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Régalien - Page 8

  • Le jury de l’ENA décrit des candidats moutonniers, incapables de penser par eux-mêmes

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    Dans son rapport sur le concours d’entrée 2017, la prestigieuse ENA, école des haut fonctionnaires régulièrement critiquée pour perpétuer une forme de pensée unique, s’inquiète de manière particulièrement appuyée de l’incapacité des aspirants énarques à produire une réflexion originale, voire à penser par eux-même…

    En 1967, Jean-Pierre Chevènement pointait dans un essai offensif les membres de « l’énarchie » comme des « mandarins de la société bourgeoise ». Un-demis siècle plus tard, sans aller jusque-là, l’École nationale d’administration – la fameuse ENA – se préoccupe enfin de la question du conformisme de ses étudiants. Ses craintes transpirent du rapport publié par l’école faisant le bilan de son concours d’entrée 2017.

    Coordonné par la préfète Michèle Kirry, le jury y dresse sans langue de bois un bilan des épreuves écrites et orales sur lesquelles ont planché les 1.368 candidats aux différents concours d’entrée à l’ENA. Et le bilan n’est pas rose, malgré le haut degré d’exigence requis pour intégrer l’institution qui donne accès aux postes les plus prestigieux de la haute fonction publique.

    Uniformité et références hors-sol

    Concernant l’épreuve de droit, le jury pointe ainsi « une certaine unicité de vues entre les candidats », et même une « frilosité » qui empêcherait les aspirants énarques de « proposer une réflexion, une vision personnelle du sujet ». Les correcteurs relèvent l’uniformité des candidats, qui préparent quasiment tous les concours dans les mêmes établissements, utilisent les mêmes références… et régurgitent donc les mêmes connaissances lors des épreuves. En clair : des clones ânonnant une pensée unique. « D’une manière générale et très regrettable, les candidats ont fortement tendance à construire leur devoir à partir de fiches toutes préparées par thèmes », regrette le jury, qui se désespère de « traquer l’originalité comme une denrée rare », alors que les candidats ambitionnent de devenir l’élite administrative de la nation.

    Parfois, les correcteurs s’amusent même du caractère monochrome des copies : ils croient parfois trouver une référence sortant du lot… « jusqu’au moment où elle apparaît dans les mêmes termes sous la plume de plusieurs candidats, trahissant la fiche de lecture ». Lors de l’épreuve de questions européennes, pas moins de cinq individus ont ainsi utilisé l’interrogation de Henry Kissinger : « L’Europe, quel numéro de téléphone ? ». Sauf que plusieurs se sont montrés « ensuite incapables d’expliquer et de justifier leur affirmation » !

    Peut-être craintifs à l’idée de froisser le jury d’une école déjà réputée pour son conformisme, les candidats à l’ENA ont également été très prudents à l’heure de donner leur avis sur les sujets pourtant éminemment politiques qui leur ont été soumis. Jusqu’à totalement escamoter l’actualité lors de l’épreuve de questions contemporaines, qui portait pourtant sur un sujet tout chaud : la confiance envers les pouvoirs publics. Il en ressort l’impression que « le candidat [imagine] la copie idéale comme un texte éthéré, où n’apparaîtraient surtout pas les sujets délicats », poursuit la préfète, qui parle « d’autocensure ».

    CICE, Europe, voies sur berge… ils pensent tous pareil

    Cela ne surprendra peut-être pas mais les candidats ont également fortement rechigné à critiquer le crédit d’impôt en faveur des entreprises mis en place par François Hollande… « Il est tout à fait possible de penser et d’écrire […] que le bilan du CICE est très en deçà des ambitions d’origine ou même que l’accorder à toutes les entreprises sans s’assurer de son utilisation a été une erreur », se voient obligés d’insister les membres du jury ! Même tendance à l’uniformité au moment de traiter l’Union européenne, considérée par les candidats « comme un ordre établi qui ne pourrait être différent ». Lors de l’oral consacré à des questions d’actualité, « la fermeture des voies sur berge a quasi systématiquement donné lieu à une réponse d’adhésion totale, sans prise en compte des inconvénients possibles », regrettent encore les examinateurs. Pas de quoi modifier l’image d’une technocratie hors-sol…

    Pour remédier à ces problèmes, le jury indique qu’il a choisi de mettre en avant les critères d’authenticité, de sincérité et de sens critique dans sa sélection des 80 lauréats du concours. « Une tête bien faite valant mieux, dans tous les univers professionnels et sous tous les cieux, qu’une tête trop pleine », le jury explique avoir privilégié les individus capables de penser par eux-mêmes plutôt que des singes savants de la technocratie. Et Michèle Kirry d’exhorter les ambitieux voulant intégrer l’ENA à l’avenir au « courage qui consiste à faire une analyse personnelle », loin des « raisonnements formatés ». Allez, les futurs énarques : courage, pensez !

    Source : Marianne.net

  • Les écoles hors-contrat hors-circuit ?

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    «L’esprit qui nous anime, c’est l’esprit de liberté » dit JM BLANQUER. Qui l’eut cru ? Au moment même où il « veut en finir avec les écoles hors contrat » (sic), écoles entièrement privées, entièrement libres, ne bénéficiant à ce titre d’aucune subvention de l’Etat ou des collectivités territoriales, écoles reconnaissant seulement devoir répondre à une obligation de résultat académique préétablie et s’y soumettant d’autant plus volontiers que leur but est précisément de cultiver l’excellence.

    Pour cette raison, elles refusent de devoir se calquer sur les délires anti-pédagogiques de l’Education Nationale dont l’indigence des programmes et la nocivité des méthodes n’est destinée qu’à produire des citoyens incultes et manipulables au gré de ceux qui nous détruisent.

    Au nombre de 1300 en France, scolarisant environ 65 000 élèves – alors que les dispositifs d’ « éducation prioritaire » qui cultivent également l’excellence mais pour les élèves issus de l’immigration, scolarisent 1 200 000 élèves – le gouvernement a entrepris de mettre la main sur ces écoles hors contrat.

    Raisons invoquées de la mainmise

    Mais…pourquoi vouloir mettre la main sur des écoles qui se développent chaque année davantage et qui, dans l’immense majorité des cas, satisfont pleinement les parents ?

    La raison officielle est celle de « lutter contre la radicalisation » en clair, de vouloir contrôler les écoles islamiques ! C’est clairement se moquer du monde, jouant sur la peur des Français pour les abuser de la façon la plus éhontée, leur faisant croire que la lutte contre la radicalisation passe par là alors que… l’Etat a déjà tous pouvoirs pour faire fermer une école islamiste et qu’elle ne le fait pas, …les principaux foyers de radicalisation se situent essentiellement dans les lieux d’enseignement non déclarés en lien avec des lieux de prières eux-mêmes non répertoriés, que prévoit le ministère pour les détecter quand il suffirait de contrôler tous azimuts et les lieux de prière et les écoles coraniques ?

    Rien ne peut justifier la mainmise sur toutes les écoles hors contrat sous ce prétexte.

    Par ailleurs, pour apporter une justification supplémentaire au renforcement du contrôle des écoles hors contrat, est évoqué le constat de « vraies failles pédagogiques » dans ces écoles: il ne faut pas manquer d’aplomb quand l’Education Nationale est la première à faillir, à fournir à tour de bras des illettrés et des incultes et que JM BLANQUER – grand enfumeur devant l’Eternel - n’a pas du tout l’intention de changer de braquet contrairement à ce que ses déclarations pourraient laisser à penser et s’il y a un lieu où nos enfants sont réellement en danger, c’est bien à l’Education Nationale, ce qui explique d’ailleurs le succès grandissant des écoles hors contrat qui contrarie la politique destructrice de Monsieur BLANQUER.

    Raisons réelles de la mainmise

    Mais…ne nous laissons pas abuser. « En toutes choses il faut considérer la fin » concluait Jean de la Fontaine dans la fable « le renard et le bouc ». Quelle fin considère le renard BLANQUER ?

    Mondialiste et immigrationniste impénitent comme son maître MACRON, il entend, à la suite NV. BELKACEM, « mettre au pas » de l’Ecole de la république les écoles hors contrat afin d’empêcher la transmission de la culture française et l’émergence d’une élite française et ce, au bénéfice de l’émergence d’une élite issue de l’immigration formée dans les R.E.P. (réseaux d’éducation prioritaire) et autres structures qui leur sont réservées, voulant contraindre ces écoles hors contrat à suivre les mêmes « programmes » et les mêmes délires anti-pédagogiques de l’Education Nationale que les parents fuient de plus en plus et que les professeurs – les vrais - supportent de moins en moins malgré le silence-radio des syndicats complices.

    Moyens de la mainmise

    Jusqu’à ce jour, une école hors-contrat pouvait être créée librement par simple déclaration avec possibilité d’opposition de la part de l’administration mais pour des raisons non pédagogiques, une entière liberté étant laissée aux créateurs d’écoles à cet égard.

    Le gouvernement précédent représenté par NV.BELKACEM a voulu restreindre la liberté de créer des écoles hors-contrat en faisant voter une loi substituant au régime de déclaration, un régime d’autorisation ; cette loi a été invalidée par le conseil constitutionnel le 25 janvier 2017.

    BLANQUER prend le relais de NV. BELKACEM poursuivant le même objectif mais s’y prenant autrement. Une loi votée par les sénateurs le 21 février 2018 par 240 voix contre 94 voix vise à restreindre la liberté de création et de fonctionnement des écoles hors contrat. Bien que proposée par une sénatrice UDI Françoise GATEL, les négociations se sont en réalité faites directement avec JM.BLANQUER qui a confié être « très attaché à cette loi ». Le texte va être soumis au vote de l’assemblée nationale.

    Contenu de la loi

    Dans le Figaro du 11/02/18, Anne Coffinier souligne que « l’hostilité des services du ministère de l’Education Nationale envers les écoles hors contrat est en contradiction totale avec les déclarations publiques du ministre ». En effet ! Ne soyons pas dupes !

    L’apparence de simplification pour présenter un dossier de création d’école ne signifie pas pour autant une plus grande facilité de création, bien au contraire !

    Par ailleurs, le texte de loi révèle ce qui était le plus à redouter : un obligatoire alignement des écoles hors contrat sur les contenus et les méthodes de l’Education Nationale, autrement dit, ce texte signe la mort des écoles hors contrat.

    Le « diable étant dans les détails », il a fallu aller « à la pêche » dans l’article 4 nouveau de la loi qui fait référence à l’article 227-1-1 du code pénal mais n’en énonce que la partie modifiée, et c’est précisément là que le bât blesse. Désormais, l’article 227-1-1 du code pénal stipule :

    « Le fait, par un directeur d'établissement privé accueillant des classes hors contrat, de n'avoir pas pris, malgré la mise en demeure de l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation, les dispositions nécessaires pour que l'enseignement qui y est dispensé soit conforme à l'objet de l'instruction obligatoire, tel que celui-ci est défini par l'article L. 131-1-1  du code de l'éducation et permette aux élèves concernés l’acquisition progressive du socle commun défini à l’article 122-1-1 du même code (partie du texte modifiée par la proposition de loi) et de n'avoir pas procédé à la fermeture de ces classes est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende. En outre, le tribunal peut ordonner à l'encontre de celui-ci l'interdiction de diriger ou d'enseigner ainsi que la fermeture de l'établissement »

    La loi votée par le sénat renforçant les contrôles des établissements hors contrat par un contrôle systématique la première année d’exercice et des contrôles inopinés par la suite, cela signifie que ces contrôles s’effectueront forcément en référence à l’ « acquisition progressive du socle commun » et donc, les écoles hors contrat devront calquer méthodes et contenus sur ceux, désastreux de l’Education Nationale dont nous savons que, dans le cadre de la refondation de l’Ecole pour nos enfants, l’axe principal est l’acquisition et la soumission aux valeurs dites de la République.

    Ce n’est pas recevable ! Comme vient de souligner le rapport de la Cour des Comptes  :

    « …L’évaluation n’a pas été conçue au sein de l’Education Nationale pour qu’elle devienne grâce à elle, une organisation « apprenante » tirant les enseignements de ses succès comme de ses échecs appréhendés selon des méthodes clarifiées, validées et fondées sur le recueil de données sur les acquis et les besoins des élèves… ».

    Conclusion

    En réalité, la volonté diabolique de JM BLANQUER de tuer l’enseignement privé hors contrat est manifeste et s’inscrit dans une logique engagée par ses prédécesseurs. De plus, dans le dernier projet de loi de finances, le ministre de l’éducation a également « gelé » les postes financés dans l’enseignement privé sous contrat : aucun poste ne lui a été attribué, contrairement à l’accord conclu en 1992 qui astreint l’Etat à assurer 20% dans le privé et 80% dans le public. Pour conclure, notons le cynisme sans cesse renouvelé de JM BLANQUER devant le Sénat au moment de la présentation du texte :

    «… Ce qui se passe à travers cette proposition de loi, c’est tout simplement de conforter la liberté d’enseignement (!!!) en évitant, comme pour toute liberté, que l’abus de cette liberté ne vienne abimer cette liberté… (Applaudissements !... à croire que les sénateurs sont totalement décérébrés !)…toute liberté en effet, peut comporter des abus, et c’est en étant soigneux vis-à-vis de ces abus qu’on est soigneux vis-à-vis de ces libertés… ».

