il avait toutes les intelligences sauf celle-là !  Ses idées ont influencé de nombreux intellectuels français comme étrangers, et continuent d’irriguer les différents courants nationalistes et contre-révolutionnaires. Les éditions Kontre Kulture ont donc fait œuvre utile en rééditant son ouvrage Mes idées politiques paru en 1937. Charles Maurras y développe des principes politiques pérennes avec une extraordinaire clarté et met à mal tout l’édifice républicain. Maurras commence d’emblée par démontrer que l’inégalité est au contraire protectrice et vertueuse. Il examine ensuite les principes de vérité, de force, d’ordre, d’autorité, de liberté, de droit et de loi, de propriété, d’hérédité, du devoir de l’héritage et de la tradition, mettant les idées au clair, par exemple sur les conditions de l’autorité vraie ou de la loi juste. Ensuite, en moins de cinquante pages, il pose les bases de la science politique. Puis il s’attaque à la démocratie, enfant bâtard du libéralisme, et en décrit les vices et les turpitudes. Il s’attèle également aux questions sociales, précise les rapports de l’économique et du politique et défend une organisation du travail basée sur la corporation. Enfin, il termine par un implacable plaidoyer pour le nationalisme intégral.

    Il s’agit là sans nul doute d’un livre indispensable à toute personne soucieuse d'approfondir sa formation politique et de trouver des remèdes aux causes du délitement de Notre nation.

    Mes idées politiques, Charles Maurras, éditions Kontre Kulture, 364 pages, 20 euros

    A commander en ligne sur le site de l’éditeur

  • Fusion des régions. Le budget de la région Occitanie a augmenté d’un milliard d’euros

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    Crédit : Lengadoc Info

     

    Les budgets de fonctionnement des nouvelles régions ont explosé et l’Occitanie se retrouve aujourd’hui à la tête du classement des régions les plus coûteuses. Comment en est-on arrivé là alors même que l’objectif affiché de cette fusion des régions voulue par François Hollande était de réaliser des économies ?

    Coût d’une séance plénière du conseil régional d’Occitanie : 137 170 € par jour

    En fusionnant les anciennes régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon sans diminuer le nombre d’élus, la nouvelle région Occitanie s’est alors retrouvée avec un nombre d’élus si important (158) que ni l’hôtel de région à Toulouse ni celui à Montpellier n’ont la capacité d’accueillir les séances plénières du nouveau conseil régional.

    Résultat des courses, ces séances ont donc lieu généralement au Parc des Expositions de Montpellier. Or cette délocalisation a un prix, et pas des moindres puisque, désormais, le coût d’une seule journée de séance plénière s’élève à 137 170 € !

    Selon la présidente de la région, Carole Delga (PS), le coût des séances plénières s’élèverait à 400 000 € par an. Il faut dire qu’à chaque fois il faut tout déplacer : les élus, les dossiers, la climatisation, les moquettes, etc…

    Des trajets qui ont explosé

    Qui dit fusion de régions dit des régions plus grandes et donc des déplacements plus longs. Entre 2015 et 2016, le nombre de kilomètres effectués par les agents de la région Occitanie aurait augmenté de 78 % !

    Même constat du côté des élus, qui pour certains doivent faire huit heures de route par jour pour seulement trois heures de réunion. Les frais de déplacement des élus s’élèverait à 646 000 euros en 2017.

    Harmonisation des primes par le haut

    Avant la fusion, les agents des régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées ne possédaient pas le même système de prime. Il a donc fallu harmoniser ces primes avec la fusion, et les harmoniser, bien entendu, par le haut.

    Résultat des courses, la région Occitanie a déboursé près de 5,5 millions d’euros par an.

    Lengadoc-info.com, 2018

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