    Le choix des mots est « soigneusement » choisi pour apparaître protecteur. « …Conforter la liberté d’enseignement… », autrement dit « davantage contrôler pour plus de liberté », nous avons déjà entendu cela avec NV. BELKACEM, ce qui est d’autant plus compréhensible que l’un et l’autre s’abreuvent à la même source ! Mais ne nous laissons pas abuser ! Notre volonté à nous, défenseurs de l’avenir de nos enfants, est au contraire celle de libérer tous les enfants, tous les jeunes, du joug destructeur de l’Education Nationale et nous devons nous y employer.

    Analyse de Claude Meunier Berthelot (Juriste de formation. A fait toute sa carrière dans l’Education Nationale) pour les lecteurs du Salon beige :

  • Jean-Yves Le Gallou à Béziers le 10 avril : "La réinfosphère leur fait peur car elle leur a fait perdre leur monopole"

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    Nous vous avons déjà informé (ICI) de la venue de Jean-Yves Le Gallou le 10 avril prochain à Béziers. Celui-ci a récemment donné un entretien au quotidien Présent

     

    "Pourquoi avoir choisi de vous consacrer à la désinformation ? Comment y êtes-vous venu ?

    Très tôt. Quand je suis entré à Sciences-Po (il y a près d’un siècle…) un ami m’a expliqué qu’il fallait lire Le Monde, « le quotidien de référence », tous les jours, alors il m’a bien fallu fabriquer des anticorps ! D’autant que dans mes interventions dans la vie intellectuelle (au Club de l’Horloge au début) puis dans la vie politique (au Front national), j’ai très vite été confronté à la désinformation et à la diffamation. Au-delà de ces expériences personnelles irritantes, je me suis aussi intéressé à la désinformation à travers les romans de Vladimir Volkof : celui-ci a d’abord décrit les méthodes soviétiques avant d’analyser celles des Atlantistes – encore pires – lors des guerres de Yougoslavie.

    Le fondateur de Présent, Jean Madiran, auteur d’un remarquable Le Monde et ses faux, a aussi beaucoup fait pour mettre en garde les élus du FN, dont j’étais, contre les médias dominants. Mais il était difficile de s’en passer et d’échapper à leur chantage : « Vous nous critiquez ? Nous ne vous inviterons plus ! » ; « Vous voulez un droit de réponse ? Nous vous boycotterons ! ». Au début des années 2000, j’ai été sorti de la vie électorale (par l’échec du MNR de Bruno Mégret) et internet est apparu. C’est alors que j’ai fondé Polémia avec notamment Grégoire Tingaud, Françoise Monestier et Philippe Christelle. Et tout de suite nous nous sommes attachés à la critique sans complexes et sans merci des médias de propagande. Et nous avons décrit et dénoncé « la Tyrannie médiatique ». C’était possible puisque nous n’avions plus besoin des médias officiels et qu’internet offrait un champ d’expression nouveau. [...]

    Pourquoi la réinfosphère leur fait-elle peur à ce point ?

    La réinfosphère leur fait peur car elle leur a fait perdre leur monopole. Le monopole de la présentation des faits. Et bien souvent dans leur cas, de la présentation mensongère des faits. Les médias de propagande publient des articles sous l’angle politiquement correct mais la réinfosphère donne d’autres points de vue. Les médias de propagande occultent des faits (des manifestations des crimes ethniques, par exemple) mais la réinfosphère les fait connaître.

    Les médias de propagande mentent mais leurs mensonges ne restent plus impunis. Bref la réinfosphère sape leur crédit. Comme ils refusent de se réformer, car ils sont là non pour informer mais pour déformer, ils ont choisi de dénigrer ceux qui les contestent. Avec une méthode simple, celle de l’amalgame : ils prennent un tweet douteux d’un twittos inconnu, pour jeter le discrédit sur un ensemble de sites et de comptes sociaux parfaitement sérieux. Bien sûr ils mobilisent les petits sectaires du corps enseignant au service de leur cause.

    La France, c’est la Corée de l’ouest : on apprend aux petits enfants à croire aveuglement ce que dit la presse du régime. Pardon pour ma comparaison qui diffame peut-être la … Corée du Nord. Car pour ce pays aussi, la désinformation bat son plein : sa délégation aux jeux olympiques a été conduite par une chanteuse dont les médias français et occidentaux nous avaient dit en 2013, qu’elle avait été… fusillée !

    Tout comme Emmanuelle Ménard, vous militez pour la suppression de l’aide publique à la presse à faible ressource publicitaire. Vous n’ignorez pas que cette suppression aurait pour conséquence immédiate de faire mourir Présent. Nous supportons les charges énormes, les contraintes et les dépenses d’un quotidien papier, il n’y a aucune raison, sinon celle de l’arbitraire politique le plus total, pour que notre quotidien ne bénéficie pas de cette subvention. Tous nos journalistes ont également une carte de presse et il suffit de nous lire chaque jour pour se rendre compte que cela ne bride en rien notre liberté, notre indépendance et notre insolence. Faut-il jeter Présent avec l’eau du bain ?

    Non il ne faut pas jeter Présent avec l’eau du bain ! Et Présent vivra grâce au ressort de ses abonnés et donateurs. Notre salut terrestre, à nous gens du politiquement incorrect, c’est l’économie du don, de la générosité, pas de la subvention. Ce sont les subventions publiques et la publicité qui expliquent que les médias français mainstream, contrairement aux médias anglais par exemple, se moquent de leurs lecteurs. C’est ce qui explique la diffusion modeste de la presse française : dix fois moins que la presse anglaise, pas plus que celle du Danemark, pays qui a dix fois moins d’habitants que la France. J’ajoute qu’il est choquant de voir les contribuables subventionner des journaux qui sont la propriété de milliardaires : Niel et Pigasse pour Le Monde et L’Obs, Arnaud pour Les Echos et Le Parisien, Pinault pour Le Point, Drahi pour L’Express et Libération, Dassault pour Le Figaro, Lagardère et l’émir du Qatar pour Paris-Match. Liste non exhaustive ! [...]

  • Quelques pistes pour l’éditrice Belkacem et ses batailles culturelles du progressisme…

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    L’éditeur Paul Otchakovsky-Laurens vient de mourir et Najat Vallaud-Belkacem devient éditrice ; on peut y voir un signe. Pour le dire autrement, l’édition hésitait entre la corde, le rasoir et le pont : elle a trouvé plus simple d’embaucher Najat Vallaud-Belkacem.

    "J’ai tellement souffert de la trop faible qualité du débat public […] que je m’étais promis qu’un pan de ma vie future serait consacré à l’aider à reprendre du souffle", menace Mme Vallaud-Belkacem, citée par Libération. En conséquence, elle quitte la politique, « provisoirement », nous rassure-t-elle, pour s’en aller, toute seule avec ses petits bras, diriger aux éditions Fayard une « collection d’essais “consacrée aux batailles culturelles du progressisme” ». En somme, cette dame à la modestie relative nous annonce sans frémir qu’elle va publier des livres pour nous décerveler. – Parfois, on sent le sol bouger sous ses pieds tant l’imposture fait trembler le plancher.

    Dans un élan de sincérité, Ségolène Royal avait émis l’hypothèse, sans doute farfelue, que si Mme Vallaud-Belkacem se fût appelée « Claudine Dupont », son ascension eût peut-être été moins fulgurante. Cette dame est en effet la parfaite synthèse de la réussite par l’incompétence et du carriérisme par la discrimination positive : avec une envergure d’assistante de cabinet dentaire, elle a fini, grâce à ses origines et aux oligarques socialistes, ministre, et mieux encore, de l’Éducation nationale, de la Recherche et des Universités.

    Elle fut à la hauteur de nos désespoirs : chargée de concasser au marteau hydraulique ce qui restait de l’École, elle y réussit pleinement – inutile d’y revenir. – On se contentera de rappeler sa stupéfiante déclaration, à propos de la décision de la mairie de Chalon-sur-Saône de ne plus servir de plats halal dans les cantines : « supprimer la possibilité d’avoir un menu non confessionnel » revenait à « interdire l’accès de la cantine à certains enfants » ; pour le dire clairement, un plat halal était « non confessionnel », et un cassoulet « confessionnel ». Cette déclaration passe désormais, à juste titre, pour le plus impeccable des retournements du sens.

    Mais revenons à notre propos : désormais, donc, Mme Vallaud-Belkacem se lance dans l’édition, où elle se consacrera « aux batailles culturelles du progressisme ». Pour mener cette guerre, elle peut compter sur des armes de dissuasion massive : la féminisation de l’orthographe, l’arabisation du français, l’égalité entre les selzesseux de souche ; les expositions de homards et de suppositoires géants, de crucifix plongés dans des bassins d’urine, et d’œufs couvés par des artistes transgressifs ; les films où d’horribles vieux bourgeois catholiques sont contraints de marier leurs filles avec tout ce que la France produit de beaux esprits métissés ; et, bien sûr, la relativisation du danger islamiste.

    Je vois très bien les livres avec lesquels le Général Belkacem compte mener ses batailles : Comment Finkielkraut s’est nazifié, par Alain Badiou ; Les incendies de voiture en banlieue : mythe et réalité, par Laurent Mucchielli ; Je suis Manouchian, par Edwy Plenel ; Leur morale et la mienne, par Pierre Bergé ; La France raciste de Zemmour et Millet, par Rokhaya Diallo et Annie Ernaux ; Les cheveux en politique, par Marlène Schiappa – autant de livres où les batailles culturelles du progressisme feront progresser la culture, n’en doutons pas. Il n’est pas certain, Dieu merci, qu’ils fassent progresser les ventes de la maison Fayard ; il est même possible qu’ils soient la pelle qui l’enterre.

    Bruno Lafourcade

    Riposte laïque

  • Marion Maréchal-Le Pen de retour ?

    Une intervention à la Conférence d’action politique conservatrice (CPAC) à Washington; une tribune dans le très réactionnaire hebdomadaire Valeurs Actuelles pour annoncer la création d’une Académie des Sciences Politiques, Marion Maréchal-Le Pen est bel et bien de retour sur le devant de la scène médiatique.

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    Marion Maréchal-Le Pen devant les conservateurs américains, à Washington, le 22 février 2018.

     

    La bataille entre Laurent Wauquiez et Marine Le Pen s'annonçait violente. Au couteau. L'un des deux était appelé à périr, à disparaître du champ et du jeu politique. Il ne pouvait en aller autrement puisque le président de LR et la cheffe du Front National - parti appelé à être re-baptisé dans les jours qui viennent - se disputent désormais le même électorat, celui de la France dite " périphérique ", celui des classes qualifiées de " moyennes "; ils se réclament l'un et l'autre d'une idéologie quasi-similaire construite autour du concept de " droite identitaire " - l'Europe, l'Islam et les (fausses) valeurs progressistes détruisant l'âme française. Ce " monstre " idéologique efface pour l'essentiel l'héritage de cette droite républicaine, complexe et multiple, gaulliste mais aussi centriste, à la fois libérale et étatiste, qui émergea après la Libération et accompagna le destin de cinq présidents, de Gaulle, Pompidou, Giscard, Chirac et Sarkozy, oui, même Sarkozy.

    En s'alignant sur Marine Le Pen et les principes cardinaux du Front National, Laurent Wauquiez tourne une page de notre histoire en 5ème République, abandonnant délibérément à Emmanuel Macron les électeurs de la droite modérée. Sa démarche exigerait qu'ensuite il efface Marine Le Pen, de l'avis général fort mal en point et peut-être même discréditée à jamais. C'était sans compter sur une autre Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen et son tonitruant retour sur la scène publique. Voilà qui complique le pas de deux Laurent Wauquiez/Marine Le Pen avec tôt ou tard élimination directe. Un trublion de première importance est en effet revenu en jeu.

    Créer une Académie des Sciences Politiques

    Une intervention à la Conférence d'action politique conservatrice (CPAC) à Washington ; une tribune dans le très réactionnaire hebdomadaire Valeurs Actuelles pour annoncer la création d'une Académie des Sciences Politiques afin de contrecarrer l'influence par définition gauchisante et donc pernicieuse de la très réputée école des Sciences Politiques. L'objectif de cet ambitieux projet? Idéologique et politique, " former les dirigeants de demain, le terreau dans lequel tous les courants de la droite pourront se retrouver" selon, cela va de soi, les " vraies "et " bonnes " valeurs. Remarquons que seuls des gogos - ou des complices, c'est au choix - peuvent s'obstiner à prétendre que de la sorte, Washington+Valeurs Actuelles, Marion Maréchal Le Pen ne " revient pas en politique ". Non d'ailleurs, elle ne se contente pas de " revenir "; elle court, elle galope, mais selon une méthode, une démarche... macronienne. Finie, la case parti, congrès et élections locales - elle admet avoir été " déçue par le FN "; terminé, le passage impératif par les arcanes et les bidouillages du Front National; place à une démarche strictement nationale et internationale, idéologique et culturelle pour inventer de toutes pièces une droite à la fois conservatrice, identitaire et... libérale... en économie. Un tour de force tant ces différents concepts semblent éloignés, antinomiques, l'un de l'autre. À cet égard, le discours de Washington, prononcé dans un bon anglais, aussi bref que construit, servira de construction originelle. Comme un avertissement lancé à sa tante et à Wauquiez. Comme un acte de candidature. À quoi? Au leadership sur la droite française. Rien d'autre et rien que ça!

    D'abord un slogan: " La France d'abord ". Un emprunt au "trumpisme " le plus basique, et Marion Maréchal Le Pen assume- ce qui n'est pas le cas de Wauquiez lequel minaude encore à l'évocation du chef d'état américain. " Je ne suis pas choquée, assène la revenante, lorsque j'entends votre président parler de " l'Amérique d'abord ". Je veux la " France d'abord " pour le peuple français. Comme vous, nous voulons reprendre le contrôle de notre pays ". C'est donc que les Français ont été dépossédés de leur pays. Un vol. Qui sont les coupables de ce fric frac? Marion Maréchal Le Pen va aussitôt le préciser.

    Ensuite, une cible: l'Union Européenne, cela va de soi, nulle surprise. Mais il est indispensable de lire, commenter et retenir les commentaires, d'un nationalisme intégral, d'un radicalisme ne laissant aucune place à la moindre nuance: " nous, les Français, nous devons maintenant lutter pour notre indépendance. Notre liberté est entre les mains de l'Union Européenne, une idéologie sans terre, sans peuple, sans racines, sans civilisation. L'Union Européenne est une tueuse de nations millénaires ". Le retour à la tradition rhétorique de l'extrême droite la plus affirmée, un copié-collé des thèses du royaliste et antisémite Charles Maurras que Marion Maréchal-Le Pen a lu avec beaucoup d'attention, nous pouvons désormais en avoir la certitude.

    « Grand remplacement »

    Enfin, une obsession: l'Islam et la reprise à son compte de la construction du " grand remplacement ", conceptualisée par l'écrivain d'extrême-droite Renaud Camus. Sur le sujet, elle cogne comme un sourd même si la formule utilisée devant un auditoire américain par avance conquis a été préparée, travaillée, articulée avec le plus grand soin afin de ne pas susciter l'opprobre ni le scandale: " la contre-société islamique se développe en France. Après 40 ans d'immigration incontrôlée, nous sommes en train de passer de fille aînée de l'Eglise à petite nièce de l'Islam ". Le pas (théorique) est franchi et ce, sans la moindre gêne: Marion Maréchal Le Pen n'alerte pas quant aux dangers de l'islamisme. Elle choisit de le confondre avec l'Islam tout en dénonçant l'immigration. Jihadiste-islamiste-musulman-immigré : tous se confondent, tous entendent s'emparer de cette France perdue aux racines jadis chrétiennes. Islam-islamisme: seuls les pleutres peuvent s'entêter à relever une différence. Marion Maréchal-Le Pen, elle, ne se prête pas à ces" combinazione " tortueuses. L'Islam et les musulmans: voilà l'ennemi prioritaire.

    Au sujet de l'Europe et de l'Islam, nulle divergence entre Marion Maréchal-Le Pen et Marine Le Pen. Plus important, décisif peut-être, elles sont désormais bien ténues, ces divergences, entre la " revenante " et le président de LR, même si celui-ci, encore embarrassé de quelques rares alliés gaullistes, démocrates-chrétiens ou même humanistes, s'oblige à faire preuve de davantage de retenue. Il lui faut encore ménager Valérie Pécresse et les élus " modérés " qui soutiennent sa démarche interne à LR. Mais pour combien de temps encore? Le Wauquiez de droite extrême s'affirmera d'autant plus vite qu'il ne peut prendre le risque de laisser libre à Marion Maréchal Le Pen le terrain idéologique et culturel - celui qui permet à la jeune femme de faire la différence. Quand elle prétend " faire l'alliance de la droite enracinée et de la droite entrepreneuriale ", elle déborde pour le coup ses deux rivaux.

    Libérale en économie, pro- marché, favorable aux patrons et aux entrepreneurs... C'est ainsi que Marion Maréchal Le Pen se définit pour mieux se différencier et prendre de vitesse ses deux concurrents. Ainsi se dégage-t-elle sans la moindre retenue de la ligne " sociale " du FN, tournant la page Philippot; ainsi contraint-elle Wauquiez à bientôt se positionner, à choisir entre la ligne Calmels (la numéro 2 de LR défend un libéralisme économique de bon aloi) et la ligne Peltier (le numéro 3 de LR adopte volontiers des accents marxisto-mélenchoniens...), positionnements strictement incompatibles. 

    Un discours, une tribune: Marion Maréchal-Le Pen ringardise davantage encore Marine Le Pen.

    Un discours, une tribune: Marion Maréchal-Le Pen confronte Laurent Wauquiez à ses contradictions.

    Pas mal pour une débutante.

    Pas mal pour une revenante.

    Kevin Lamarque

  • Charlotte d'Ornellas : "La fidélité orléanaise n’est pas physique, elle est spirituelle"

     

    Très belle tribune de Charlotte d'Ornellas [elle-même choisie pour incarner Jeanne d'Arc en 2002 à Orléans] à propos de la triste polémique sur Mathilde et Jeanne d'Arc :

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    "C’est vrai, Jeanne d’Arc était blanche. Et Mathilde ne lui ressemble pas physiquement. Sur le reste, l’essentiel, aucune candidate ne lui ressemblait plus. C’est l’unique raison pour laquelle elle vient d’être élue (comme toutes celles qui l’ont précédée).

    Personne ne s’intéresse jamais, au niveau national, à ces Fêtes Johanniques. Il a fallu attendre la polémique provoquée par les origines béninoises de cette jeune fille pour que les projecteurs se braquent sur une fidélité populaire aussi ancienne qu’exceptionnelle. Depuis, tout le monde commente ce choix sans trop comprendre le contexte particulier de cette élection. Pour qui n’est pas Orléanais, ne pas connaître les fêtes de Jeanne d’Arc n’est pas blâmable... Mais ne pas chercher à mieux les comprendre avant de polémiquer l’est déjà beaucoup plus.

    Le fait que Mathilde ait des origines béninoises n’a eu absolument aucun impact ni dans sa candidature, ni dans son élection. À Orléans, c’est Jeanne que l’on remercie, et c’est la France que l’on célèbre. Point barre. Ce rappel vaut également pour les journalistes et hommes politiques qui ont immédiatement relevé - pour s’en réjouir - les origines africaines de Mathilde. Ils sont les premiers à « discriminer », qu’ils le veuillent ou non. 

    Car soyons honnêtes jusqu’au bout : la réaction exaspérée de ceux qui ne connaissent pas ces fêtes est à première vue compréhensible, à une époque où l’Histoire de France passe sans cesse devant le tribunal du révisionnisme « antiraciste » ou multiculturel.

    Si ces fêtes étaient en effet la reconstitution d’un tableau historique et que la jeune fille était choisie pour ressembler à Jeanne d’Arc, ce choix serait grotesque. Parce que c’est certain : la petite Lorraine n’avait pas d'ancêtre béninois. C’est d’ailleurs ce qui rend le choix d’acteurs noirs - dont le seul rôle est de ressembler à ceux qu’ils incarnent - pour des rôles historiques européens grotesques.

    Sauf qu’à Orléans, il ne s’agit pas d’une représentation figée mais d’une transmission. Non, Mathilde n’a pas été choisie par volonté d’imposer le métissage comme modèle. Encore moins pour nourrir un mythe multiculturel en France. Bien au contraire : c’est précisément la culture française, l’héritage intact qui est transmis.

    Les exigences pour être choisie sont claires : habiter à Orléans depuis au moins 10 ans, être baptisée catholique, catholique pratiquante, donner de son temps bénévolement pour les autres et avoir compris qui était Jeanne.

    Qui est-elle ? Une jeune fille qui a pris la tête d’une armée pour aller faire sacrer le roi de France à Reims, mettre fin à la grande pitié qui régnait dans le Royaume, et libérer Orléans de l’occupation anglaise. Pour une seule raison : « Dieu premier servi ». Ces fêtes ont ceci de particulier qu'elles ont su garder leur sens à travers les siècles, et tout particulièrement au cœur du nôtre qui s’acharne pourtant à le détruire. 

    Dans le choix de Mathilde, c’est ce sens-là qui a primé. C’est parce qu’elle le sait qu’elle a été choisie. C’est parce qu’elle en vit qu’elle est parfaitement légitime pour le transmettre. Et son image passera, comme pour toutes celles qui l’ont précédée, car à Orléans, seule Sainte Jeanne d’Arc demeure. Cette ville aurait pu se contenter de faire perdurer des fêtes médiévales folkloriques qui auraient perdu leur raison d’être. Elle a choisi la fidélité d’âme. 

    En réalité, cette polémique est bien plus triste qu’odieuse, car elle confond tout. Le multiculturalisme est une idéologie destructrice, et l’immigration massive menace notre pays de dissolution. De là découle une angoisse identitaire légitime que certains s’appliquent à ignorer. Mais il est particulièrement injuste et insensé de faire payer Mathilde pour tous ceux qui ont eu la France sans l’aimer.

    On m’a toujours appris que la seule noblesse qui valait d’être transmise et sauvée était celle de l’âme... Je dois bien dire que je peine à trouver cette noblesse d’âme dans la poursuite d’un combat politique (en un sens ou l’autre) qui se fait sur le dos d’une toute jeune fille, dont l’amour de la France est indiscutable et passe par l’admiration sans limite qu’elle voue à notre Sainte Patronne nationale.

    La France meurt de la disparition de son âme. Or la fidélité orléanaise n’est pas physique, elle est spirituelle. Depuis 1429. Chaque année depuis cette libération, les habitants rendent hommage à Jeanne d’Arc, coûte que coûte et de manière unique en France, puisque les ordres civil, militaire et religieux sont unis pour célébrer la Sainte, la patriote et le chef de guerre qu’elle fut.

    En matière de leçon sur la préservation de l’identité, cette fidélité populaire dont Orléans a le secret devrait générer alentour un peu plus d’humilité…"

    Valeurs Actuelles

  • La guerre des mémoires

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    La bataille qui s’est engagée autour de certaines commémorations de l’année 2018, notamment celle de Charles Maurras, n’est pas près de s’éteindre.

    Leclerc.jpgPour une raison essentielle : lorsque l’histoire est l’objet de revendications ou de choix idéologiques, elle cesse d’être un terrain de recherche pour se transformer en ce qu’on appelle « guerre des mémoires ». Guerre qui se rapporte souvent à des intérêts communautaristes et à des exigences de reconnaissance identitaire. Fort heureusement, il arrive qu’un esprit particulièrement distingué vienne apporter de l’ordre et de la lumière pour dissiper la confusion qui résulte d’une telle bataille partisane.

    C’est le cas avec Pierre Nora, historien particulièrement voué à l’étude de la construction de notre histoire nationale. Dans un entretien avec Alexandre Devecchio, publié dans le dernier numéro du Figaro magazine, il s’exprime notamment sur cette lutte des mémoires, dont il a été le témoin lorsqu’il siégeait au Haut comité des commémorations nationales. Les groupes, les lobbies, les sociétés des amis de untel ou de untel voulaient absolument obtenir qu’on commémore les figures qui leur importaient. Pierre Nora parle d’une dictature de la mémoire, avec ses conséquences : « Il fallait désormais disposer du passé en fonction des critères du présent, de façon anachronique, moralisatrice, et même disons le, discriminatoire. » Ainsi la mémoire des victimes du communisme était-elle largement sous-estimée.

    La grande Maurras-Martigues.jpgperdante de ces affrontements mémoriels, c’est donc bel et bien l’histoire, transformée en champ clos des règlements de compte. L’exemple de la période coloniale est particulièrement significatif : « Tant que l’histoire coloniale permet d’enrichir notre connaissance de la période et de mettre en lumière des faits passés sous silence, on ne peut qu’approuver. Mais l’époque pousse à ne retenir de cette grande période de l’histoire que des faits accusateurs de l’histoire nationale, alors cela débouche sur une lecture manichéenne en noir et en blanc. Les associations ont tendance à prendre en otage l’histoire et à ne retenir que ce qui accuse et condamne la colonisation. »

    J’ajouterais, pour ma part, que l’histoire même du christianisme est souvent l’objet du même traitement, avec des raccourcis partisans qui insistent sur certaines séquences, sans donner d’ailleurs les précisions adéquates. Tandis que la commémoration de Mai 68 se rapproche, espérons que l’événement, encore chaud, permette une véritable élucidation et non une bataille de chiffonniers.   

    Gérard Leclerc

  • SNCF : vers le retour au XIXème siècle ?

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    L’engagement du Président de la République et du gouvernement dans la « réforme » de la SNCF soulève de nombreuses questions. Cet engagement a été précédé de la publication du très provocateur « rapport Spinetta » sur l’avenir de la SNCF. Au-delà de la question du « statut », qui est naturellement posée, on ne peut être que surpris, et choqué, par la méthode employée par Emmanuel Macron et Edouard Philippe, qui consiste à opposer une catégorie à une autre (comme on le voit avec la réponse faite par le Président au Salon de l’Agriculture) ou par le recours aux ordonnances. Même si le Président et le Premier-ministre ont pris leurs distances avec le rapport Spinetta, sa philosophie globale continue d’inspirer leurs actions.

    L’obsession financière ou la myopie du rapport Spinetta

    Le premier point qui ressort des débats sur l’avenir de la SNCF est celui de la dette tant de la SNCF que de RDF (le réseau). Celle-ci est très importante, et elle contraint la SNCF à payer environ 1,5 milliards d’euros par an aux banques. Mais, l’origine de cette dette tient à des choix imposés par les gouvernements à la SNCF et en particulier celui de recourir à un « Partenariat Public-Privé » pour la construction de nouvelles lignes de TGV dans des conditions financières qui ont été véritablement désastreuses. Si la dette accumulée est bien un problème, la responsabilité de cette dernière n’est nullement celle de la SNCF.

    Car, la décision du gouvernement de mettre l’essentiel des investissements sur les lignes TGV était elle-même très discutable. Il a fallu attendre l’accident de Brétigny-sur-Orge, le 12 juillet 2013, pour que cette politique d’investissement commence à être remise en cause. Cette politique conduisait à favoriser les classes aisées, les « gagnants de la métropolisation », en leur fournissant un transport efficace et rapide entre les grandes métropoles (Paris, Lyon, Marseille, Lille, Strasbourg, Bordeaux) au détriment de la desserte des lignes secondaires et de la circulation à l’intérieur des métropoles. Il en résulte d’ailleurs une dégradation très significative de la ponctualité pour les transports intra-régionaux. Ainsi, 63% des pertes de temps dues à des retards concernent les voyageurs de la région Île de France[1].

    Par ailleurs, si les Français considèrent qu’ils ne sont pas mal lotis en matière d’infrastructures de transport, ceux qui vivent en zone rurale en particulier ont le sentiment d’être “un peu trop loin de tout” et d’avoir été oubliés par les pouvoirs publics.

    En mettant l’accent sur la rentabilité financière, le « rapport Spinetta » oublie l’essentiel, ce qui fait d’ailleurs l’essence même des transports publics, c’est la question des externalités positives, décrites par deux économistes britanniques de la fin du XIXème siècle et du début du XXème, Alfred Marshall et Arthur Cecil Pigou. Les externalités peuvent être d’ailleurs tant positives que négatives. C’est le problème de la pollution. Elles renvoient au fait suivant : lors d’une opération économique entre deux agents A et B, si cette opération a des effets sur un troisième agent, que l’on nomme C, et ce sans qu’il y ait transaction monétaire ou ni passation d’une convention d’échange entre A et C ou entre B et C, voire sans intentionnalité de la part de A et de B d’avoir un impact sur C, on dit qu’il y a création d’une externalité. Si l’effet produit s’opère au détriment de C on dira qu’il s’agit d’une externalité négative. Si du fait de la transaction entre A et B, l’agent C voit augmenter son bien-être, sa richesse, ses possibilités d’action, de connaissance, ou encore s’améliorer son environnement, on dit qu’il y a création d’une externalité positive.

    Or, il est clair qu’en mettant, du moins théoriquement, à la disposition du plus grand nombre un moyen de transport fiable, efficace et rapide, les chemins de fer ont des externalités positives considérables, en ceci qu’ils permettent le développement d’entreprises et d’activités dans des régions où spontanément elles ne s’installeraient pas sans cela. Pigou, qui était pourtant un libéral, et un économiste qui a maintenu une longue polémique (amicale) avec Keynes, tirait de son raisonnement pourtant la nécessité de dépenses publiques. Il considérait, à juste titre, que là où il y a des externalités (positives ou négatives) l’utilité au niveau de la société ne saurait être égale à la somme des utilités individuelles des agents.

    On voit pourquoi opposer « ceux qui prennent le train » à ceux qui ne le prennent pas, ou encore dire, comme le font les ministres de ce gouvernement, que la SNCF coute telle ou telle somme au français est un non-sens économique. Monsieur Spinetta et ces ministres devraient être condamnés à relire trois fois les œuvres de Pigou pour réparation de leurs méconnaissances des mécanismes économiques.

    Les externalités en action

    Ces externalités sont d’autant plus importantes que le train est, par comparaison à la voiture, un moyen de transport à la fois moins polluant et plus sûr, et qu’il est par rapport à l’avion (sur des distances de moins de 1000 km) un peu plus sûr et toujours moins polluant.

    Or, nous constatons deux choses. D’une part les Français passent en moyenne 7h12 à se déplacer selon une enquête réalisée par l’Observatoire européen des mobilités, enquête auprès de plus de 10.000 Européens dans 10 pays, dont 1.000 Français. C’est 2h23 de moins que la moyenne des Européens. Cela montre l’efficacité des transports publics. D’autre part, et cela surprise, la voiture reste le moyen de transport privilégié dans l’Hexagone, et même plus qu’ailleurs : 67% des français (contre 61% pour la moyenne européenne) l’utilisent pour se rendre sur leur lieu de travail ou d’études, 86% (contre 73%) pour aller faire leurs courses alimentaires importantes et 69% (contre 56%) pour emmener leurs enfants à leurs activités quotidiennes. En fait, le train a régressé en part de marché par rapport à la route de 1970 à 2011. Si la part du train reste encore supérieure à ce qu’elle est en Allemagne ou en Grande-Bretagne, elle est très inférieure à ce qu’elle est en Suisse ou au Japon.

    Tableau 1

    SNCF-Part-de-marché.jpg

    Source: OCDE

    De même, pour le transport de marchandises, la part du rail par rapport au camion est passée de 50% à 16%. Or ceci a un coût en termes de pollution mais aussi d’accidents de la route, et ce coût, bien entendu, n’apparaît nullement dans le rapport Spinetta ou d’autres rapports de ce type.

    Pourquoi en est-il ainsi ? On peut répondre précisément pour le transport de voyageurs. Pour 43% des Français interrogés – contre 35% pour la moyenne européenne – il est difficile d’utiliser les transports en commun de proximité. Cela résulte d’un mauvais maillage du territoire, de l’abandon de certaines lignes, ou des fréquences de passage qui sont trop faibles. En effet, 48% des personnes interrogées invoquent des destinations mal desservies, tandis que 23% d’entre elles mettent en avant des arrêts de transport en commun trop loin de chez eux et 39% des fréquences de passage trop faibles. Ceci est le résultat de la fermeture des lignes secondaires, une logique que le gouvernement entend poursuivre, mais en la dissimulant. En effet, Edouard Philippe a bine dit qu’il n’était question pour l’instant de supprimer des lignes, mais de les transférer aux régions. Or, ces dernières sont déjà confrontées à des problèmes importants de financement. On voit bien quelle est la logique globale de l’opération.

    Ceci met en lumière la dimension de ségrégation sociale, au profit des « grandes métropoles » et de leurs habitants les plus riches, qui se révèle dans cette politique. En effet, 27% des personnes interrogées ont le sentiment d’être “un peu trop loin de tout”. Le chiffre monte même à 46% pour ceux qui habitent en zone rurale. La politique du gouvernement organise bien, directement ou indirectement, la ségrégation des territoires. Mais, elle organise aussi la ségrégation sociale. Ainsi, les jeunes (32% des 18-24 ans) et les personnes aux revenus modestes (26%) sont également les plus concernées[5].

    Une politique européenne ?

    On doit alors s’interroger sur la responsabilité de l’Union européenne dans cette politique. En mettant en place la concurrence entre les sociétés de chemins de fer, elle accélère, par la logique du profit immédiat, l’ensemble des caractéristiques néfastes des choix des gouvernements depuis ces trente dernières années. Pour que la politique ferroviaire puisse inclure les effets d’externalités que l’on a soulignés, mais aussi pour qu’elle puisse jouer son rôle dans l’aménagement du territoire et le développement équilibré des régions, elle doit être nationale. Mais, de cela, l’UE ne veut plus. Elle se trouve d’ailleurs en contradiction avec elle-même, car si elle incite à cette forme de privatisation du chemin de fer, elle prétend aussi rechercher des modes de transports moins polluants. Comprenne qui pourra ! En fait, c’est bien une hypocrisie manifeste à laquelle nous sommes confrontés.

    Chaque région, et on le comprend, verra midi à sa porte. Par ailleurs, les moyens financiers des régions sont limités. Dès lors, ces régions n’auront pas d’autres solutions que de passer du train à l’autocar (bonjour la pollution et les risques d’accidents), ou de réduire encore plus les fréquences de passage. Mais ceci met en place un cercle vicieux. En effet dans un système de transport en réseau, la « demande de transport » (i.e. le nombre potentiel de passagers) est une fonction croissante de l’offre (autrement dit de la fréquence) et non, comme le supposent implicitement tous ces politiques qui n’ont jamais ouvert un ouvrage sur l’économie des transports, l’inverse !

    Le modèle économique qui sous-tend la réforme d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe, et ceci sans même parler de la question du statut des cheminots (qui pourtant s’impose pour les personnels roulants et de maintenance), est un modèle du passé. Car, la concurrence dans le rail a existé au XIXème et au début du XXème siècle. Le développement économique de la France dans années d’après-guerre s’appuyait justement sur une logique d’emblée nationale des transports, logique qui s’appuyait sur le monopole public. En cherchant à briser ce modèle, à imposer sur les lignes à grand trafic une concurrence, quitte à laisser les régions se débrouiller avec leurs lignes en apparence déficitaire, MM Macron et Philippe nous ramènent au XIXème siècle, et cela sous un discours qui ne parle que de progrès et d’avenir.

    Rarement on aura vu une telle mauvaise foi, combinée avec un tel mépris pour les règles économiques (comme le principe d’externalité), dominer la politique du pays.

  • Qu'on le veuille ou non, Le Pen, c'est notre histoire

    Pourquoi il faut lire les

    Mémoires de Jean-Marie Le Pen

    En près de 500 pages, le fondateur du Front national revient sur son enfance, la résistance, l'Algérie, Suez, de Gaulle et Mitterrand.

    Par Saïd Mahrane - LE POINT

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    Le livre est lourd de son poids (450 pages), comme le dossier de Jean-Marie Le Pen épais de ses condamnations et de ses frasques politiques. Mais enfin, ils sont là, ces Mémoires que beaucoup n'attendaient plus et qui finalement paraissent avec pour titre Le Fils de la nation (éditions Muller). Dans un discours mémorable contre les frontières prononcé à l'Unesco, Jean-Paul II s'était proclamé « fils de la nation » polonaise. Les intentions du mémorialiste qui nous occupe, pupille de la nation, ne sont pas de même nature, on le sait. De Jean-Marie Le Pen on croit d'ailleurs tout savoir, du pire au pire, sans jamais voir ce qu'il y a d'autre chez ce monsieur qui anime notre vie politique, même retiré, depuis plus de 50 ans. Alors, on est comme tourmenté quand, à la lecture de son livre, on en vient à avoir quelque émotion pour ce petit Breton qui, la main dans celle de sa mère, les larmes aux joues, s'en va reconnaître le corps de son père sur la plage de Saint-Gildas-de-Rhuys, après que son embarcation a sauté sur une mine : « Malgré maman, j'ai voulu voir et c'était horrible. Le visage n'est qu'une plaie livide, méconnaissable. » On est pris d'un sentiment étrange parce que rattrapé par cette idée, peut-être injuste, y compris lorsqu'il évoque la disparition de sa mère à 60 ans, victime d'un « collapsus », que Jean-Marie Le Pen est de ces personnages pour lesquels on ne saurait montrer la moindre empathie, car eux-mêmes n'en sont pas capables. C'est bête, en effet. Un fait vaut pour ce qu'il est. Un père qui meurt est un père qui meurt. Gageons que certains liront ces Mémoires avec une répugnance sincère ou surjouée, non pour ce qui y est écrit noir sur blanc, mais pour l'identité de celui qui tient la plume, forcément trempée dans une encre d'un noir maléfique. Qu'importe que ce texte, entamé un jour d'ennui dans le Pacifique, à 47 ans, soit bien composé, par moments lyrique et instructif quant à certaines périodes historiques, il est l'œuvre d'un facho. Dommage... Dommage de passer à côté d'un document aussi important. Car, qu'on le veuille ou non, Le Pen, c'est notre histoire. Dans le futur, un professeur de sciences politiques ferait une faute majeure en occultant l'influence, absolument capitale, du fondateur du FN sur nos esprits et notre représentation de la société. Des générations ont regardé le monde en prenant Le Pen comme un antimodèle. On ne compte plus le nombre de femmes et d'hommes qui se sont engagés en politique contre lui et, plus tard, contre sa descendance. 1984 et son Heure de vérité, 1986 et son entrée à l'Assemblée, 1987 et son « détail », le 21 avril 2002... et des bataillons de militants antiracistes dans les bras du Parti socialiste. Il fait rire ? Il faisait peur.

     

    Raconter l'histoire d'un Breton poussé dans la grande France.

    Le Pen-Fiancée.jpgOn parle ici d'un homme, maintes fois portraituré par d'autres, avec justesse ou des envies de démolition, né sous la IIIe République et qui a vécu la Seconde Guerre mondiale, combattu en Indochine, en Algérie ; qui a croisé et vilipendé le général de Gaulle – qui lui a d'abord paru... « laid » : « Un héros doit être beau » – et François Mitterrand. C'est cet homme aujourd'hui isolé et déchu qui écrit sa misère et sa splendeur d'hier, ce chansonnier flétri et instruit qui affirme simplement nous « raconter l'histoire d'un Breton poussé dans la grande France ». Ce récit, qui s'interrompt en 1972, est celui d'un nationaliste en construction, tiraillé entre son souhait de devenir père blanc et celui de jouir de la vie. À cette force de la nature s'ajoute un goût pour la lecture, la poésie et des contes antiques, qui lui fourniront esprit et citations au moment de foudroyer l'ennemi politique. En de jolis passages dignes d'un petit manuel d'ethnologie, il nous raconte sa Bretagne rurale, maritime, pauvre. Les liens de la famille y sont puissants, comme le rapport au Ciel. On baigne dans un univers océanique, à la fois envoûtant et dangereux, et dans des mythes ancestraux, où l'on regarde la mort en face. On y retrouve l'ambiance de ces ports peuplés de marins, d'alcooliques et de marlous, comme on en croise dans les livres de Stevenson. Il nous instruit de ce jargon étranger pour qui n'a jamais goûté la « godaille » (le meilleur de la pêche), et soudain, les pages défilant, nous échappe la conscience que c'est Le Pen qui narre cette histoire, la sienne, tant les choses sont parfaitement décrites, avec patience et mélodie, avant, cependant, qu'un paragraphe ou quelques lignes d'où suinte la doctrine bien connue (sur le rap, l'Église, les Arabes, la gauche...) ne viennent interrompre l'élan.

     

    Ni héros ni collabo

    Le Pen-Enfant.jpgIl a écouté Pétain à la radio, il a lu Maurras et s'est accepté tel « un héritier ». Jugez-le, mais c'était le lot de beaucoup de mômes de l'époque. Il révèle avoir fait cinq jours de prison... chez les jésuites, se vante d'avoir participé à un acte de résistance dans le maquis de Saint-Marcel armé de son pistolet 6.35 et rit de ce qui pourrait (selon lui) ressembler à un acte de collaboration en indiquant son chemin à un Allemand. Ni héros ni collabo, horrifié par l'épuration, il avoue avoir été tenté d'intégrer, en 1944, un groupe de résistants... communistes. Sur cette période comme, quelques pages plus loin, sur l'Algérie, les « fact-checkeurs » se feront sans doute une joie de réviser la copie. Entre de Gaulle et lui, on comprend qu'il n'y a pas que des considérations esthétiques ou l'Algérie, il y a aussi Robert Brasillach, son auteur fétiche, capable par ses Poèmes de Fresnes et la tragédie de son sort de lui arracher une larme. En 1945, le général a refusé de le gracier. « Je ne le lui ai pas pardonné. » Le Pen nous donne à voir l'autre partie du décor d'avant Mai-68, le Paris de la Corpo de droit, ses castagneurs (il portait des talons sur des chaussures de foot) et ses dragueurs du Quartier latin, mais aussi celui de Poujade, qui remportait les voix et les cœurs de ce peuple de « vivandiers » des Halles, où se mêlaient dénuement social et nostalgie de l'Algérie. C'était le Paris de Boris Vian, de la revue anti-gaulliste L'Esprit public, des hussards et du copain Roger Nimier, qui tenait la littérature pour un art, et non comme un support de l'existentialisme.

    La dernière charge anti-gaulliste d'un opposant qui lui fit face

    À 89 ans, Jean-Marie Le Pen, alias le « lieutenant Borniol » pour avoir, lors d'une expédition à Suez, enterré de son propre chef des morts musulmans la tête en direction de La Mecque, couche ses souvenirs et, du début à la fin de ce premier tome, on y devine, outre le désir de clamer ses vérités, une sorte de pamphlet. Un pamphlet contre le général de Gaulle (« un faux grand homme dont le destin fut d'aider la France à devenir petite »), personnage récurrent. Ce livre, qui, soyons clairs, n'est pas de l'acabit des Mémoires de guerre de l'homme du 18 Juin, est la dernière charge anti-gaulliste signée d'un opposant qui lui fit face. Pour le reste, pas de mea culpa ni de révélations à même de bouleverser le regard porté sur lui. Le tome 2, qui inclura les débuts du FN, l'ascension du chef et, plus tard, de sa fille Marine, cédera peut-être lui aussi aux règlements de comptes. Le fils de la nation a de la mémoire. Reste cet aveu : « La politique après tout, ce n'était peut-être pas absolument mon truc. J'étais plutôt, comment dire ? Une vigie, une sentinelle, un lanceur d'alerte [...], un emmerdeur, un prophète ? »

    Extraits :

    «  Mes grands-parents ne savaient pas lire mais surent donner une vie décente à leurs enfants. Ma paysanne de mère était élégante et fière, mon père, patron pêcheur taciturne, avait navigué pendant la Grande guerre, à treize ans, mousse sur un cap-hornier, ces cathédrales de toile et de bois qui affrontaient les quarantièmes rugissants. A la maison, il n’y avait pas l’eau courante mais on aimait sa famille, son pays et Dieu – et la Bretagne aussi, avec ses îles, ses navires. L’instituteur et le curé nous apprenaient à les chanter ensemble. En somme, j’étais un petit Breton heureux dans la grande France.
    Puis vint la Seconde guerre mondiale. Le père est mort, la France était blessée, des curés m’ont dégoûté de Dieu. C’est alors que j’ai découvert la folie des hommes, Paris, l’université, l’Indochine, l’Assemblée nationale, l’Algérie. J’eus une épouse et des filles. La vie s’offrait, tantôt magnifique, tantôt désolante. Le petit Breton avait grandi, la France rapetissé. Pour la relever, j’ai choisi le combat politique.  »

  • Agression sexuelle : c’est toute la gauche qui fait la morale habituellement qui est accusée

     

    LAFONT Samuel.pngSamuel Lafont, conférencier et spécialiste en communication digitale, répond aux questions de Boulevard Voltaire au sujet du scandale qui éclabousse l'UNEF :

    "Samuel Lafont, le syndicat l’UNEF doit répondre aujourd’hui d’accusations de viol et d’agressions sexuelles. Cette information de Libération vous étonne-t-elle ?

    Je ne suis pas du tout surpris par ces accusations. L’UNEF est aujourd’hui accusée de harcèlement, viol ou agression sexuelle. Il y a quelque temps, c’était les mouvements de jeunes socialistes et des jeunes communistes. Pour moi, c’est toute la gauche qui fait la morale habituellement à toute la classe politique qui est accusée. L’affaire est très grave.

    Si on regarde l’article de Libération dans lequel plusieurs responsables de l’UNEF ont été cités. Je demande à monsieur Blanquier si une personne comme monsieur A. enseignant et syndiqué au SNES-FSU qui est cité peut rester enseignant s’il est condamné pour viol.

    Je veux également aborder le cas de monsieur Grégoire T. dont on soupçonne l’identité, parce qu’un compte Twitter de l’UNEF a été modifié dans la matinée puis supprimé. Il y a aussi Jean-Baptiste Prévôt, ancien de l’UNEF et travaillant pour l’ambassade de France à Malte, qui aurait utilisé son poste pour récupérer des numéros d’adhérentes dans les fichiers afin d’être très entreprenant envers elles.

    Comment expliquez-vous que ces faits aient pu être cachés aussi longtemps ?

    Je crois que plusieurs éléments peuvent expliquer cela. Certains militants de l’UNEF considèrent d’autres organisations étudiantes comme « coincées ». Je pense qu’au contraire, ce sont eux qui n’ont pas compris où se situaient les rapports normaux entre les personnes, ce qui leur vaut d’avoir des violeurs dans leurs rangs. Par ailleurs, il y avait peut-être un effet gourou quand Jean-Baptiste Prévôt était président du mouvement. Cela peut expliquer cette omerta. Il faut savoir que dans un mouvement comme l’UNEF, il y a des combats permanents pour obtenir la majorité. Il était donc facile pour les responsables de faire passer les accusations de viols comme liées simplement à des désaccords politiques. Il était en cela plus facile pour eux de cacher les choses’ mais la vérité éclate désormais au grand jour."

  • Réforme de la SNCF : manque de vision globale et à long terme

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    Le projet de réforme de la SNCF a fait les unes de la presse ces derniers jours. Comme bien souvent sur les sujets d'actualité qui nécessitent réflexion et hauteur de vue, les commentaires ont rarement été ce que l'on était en droit d'en attendre.

    L'association TGV SUD Territoires environnement de Béziers compte dans ses rangs des spécialistes du rail. Ses analyses sont toujours empreintes de bon sens, de compétence et de technicité.

    Elle vient de publier une lettre ouverte sur les rapports Duron et Spintta qui mérite votre lecture et votre attention. C'est, comme dans bien d'autres domaines "le manque de vision globale et à long terme" qui est dénoncé.

    Nous vous recommandons ce texte tout particulièrement.

    Henri Bec

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  • Les doublons de l’Etat en région épinglés par la Cour des comptes

     

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    Les Sages de la rue Cambon pointent les lacunes du transfert des compétences aux collectivités territoriales dans un rapport rendu lundi 11 décembre sur les “services déconcentrés de l’État”. La Cour des comptes critique les nombreuses structures en doublons et invite l'Etat à clarifier ses missions.

    Un gros coup de balai à mettre dans le mille-feuilles territorial… c’est ce qui ressort des recommandations du rapport rendu lundi 11 décembre par la Cour des comptes sur les services déconcentrés de l’État. Dans ces 270 pages, les Sages de l'institution fustigent l’Etat qui persiste à “vouloir conserver une présence et un rôle" dans des domaines qu’il a pourtant confiés aux collectivités, engendrant doublons de structures et gaspillages de moyens. Logement, routes, jeunesse, tourisme, formation, activités sportives... la liste dressée par les magistrats de compétences où coexistent des offices locaux et publics est longue. En matière de logement par exemple, le nombre élevé d’administrations déconcentrées de l’État - Préfectures, DREAL, DRJSCS, DDTM, DDCSPP, ARS - recensés par la Cour des comptes font ainsi doublons avec les acteurs locaux. Une confusion des rôles qui nuit à l'efficacité des moyens alloués au service rendu, comme l’ont constaté les magistrats pour la dégradation des routes nationales.

    Le rapport pointe également la mauvaise répartition des services et des effectifs dans les régions. Ainsi malgré la réforme territoriale, les sites des anciens chefs-lieux des régions fusionnées ont été conservés et aucune mutation géographique n’a été imposée aux agents publics. Dans les DRAAF (Direction régionale de l’agriculture, de l’alimentation, et de la forêt) des régions fusionnées, “la quasi-totalité des chefs de service et leurs seconds doivent gérer des équipes réparties entre plusieurs sites éloignés de 100 à 300 km et comptant souvent moins d’une dizaine de personnes dans chaque site”, souligne la Cour des comptes. Quant aux universités, de nouveaux postes de recteurs de grande région ont été créés sans supprimer les anciens… En égrenant 48 recommandations, les sages de la rue Cambon appellent l’Etat à clarifier ses missions et à revoir en profondeur son organisation territoriale.

  • Bruno Mégret : "La question identitaire et la question européenne sont désormais liées"

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    Maigret.jpgLors de l'édition 2017 du Forum de la dissidence, Bruno Mégret a développé un discours novateur sur la politique européenne en essayant de proposer une troisième voie entre l'européisme fédéraliste ambiant et le souverainisme intégral. Une position qu'il avait déjà défendue en 2005 au MNR. Extrait :

    "(...) Si la droite, que dis-je, si les droites françaises sont en ruine, alors un grand travail de refondation est maintenant à réaliser. Et ce travail voyez-vous, il ne passe pas d’abord par la rénovation des appareils, par des manœuvres de personnes ou des regroupements de circonstances. Il passe par les idées. C’est par les idées que les uns et les autres ont échoué. Et c’est par les idées que la droite se relèvera. Car il est aujourd’hui nécessaire de sortir des habitudes idéologiques et programmatiques qui ont été celles des partis de droite au cours des dernières années. Non pas bien sûr pour mettre en cause nos valeurs et nos convictions, mais pour les adapter au monde d’aujourd’hui, pour montrer qu’elles sont plus que jamais d’actualité et que, si nous les défendons depuis longtemps, elles sont plus neuves que jamais (...)

    La position des Républicains était de soutenir l’Europe de Bruxelles, conformément aux injonctions du système. La position du Front National était d’en sortir conformément à ses principes souverainistes. Or, ces deux options sont des impasses et l’électorat l’a senti confusément qui les a rejetées l’une comme l’autre. Et ce double refus, celui de l’Europe bruxelloise comme celui de la sortie de l’Europe, nous amène, me semble-t-il au cœur des enjeux d’aujourd’hui. Car je suis convaincu que la question européenne est désormais la pierre angulaire du renouveau de la droite. Pourquoi ? Pour une raison fondamentale. Parce que la question identitaire et la question européenne sont désormais liées. Aujourd’hui on ne peut plus les séparer. Et quand on les sépare, ça ne marche pas ! Bruxelles qui prétend unir l’Europe mais qui refuse de défendre nos identités, ça ne marche pas. Le FN, qui prétend défendre nos identités et qui tourne le dos à l’Europe, ça ne marche pas non plus. Et il y a à ceci une explication simple : notre identité est nationale mais aussi civilisationnelle et notre civilisation est européenne ! (...)

    Une réalité que l’on côtoie tous les jours avec l’immigration par exemple. Car cette immigration massive et incontrôlée qui déferle sur notre sol et qui compromet notre identité, c’est à un antagonisme de civilisation qu’elle conduit. Le problème ne vient pas de la nationalité des migrants ou de celle des populations chez qui ils s’installent. Peu importe que ce soient des Tunisiens, des Turcs ou des Soudanais ! Peu importe qu’ils se rendent en France, en Allemagne ou en Italie ! Le problème vient de ce qu’ils appartiennent à la civilisation islamique ou africaine et qu’ils s’implantent dans des pays de civilisation européenne et chrétienne !

    Et cette réalité, chacun la vit au quotidien. Car ces migrants qui nous imposent leur présence quasiment de force, nous sont totalement étrangers. Avec eux, nous ne partageons rien, nous n’avons pas la même religion, ni les mêmes racines, ni les mêmes valeurs, ni le même mode de vie. Une configuration qui crée sur notre sol un antagonisme civilisationnel, un choc des civilisations entre la nôtre et la leur (...)

    Qu’est-ce que le terrorisme islamique, sinon l’une des formes les plus violentes du choc des civilisations ? Et qu’est-ce que la concurrence sauvage que nous impose la Chine si ce n’est une guerre économique sans merci et une autre forme également agressive du choc de civilisation ? (...) La plupart des maux que nous endurons viennent de l’agression que subit notre civilisation sur notre sol comme à l’échelle du monde. Une agression d’autant plus dommageable que nos dirigeants semblent l’ignorer complètement. Ils l’ignorent s’agissant de l’immigration. Ils l’ignorent s’agissant du terrorisme islamique. Ils l’ignorent s’agissant de la guerre économique. Ils l’ignorent s’agissant des antagonismes géopolitiques. Résultat : dans ce monde multipolaire et dangereux, l’Europe reste là, faible, décadente et divisée. Politiquement éparpillée, sans force armée conséquente, progressivement dépossédée de son appareil industriel, rongée par la haine d’elle-même et la repentance, elle ne se préoccupe que de moralisme et de bien-pensance. Et comment en serait-il autrement, avec des dirigeants qui réduisent l’identité de l’Europe à de prétendues valeurs comme le refus des discriminations ou le vivre ensemble ? (...)

    Et pour ouvrir cette voie, il faut répondre à deux impératifs.

    Le premier est d’ordre idéologique et concerne notre identité.Avec cette affirmation fondamentale que notre identité n’est pas seulement nationale, elle est civilisationnelle. Elle n’est pas seulement française, elle est européenne (...) Dans cet esprit il faut maintenant militer, au-delà de la préférence nationale, pour une préférence civilisationnelle qui donne la priorité aux nationaux mais aussi aux Européens. Il faut également, au-delà du patriotisme français, œuvrer à l’émergence d’un patriotisme européen qui en plus de la fierté nationale exalte aussi celle d’appartenir à notre civilisation européenne et chrétienne (...)

    Il faut ériger l’Europe en un pôle de puissance ! (...) Cela veut dire qu’il faut créer une Union nouvelle, radicalement différente de l’organisation bruxelloise. Une Europe qui rendrait aux États l’essentiel de leurs prérogatives ordinaires et qui se libérerait de toutes les structures bureaucratiques de Bruxelles. Une nouvelle Europe qui serait dirigée, selon le principe confédéral, par les seuls États membres et qui, forte de cette direction allégée, transparente et respectueuse des nations, se consacrerait exclusivement à l’essentiel, c’est-à-dire à l’identité, à l’indépendance et à la puissance collective des peuples européens.

    Cette Europe-là aurait pour mission de protéger ses frontières et de stopper l’immigration, de réguler les échanges économiques avec le reste du monde et de réindustrialiser le continent, de faire de l’euro une monnaie de change et de réserve qui serve l’Europe comme le dollar sert les États-Unis. Cette nouvelle Union serait aussi dotée d’une Alliance militaire européenne qui libèrerait l’Europe de l’Otan et de la tutelle américaine. Car il s’agirait dorénavant de traiter d’égal à égal avec les États-Unis et de nouer une alliance stratégique avec la Russie. Bref, il s’agirait de rendre à notre civilisation son autonomie, sa force et son rayonnement (...)

    Avec cette ligne politique la droite réconcilierait construction européenne et défense de notre identité. Pour la première fois elle aurait un projet qui s’enracinerait dans la fidélité à nos valeurs mais qui, dans le même temps, répondrait aux réalités du monde aujourd’hui. Le projet d’Europe puissance, c’est pour la droite la synthèse féconde entre tradition et modernité (...) Avec cette ligne civilisationnelle et européenne, la droite trouverait la crédibilité gouvernementale et le positionnement à la fois moderne et antisystème qui lui sont nécessaires pour répondre aux défis du siècle. Elle pourrait alors retrouver une dynamique de succès et assurer enfin sa mission au service de notre peuple et de notre civilisation (...)

    Cela étant dit, j’entends déjà l’objection : tout ça c’est bien beau mais ce projet, c’est impossible. Eh bien non, ce n’est pas impossible, c’est nécessaire ! Et si c’est nécessaire, il y a une voie pour le rendre possible et, je vous l’affirme, cette voie existe. D’abord si ce projet paraît impossible, c’est uniquement parce que tout le monde le considère comme tel. Et cette unanimité n’est pas un hasard, elle a été forgée par le Système. Le Système qui naturellement est foncièrement hostile à l’Europe puissance. Et il a si bien réussi à l’occulter que personne ne le propose. Selon la pensée unique, il n’y aurait en effet qu’une seule alternative : ou on soutient l’Europe de Bruxelles ou on milite pour la sortie de l’Union.

    Mais la réalité c’est précisément qu’il y a une autre voie qu’il nous faut maintenant faire connaître. Et telle devrait être la démarche de la droite : il faut qu’elle se fasse le héraut de cette Europe puissance. En politique, avant de se concrétiser, un projet doit d’abord exister par le verbe. La droite doit donc porter cette ligne politique nouvelle et en assurer la promotion.

    Aujourd’hui la droite, qu’elle soit républicaine ou nationale, est en plein désarroi et s’enlise dans les questions du quotidien et les débats politiciens. Si elle veut se relever, elle doit entreprendre une grande rénovation idéologique et, dans la fidélité à nos valeurs, elle doit porter une vision d’avenir pour notre civilisation. En clair, le moment est venu pour elle de faire bouger les lignes et d’incarner ce projet identitaire européen (...) nous sommes à la croisée des chemins : ce sera le déclin ou le renouveau. Et le renouveau c’est le projet d’Europe puissance, celui qui sauvera notre identité et nos valeurs, celui qui redonnera à notre civilisation sa place dans l’histoire et dans le monde."

  • Une droite en recomposition

     

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    Par Gérard Leclerc

    La France Catholique

    L’étonnante victoire d’Emmanuel Macron doit-elle être interprétée à l’aune d’un progressisme revivifié, ou comme le veut le politologue Philippe Raynaud [1], d’un centrisme enfin assumé au sein de la Ve République ? Ce n’est qu’à l’épreuve du temps que pourra se confirmer la volonté de dessiner une voie originale, qui concilie «  en même temps  » des inclinations contrastées. Ce qui est sûr, c’est que la droite et la gauche, qui ont assumé alternativement le pouvoir depuis 1958, se trouvent l’une et l’autre «  à la ramasse  » et dans la nécessité d’une refondation. Du côté socialiste, cette refondation est d’autant plus problématique qu’aucun leader n’apparaît encore sur la scène publique, capable de fédérer les énergies et d’apporter une impulsion idéologique pour marquer un espace de gauche entre le réformisme macronien et le gauchisme mélenchoniste. La droite a trouvé, elle, en la personne de Laurent Wauquiez un authentique chef de file, en dépit de l’opposition directe des principales figures de l’ancienne UMP juppéiste. Mais la volonté farouche de se revendiquer d’une droite décomplexée n’est pas indemne d’ambiguïtés intellectuelles et de difficultés stratégiques.

    Le principal reproche adressé au nouveau président des Républicains consiste dans la proximité de sa thématique avec celle du Front national. Son insistance sur l’angoisse identitaire, ses réserves prononcées sur le fonctionnement des institutions européennes, et plus encore son inflexibilité sur les flux migratoires le placeraient sur le même terrain que Marine Le Pen, dans une sorte de rivalité directe. L’objection est d’autant plus recevable que la dirigeante du Front national est elle-même dans un processus de refondation de son parti, pour parachever sa rupture avec l’extrémisme provocateur de son père et passer d’une posture contestataire à une position d’accession aux responsabilités. L’échec cuisant du face-à-face avec Emmanuel Macron entre les deux tours de la présidentielle a imposé la nécessité d’une métamorphose décisive, qui place le Front national dans une situation stratégique où il ne peut que disputer le leadership de la droite aux Républicains. Sauf à envisager une alliance avec eux, qui apparaît d’autant plus improbable que Laurent Wauquiez y perdrait toute chance d’affirmer son orthodoxie farouche.

    Le fait de ne pas être aux affaires du pays laisse plus de possibilité de redéfinition intellectuelle, le pouvoir obligeant le plus souvent à privilégier le pragmatisme face aux problèmes concrets à résoudre dans l’urgence. La droite est-elle disposée à se remettre en cause, en participant notamment à la réflexion de tout un secteur en effervescence, où s’affirment singulièrement les jeunes talents ?

    La Manif pour tous, de ce point de vue, a constitué un choc moral qui a désinhibé une pensée, jusqu’ici interdite d’expression publique du fait d’une hégémonie de gauche, singulièrement de ce que Jean-Pierre Le Goff appelle «  le gauchisme culturel  », tel qu’il s’est façonné depuis 1968. Cette effervescence se manifeste de diverses manières, dans des cercles de pensée, dans des publications périodiques, dans des ouvrages qui révèlent des personnalités. C’est à un point tel qu’on a pu dire que le mouvement des idées en France, défini par Albert Thibaudet (comme «  sinistrogyre  », c’est-à-dire inéluctablement tiré vers la gauche) s’était inversé pour devenir «  dextrogyre  ».

    Quoi qu’il en soit, une des manifestations de cette tendance dextrogyre, s’est traduite dans la publication d’un Dictionnaire du conservatisme [2], qui a le mérite d’approfondir une pensée de droite, au-delà des clichés et des stigmatisations. Le principal avantage d’une telle entreprise est de montrer, en effet, la complexité d’une histoire qui ne se ramène pas aux réflexes primaires que l’on reproche aux adversaires prétendus du progrès. Y a-t-il un raccord possible entre cette réflexion dévolue aux spécialistes proches des cercles universitaires ou familiers de certains cénacles avec le monde de la politique pratique ? Oui, sans doute, mais il n’est pas totalement avéré. Dans la vaste recomposition actuelle, il reste une hypothèse qui pourrait prendre corps.

    [1] Philippe Raynaud, Une révolution bien tempérée, DDB, 200 pages, 16,90 €.

    [2Dictionnaire du conservatisme, sous la direction de Christophe Boutin, Frédéric Rouvillois, Olivier Dard, Cerf, 1 072 pages, 30 €.

  • Suite au Brexit, faisons du français la langue commune de l'Union européenne

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     5 questions du Salon beige à Arnaud-Aaron Upinsky, Président de l’Union nationale des Ecrivains de France (UNIEF)

    Upinsky Arnaud-Aaron.jpg1) Vous proposez de profiter du Brexit pour faire du français la langue de l’Europe. Pourquoi ?

    Mon appel du 20 novembre 2017 au Président Macron, Protecteur de l’Académie française, pour qu’il engage la « Reconnaissance du français comme la langue commune de l’Europe », est parti de trois constats :

    1. De son Discours de la Sorbonne du 26 sept. 2017 : « Pour une Europe souveraine, unie, démocratique », visant à faire de l’Europe une Puissance ;

    2. Du « cri d’alarme[1] » que l’Académie française vient de lancer au monde dans sa déclaration du 26 octobre 2017 en déclarant : « la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui redevable devant les générations futures[2] » ;

    3.  Du Brexit faisant que l’anglais n’est plus une langue de l’Union européenne. Désormais l’Europe, la première puissance économique au monde, visant à cesser d’être un nain politique, ne saurait parler la langue du « concurrent » sans trahir son impuissance et son asservissement. « Unie » pour parler au monde d’une seule voix, elle doit nécessairement disposer de sa propre langue. A tous égards, le français, ce « latin des modernes » porteur du creuset grec, est la seule langue européenne à pouvoir remplir pleinement ce rôle de langue commune. « Contrairement à l’anglais [qui] n’est pas un outil de communication international fiable[3] ", le français possède les trois caractères du latin ayant permis à l’empire romain d’exercer un gouvernement international durable – économique, politique et spirituel –, sur des peuples les plus divers, en constituant une langue qui soit à la fois : "universelle, immuable, non vulgaire[4]" ». Ma lettre ouverte au Président Macron précise les trois leviers multiplicateurs de puissance que le français doit donner à l’Europe en termes :

    1. De « Rayonnement linguistique et culturel » pour permettre au marché européen de 510 millions de personnes de supplanter celui des 320 millions du marché américain ;

    2. De « Compétitivité Économique », en stimulant ses flux commerciaux d’environ 33 % ;

    3. De « Puissance politique ». Ce n’est pas l’épée, mais le Verbe qui est l’axe du monde ! Entre le « modèle européen » et le « modèle anglo-saxon », c’est une lutte à mort. Le « Softpower » anglo-saxon est en train d’imposer ses « standards » de prêt-à-penser au monde entier. « La Renaissance ou la mort de la langue française ! », il n’y a pas de troisième voie. La jeune génération est en train de passer à l’anglais et la seule manière de sauver le français est de lui offrir une sortie par le haut : en le faisant reconnaître comme la langue commune de l’Europe. Ce choix du français universel comme langue commune est également la seule manière de sauver l’Europe de son statut de nain politique ! Le Brexit est donc une chance historique « unique » à ne pas manquer !   

    2) Ne craignez-vous que cette proposition se heurte aux autres pays de l’Union, notamment ceux qui parlent une langue répandue dans le monde ?

    Au contraire. Il faut une langue commune « européenne » à l’Europe-Puissance, et l’anglais est désormais une langue étrangère. Quant à l’espagnol et à l’allemand, ils ne peuvent ni l’un ni l’autre rivaliser avec la langue française, langue diplomatique internationale par excellence qui fut, depuis le 17ème siècle, la langue commune naturelle de l’Europe : jusqu’au milieu de la construction européenne, avant de décliner après la rentrée de la Grande Bretagne en 1973. Parlée sur les cinq continents, elle est, après l’anglais, la langue la plus utilisée dans les organisations internationales, elle est une des trois langues de travail de l’union européenne, avec l’allemand et l’anglais ; elle est la plus claire et la plus prestigieuse, au point d’être la langue unique dans les délibérés de la Cour de justice européenne. Un des buts de notre pétition en ligne « Pour la reconnaissance du français comme langue commune de l’Europe ! » est précisément de manifester le soutien des autres pays européens. A l’inverse de vos craintes, nous avons actuellement plus de soutiens de la part des autres pays de l’Union européenne que des Français, avec en second les Espagnols dont pourtant la langue est quantitativement plus répandue dans le monde. Tous les Européens comprennent, notamment les Italiens envahis par l’anglais, que faire du français la langue commune de l’Europe est le seul moyen de mettre un coup d’arrêt au rouleau compresseur du « Tout-anglais » : de préserver la diversité et le génie propre de toutes les langues en Europe.

    3) De façon générale, la stratégie des défenseurs de la francophonie semblait plutôt, jusqu’ici, consister en une alliance avec d’autres espaces linguistiques pour éviter l’hégémonie de l’anglais. Vous opposez-vous à cette stratégie et, si oui, pourquoi ?

    Il n’y a pas de véritable stratégie des « défenseurs de la francophonie ». On juge un arbre à ses fruits. Lorsque l’État français a pris la tour Eiffel pour y illuminer son slogan en anglais pour les JO de Paris 2024, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) n’a rien dit. Seules trois associations de Défense de la langue française, dont la nôtre, sont allées au procès, en faisant disparaître le slogan anglais ! Qui dénonce la réduction des textes en français à 5 % à la Commission européenne ? Qui a dénoncé la non-réponse du Président de la République à l’appel solennel de l’Académie française, du 5 décembre 2013, lui demandant de faire de 2014 l’année de la « Reconquête de la langue française » ? Qui a demandé de mettre la langue française au cœur des Présidentielles 2017 ? Qui demande au chef de l’État de parler au monde en français et non en anglais ? Qui lui demande, aujourd’hui, de faire du français la langue de l’Europe et d’en faire la première langue véhiculaire internationale au monde ?     

    4) Le ministère russe des Affaires étrangères semble suivre avec intérêt votre démarche. Pouvez-vous nous en dire davantage sur la vision russe du sujet ?

    Ce sont les Russes qui, les premiers, après la publication de ma lettre au Président de la République,  m’ont demandé de publier  un entretien dans le magazine officiel (Interaffairs.ru) du chef de la Diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Le titre choisi – « Le français doit devenir la langue intercommunautaire de l’Europe au grand dam de l’anglais » – fait apparaître d’évidence le remplacement de l’anglais par le français, à la tête de l’Union européenne, comme la « nouvelle » doctrine de la diplomatie russe. La raison géopolitique en est simple, comme l’a mis en lumière la Table ronde organisée, le 9 janvier 2017 à Paris, par le Mouvement européen, réunie sous le titre : « Relation Russie et UE ; je t’aime, moi non plus ? » Tandis que les Russes sont hostiles à 80 % à l’Union Européenne, ils sont fascinés par la France. Et la diplomatie russe, pour le tricentenaire du voyage de Pierre le Grand en France, voit donc dans l’adoption de la langue française comme langue commune de l’UE, le puissant levier de solidarité et de reconstruction de l’Europe, chère à De Gaulle, qui s’impose pour rétablir un langage « diplomatique » commun de l’Atlantique à l’Oural, sur la base culturelle d’une Civilisation partagée dont la France est la figure emblématique.

    5) Vous vous présentez une nouvelle fois à l’Académie française. Quels sont vos objectifs pour cette nouvelle campagne ?

    C’est l’académicien Philippe Beaussant, Président de la Défense de la Langue française (DLF), mort à la tâche, qui m’a demandé de me présenter à l’Académie pour répondre à l’appel que M. Maurice Schumann avait lancé, le 30 janvier 1975, d’une totale actualité : « Le temps n’est plus où l’Académie française régnait sur un héritage. L’attrait du français est intact, son rayonnement et son cheminement sont contrariés. Il nous faut maintenant forger pour la défense et l’illustration de la langue les armes d’une vraie reconquête. » Mon objectif est d’appliquer le plan dont Philippe Beaussant m’a fait le légataire et dont j’ai exposé les grandes lignes dans ma lettre au Secrétaire perpétuel du 19 octobre 2016, sous le titre éloquent : Plan de bataille « A la reconquête de  langue française  » ! A ce jour, je suis le seul candidat ayant cette Reconquête pour objectif de campagne.

    [1] Déclaration de l’Académie française sur l’écriture dite « inclusive », du 26 octobre 2017.

    [2] Idem.  

    [3] L’anglais correct pour les nuls, Claude Raimond, First Editions, 2004, p. 25.

    [4] Le latin langue de l’Église, Bernadette Lécureur, Spses, 1964, p. 153.

  • SDF : Sébastien, 46 ans, mort à Calais, Fred, 48 ans, à Arcueil, Jean, 66 ans, à Drancy …

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    La misère française indiffère nos politiques, Macron ne voit que la détresse des migrants.

    Ce malheureux fait partie de nos 140 000 SDF et de nos 9 millions de pauvres.

    La préférence étrangère est devenue la norme puisqu’un sans papiers a une couverture santé à 100%, alors que 5 millions de Français n’ont pas de mutuelle et diffèrent leurs soins faute de moyens.

    L’AME soigne 300 000 sans papiers pour un coût d’1 milliard par an, budget qu’Emmanuel Macron s’est empressé d’augmenter malgré les innombrables abus et fraudes que connaît cette aide médicale, largement dénoncés par certains médecins, mais volontairement ignorés par le pouvoir.

    La préférence étrangère est la norme puisqu’un étranger n’a pas besoin d’avoir travaillé ni cotisé pour percevoir à 65 ans 800 euros par mois de retraite mensuelle, ou 1250 euros pour un couple, soit bien davantage que bon nombre de nos paysans qui crèvent de faim avec 350 euros par mois, en travaillant 15 heures par jour, 7 jours sur 7 et 365 jours par an, sans repos ni vacances.

    Pendant que les enfants de nos paysans n’ont jamais vu la mer, sachez qu’un migrant mineur isolé coûte 50 000 euros par an au contribuable. Ils sont 25 000 mineurs arrivés en 2017 pour un coût d’ 1,250 milliard.

    La préférence étrangère est la norme puisque les migrants sont logés en priorité, alors que de jeunes couples français attendent depuis 8 ans un logement social afin d’avoir leur premier enfant.

    Dans notre France de 2017, il faut mieux être clandestin que Français modeste.

    En effet, nos 140 000 SDF sont abandonnés au froid et meurent par centaines chaque année dans l’indifférence générale, pendant que les migrants sont logés à l’hôtel et même dans des châteaux réquisitionnés.

    Selon le ministère de l’Intérieur, entre 15 000 et 25 000 clandestins sont logés à l’hôtel !!

    On se souvient que lors d’un débat entre les candidats de la campagne électorale, Léa Salamé avait évoqué le cas de 3  SDF morts de froid, et avait avancé le chiffre de 454 SDF morts dans la rue en 2016.

    Sébastien, 46 ans, mort à Calais. Fred, 48 ans, mort à Arcueil et Jean, 66 ans, mort à Drancy.

    En fait, ces exemples tirés des chiffres du Collectif Les morts de la rue, n’étaient que partiels et correspondaient uniquement aux morts signalés.

    En 2014 ce sont 2908 SDF qui sont morts dans la rue et en 2015, ils étaient 2838 à avoir perdu la vie, abandonnés par la République.

    Il faut être un clandestin pour avoir le droit d’être logé à l’hôtel aux frais du contribuable…

    Emmanuel Macron, comme il fallait s’y attendre après sa campagne présidentielle tiers-mondiste, a fait le choix de faciliter l’accueil des migrants et d’augmenter de 30% le budget alloué à cette politique.

    Dans le même temps il diminue de 8% le budget de la lutte contre les clandestins.

    Rappelons que le nombre d’éloignements est tombé de 36822 en 2012 à 28000 en 2017, alors que les chiffres de l’asile ont doublé et que le tsunami migratoire s’amplifie.

    Il suffit de voir l’explosion des camps sauvages qui transforment Paris en ville du tiers-monde et détruisent la vie des riverains, pour comprendre que l’Elysée n’a aucune intention de régler le problème.

    Certains quartiers de la Ville Lumière, n’ont rien à envier à Soweto ! La presse étrangère en reste consternée et multiplie ses reportages sur cette tiers-mondisation acceptée et assumée par les politiques.

    De nombreux riverains, n’en pouvant plus de vivre dans la crasse et l’odeur des bidonvilles, vendent leur appartement à perte et les petits commerçants envisagent de fermer boutique avec un chiffre d’affaires en chute libre. Mais cette détresse 100% française n’intéresse pas les médias et nos élites, qui n’ont toujours pas compris que le raz de marée migratoire va les atteindre aussi, transformant leur quotidien en enfer. Question de temps.

    Alors que l’Inde s’enrichit et devrait devenir la 5e puissance économique du monde en 2018, dépassant la France et l’Angleterre, Paris se transforme peu à peu en Calcutta des années cinquante.

    C’est ça la politique de Macron qui refuse de fermer les frontières.

    Jacques Guillemain

    Riposte Laïque

  • Il est terrible pour un pays d’avoir pour chef un esprit faux.

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    Par Hilaire de Crémiers

    Politique magazine

    Notre président s’agite : il essaye d’être sur tous les fronts. Partout, ce ne sont que discours, les uns soigneusement préparés, prolixes autant que minutieux, les autres jetés à la venvole comme autant de propos perdus où se glissent des répliques incongrues qui ne révèlent que trop ce que l’homme est et ce qu’il pense.

    Des réformes. Pourquoi ?

    Il s’exténue et il exténue ses ministres à tenter de résoudre des problèmes, en fait, dans le cadre actuel, sans solution. Il le sait, d’ailleurs, pertinemment. Plus rien de ce dont s’occupent l’État et les pouvoirs publics, ne fonctionne correctement en France. Les premiers à le dire sont les ministres concernés : « le pays est à réparer ». Bravo pour ceux qui sont passés avant !

    Des mesures sont prises ; les fameuses ordonnances promulguées ; des lois votées à tour de rôle. Après l’annonce d’une renaissance qui se ferait grâce à la vaste conception d’un programme différent, plus intelligent et mieux adapté que tous les autres, ces mesures, décidées les une après les autres, paraissent quelque peu dérisoires et personne ne comprend ni ne voit quel bénéfice en tirer. Chacun, en revanche, évalue ce qu’il va lui en coûter, particuliers ou collectivités : moins d’aides, voire pour certains beaucoup moins ; moins de revenus ou de recettes, voire beaucoup moins. Inutile ici d’aller dans le détail. Les coups de rabot sur certains secteurs deviennent des coups de hache : emploi, logement, bâtiment, administration des territoires et des collectivités à qui sont retirés 13 milliards au bas mot, industrie, commerce, tout en souffrira.

    On a beau dire, au vu de quelques chiffres, que la situation s’améliore ; le citoyen de base a le clair sentiment du contraire. Les responsables publics savent fort bien, eux, qu’ils ne peuvent plus arriver à faire vivre les communautés, les collectivités, les institutions et les établissements dont ils ont la charge. Si l’on savait au moins à quoi sert l’effort exigé !

    Très joli de dire que la flexisécurité (!) revitalisera le marché du travail et redynamisera l’économie : vient un moment où les mots ne sont plus que des mots. Plus personne n’est content. Groupe après groupe, corps après corps, profesion après profession, tous se retournent contre un président et un gouvernement dont il est permis de se demander s’ils ont encore le souci des Français.

    Leur cote de popularité, paraît-il, remonte ; mais que signifie-t-elle ? Les évènements prennent peu à peu une allure tragique : pas seulement à cause des menaces du terrorisme, mais à cause d’un sentiment diffus d’insécurité générale que tout le monde éprouve, nationale et sociale, morale autant que matérielle. Que dire aux Français qui voient démanteler et brader, avec le consentement des plus hauts responsables, leurs plus beaux fleurons industriels, les uns après les autres, dont Alstom est l’exemple-type ? Et sacrifier leur agriculture à l’Europe et aux traités imposés de la mondialisation ? Et livrer leur commerce à un libre-échange aberrant ?

    L’Europe seule

    Macron, que peut-il ? Que fait-il ? Eh bien, c’est là toute la question ! Il suffit de bien l’écouter pour comprendre ? Il est, au fond, indifférent à la situation française actuelle ; à la vérité, il se considère comme au-dessus. Il s’active, certes, mais il resitue ses actions dans le plan grandiose qu’il a dans la tête et qui, pour lui, est le guide de sa réflexion et de sa vie. Il le dit clairement : les réformes qu’il entame pour la France, ne sont entreprises que pour satisfaire à des exigences futures, premières adaptations qu’il envisage progressivement pour mettre la France d’hier à l’heure de l’Europe de demain. Pas de l’Europe d’aujourd’hui ! De l’Europe de demain dont il a conscience d’être le promoteur attitré et dont il exerce en vertu d’un charisme supérieur la mission prophétique. Entendez-le proférer son oracle sur la Pnyx, devant le Parthénon ! Écoutez-le enseigner son docte savoir à la Sorbonne : il délivre en longues phrases qui se veulent lyriques, son message au nouveau peuple de l’Europe qu’il interpelle pour l’engager sur la voie sublime de l’avenir. Il sait ce qu’il faut à l’Europe ; il le propose ; il va même l’imposer. « La feuille de route », comme il dit, de la nouvelle Europe, celle qui doit la sortir des erreurs du passé récent pour retrouver l’élan des pères fondateurs, est déjà établie. Et par ses soins. Il possède la vision, la vraie, l’intelligente, celle à laquelle tous ne peuvent que se rallier.

    C’est une refondation, mais non bureaucratique et normative. « Ceux qui voudraient fantasmer une identité figée ne savent donc pas quel est le mythe né sur ces rives : celle d’une métamorphose constante… ». Voilà l’idée qui doit stimuler l’imagination ! Rien n’est pire que « le rétrécissement sur les frontières », « le recroquevillement ». L’Europe des chiffres et des techniques y avaient cédé, en quelque sorte.

    La souveraineté ne doit plus appartenir aux nations, aux États. C’est à l’Europe nouvelle d’assumer toute la souveraineté qu’il est nécessaire et moral d’arracher aux nationalismes, car le nationalisme est le mal absolu, principe de haine et de division. « Le repli national est un naufrage collectif » ; toute action limitée au cadre national n’est plus, de nos jours, qu’« une absurdité ». Qui ne saisit qu’une réforme institutionnelle s’impose dans la logique de cette conception ? « Il faudra inventer une gouvernance forte qui nous fera souverain, avec un budget de la zone euro, avec un véritable responsable exécutif de cette zone euro et un parlement de la zone euro devant lequel il devra rendre compte. » Et déjà, lance-t-il, « je veux défendre pour les prochaines élections européennes des listes transnationales » !

    Les peuples ne sauraient dire « non » ; sinon – et c’est ce qui est arrivé – les dirigeants sont obligés de manœuvrer dans l’hypocrisie. Pas de référendum donc, mais de la pédagogie : « Que partout où les dirigeants choisiront de suivre cette voie, et je le souhaite avec ardeur, dans chacun des États membres, nous puissions pendant six mois (le premier semestre 2018 !) organiser des consultations, des conventions démocratiques qui seront le temps durant lequel partout dans nos pays nos peuples discuteront de l’Europe dont ils veulent. ». Et ce sera, bien sûr, l’Europe de Macron ! N’est-ce pas génial ? Ce sera, dit-il, « la vraie démocratie », « la vraie souveraineté », car ses propositions ont toujours cette caractéristiques d’êtres « vraies ». Le reste est fausseté, mensonge, stupidité, incohérence. Les « il faut », les « on doit », les « je veux » rythment ses phrases, toutes impérieuses, qui déroulent son plan implacable et grandiose.

    Du mauvais Hugo

    Et, dans son discours à la Sorbonne, d’énumérer tous les domaines, en insistant sur le numérique, bien sûr, pour faire ultra-moderne, où cette Europe souveraine, enfin démocratique, s’imposera comme la grande puissance du futur. Merveille qui éclairera l’humanité tout entière et d’où rayonneront sur le monde les valeurs de l’Humanité, du Droit, de la Justice et de la Culture.

    Ah ! la culture, comme Macron en parle, quand il évoque cette Europe « plurilinguistique » – eh, oui ! – où tout jeune aura à cœur de parler au moins deux langues ! Lesquelles, au juste, direz-vous ? Le français ? Que bientôt le petit Français ne saura plus ? Vous n’y êtes pas : « Nous sommes, nous, Européens, les habitants de cette improbable Babel que la diversité des langues et des traditions ne cesse d’enrichir et d’enthousiasmer ! » Là, Macron fait plus fort que le vieil Hugo dans tous ses délires !

    Pour mener à bien ce projet immense, il jette à la volée des idées qui se traduiront, annonce-t-il, en autant de « chantiers ouverts », « d’autorités » instituées, « d’agences » créées, « d’assises » tenues, des trucs, encore des trucs, toujours des trucs ! L’Europe de la simplification ! Quoi !

    Comme citoyen d’Europe, lui qui se dit « jupitérien », il a cité, avec aplomb, Périclès « l’Olympien» et désigné le Parthénon comme le temple fondateur, oubliant que Périclès, aristocrate défenseur du peuple, n’était guidé que par la seule pensée de la grandeur d’Athènes qu’il mettait au-dessus de tout, et que le Parthénon était le temple de l’unique Athéna, la déesse protectrice de la cité. Rien de plus contraire à toutes ses billevesées. Au mieux, Macron n’est qu’un médiocre Isocrate, prêt à livrer au Thrace, au Barbare, la merveille unique de la civilisation française.

    En vérité, Macron n’est qu’un faux prophète : ses promesses de bonheur se tourneront en malheur !

  • La stratégie de Patrick Buisson pour la droite : "Plumer la volaille frontiste" !

     

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    L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy conseille à Laurent Wauquiez de reproduire la même stratégie qu'à la présidentielle 2007.

     

    Patrick Buisson ne perd pas le nord. Pour l'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, la droite, pour reconquérir le pouvoir, doit "plumer la volaille frontiste" et non chercher à "occuper l'espace central parfaitement occupé par Emmanuel Macron".

    "Je n'ai jamais plaidé pour une alliance entre les Républicains et le Front national. Je suis exactement sur ce qu'était la ligne du Parti communiste en 1936 à l'égard de la SFIO : plumer la volaille socialiste, disaient les communistes lorsqu'ils ont fait alliance avec la SFIO. La droite, pour redevenir une force d'alternance, n'a pas d'autre choix que de plumer la volaille frontiste", a exposé, mardi 21 novembre, Patrick Buisson sur France-Inter.

    "La seule façon dont la droite peut reconquérir le pouvoir, ce n'est pas en occupant l'espace central, le spectre du centre parfaitement occupé par Emmanuel Macron aujourd'hui. Emmanuel Macron remplit merveilleusement cette tâche, plutôt d'ailleurs au centre-droit qu'au centre-gauche, mais il couvre cet espace. La seule combinaison possible, c'est l'alliance électorale, la convergence électorale de la droite conservatrice, celle qui a porté Fillon à la primaire, et de l'électorat populaire", a développé Patrick Buisson.

    Faire comme de Gaulle en 1947

    Laurent Wauquiez, dont Patrick Buisson louait les qualités dans un récent livre, "ne se trompe pas du tout puisqu'il s'agit d'aller récupérer ces électeurs qui devraient ou qui pourraient être le soutien naturel de la droite. Que fait de Gaulle en 1947 quand il crée le RPF ? Il va chercher toute une partie de la droite", "il ramasse tout le monde".

    Laurent Wauquiez, favori pour la présidence des Républicains (10-17 décembre), a opposé une nouvelle fin de non-recevoir à Marine Le Pen qui lui suggérait de lui "proposer une alliance".

    "Il n'y a pas besoin de parler comme Marine Le Pen pour parler de la nation, du patrimoine national, de l'identité, du mode de vie, du localisme, des circuits courts, de l'enracinement, de tout ce qui constitue la convergence entre l'électorat conservateur et l'électorat populaire". "D'ailleurs Marine Le Pen n'en parle pas", a dit Patrick Buisson.

  • Spécial impots fonciers - La leçon est sans appel !

    Ils tempêtent, ils critiquent, ils stigmatisent, ils discriminent ... mais ils sont les derniers de la classe, eux qui, sur le territoire de l'agglo veillent le moins bien sur les intérêts de leurs administrés !

    Eh oui, après avoir baissé les impôts dès leur arrivée, l'équipe municipale de Béziers peut s'honorer d'être la commune qui a le moins augmenté les impôts fonciers, malgré la baisse des dotations de l’État, tout en procédant à une magnifique remise en état de la ville. Les discours lénifiants, c'est bien, les réalisations, c'est mieux !

     

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    Le ponpon : 17,20 % d'augmentation ( Béziers 4,50 %) à Valras sans la moindre explication. Comme nous le titrions il y a quelques semaines, à Valras, rien ne va plus.

    A noter que cette municipalité a refusé de mettre à la disposition de notre député, Emmanuelle Ménard, un lieu pour recevoir les valrassiens. Grands démocrates, républicains, donneurs de leçons, à vos calculettes !

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