Historique de l'affaire Assange

Cet article est paru sur le site Boulevard Voltaire le 22 juillet 2022, dont Emmanuelle Ménard a été rédactrice en cher pendant plusieurs années. Il est vrai que depuis la nouvelle rédaction a précisé qu'elle n'avait plus rien avoir avec elle.
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Aux États-Unis, la liberté de la presse est garantie par le premier amendement. Certes. Mais certaines libertés sont moins libres que d’autres.
175 ans de prison : c’est ce que risque Julian Assange s’il est extradé vers les États-Unis. En mars 2020, j’appelais déjà l’attention des lecteurs sur la situation de ce dissident, car il s’agit bien là d’un dissident en tout point comparable à ceux que le communisme liquidait.
Julian Assange, qui n’est pas américain mais australien, a fondé en 2006 WikiLeaks. La subversion de WikiLeaks, c’est d’abord son cryptage. Inviolable, il protège les sources qui l’abondent en documents classifiés énonçant au grand jour les actions tordues. En juillet 2010, WikiLeaks diffuse plus de 750.000 documents confidentiels démontrant la corruption, la tromperie et les crimes de guerre généralisés des autorités américaines et britanniques ainsi que de leurs alliés israéliens ou saoudiens au Moyen-Orient. Assange dénonce également ce système techno-algorithmique généralisé, de surveillance et de manipulations, qui organise un espionnage domestique massif et ambitionne la généralisation au monde entier de la morale et des valeurs nord-américaines.
Les États-Unis vont vouloir la peau de Julian Assange. L’accusation n’est rien de plus que celle de piratage informatique. Insuffisant. Pour trouver un motif d’extradition, ils tentent d’abord une inculpation pour agression sexuelle avec la complicité de la Suède. Mais ça ne marche pas.
Les États-Unis ont alors l’audace, le 23 mai 2019, d’inculper Assange, journaliste australien d’investigation, pour… espionnage ! Ils ressortent du placard un outil : l'« Espionage Act » de 1917. À l’origine, il criminalisait l’opposition à la décision de Wilson d’impliquer les États-Unis dans la Première Guerre mondiale.
Assange sollicite l’asile politique en Suisse, mais les États-Unis menacent la Suisse de représailles si la demande était acceptée et obtiennent son interdiction bancaire. Comme pour les amendes exorbitantes imposées de manière discrétionnaire aux entreprises étrangères qui ne se plient pas à leurs exigences (on se souvient des 90 millions de dollars infligés en 2018 à la BNP), les États-Unis jouent de leur force pour considérer légitime l’extraterritorialité de leurs lois qui rendent possible l’inculpation d’un citoyen non américain agissant en dehors du territoire américain.
Assange se réfugie, le 19 juin 2012, à l’ambassade de l’Équateur à Londres où il obtient l’asile politique. Il y restera littéralement assiégé pendant sept ans. Mais en avril 2019, le nouveau président équatorien, Lenin Moreno, sous la pression américaine, met fin à son asile politique. Immédiatement coffré par les Britanniques, Assange est incarcéré à la prison de haute sécurité de Belmarsh, normalement dévolue aux criminels les plus violents et dont les conditions sont dénoncées par Amnesty International. Ipso facto, les États-Unis demandent son extradition. Le 4 janvier 2021, au grand dam des États-Unis et du gouvernement anglais, la Justice britannique la refuse. Le motif tient à la santé mentale d’Assange fragilisée par le traitement infligé à Belmarsh. Mais il reste en prison.
Les États-Unis font immédiatement appel de la décision et redemandent l’extradition. Le 10 décembre 2021, revirement : la Justice britannique accepte l’extradition, mais certains magistrats toussent tout de même un peu et, le 24 janvier 2022, la Haute Cour de Londres autorise Julian Assange à contester cette décision. Vain espoir : le 14 mars 2022, la Cour suprême du Royaume-Uni saisie entre-temps suspend cette possibilité. Le 17 juin 2022, le ministre de l’Intérieur britannique Priti Patel approuve la demande d’extradition de Julian Assange. Nous en sommes là.
Comme le souligne Glenn Greenwald, écrivain politique et avocat : « La persécution d’Assange met en évidence l’imposture totale des sermons américains et britanniques sur la liberté, la démocratie et la presse libre. »
Philippe Joutier
Boulevard Voltaire











Il était une fois… En ce temps-là, celui qui exerçait

L’élection cette année à la présidence française d’Emmanuel Macron (39 ans, né en 1977), le plus jeune chef d’Etat français depuis Napoléon Bonaparte (Premier consul à 30 ans, en 1799) a suscité l’attention de chercheurs catholiques nord-américains, dont le journaliste Phil Lawler, connus pour investiguer dans les affaires intimes de leurs contemporains. Ils en ont déduit, par exemple, que si le président Macron reste marié à son épouse actuelle, Brigitte Trogneux (née en 1953, 64 ans, mère de trois enfants par son mariage précédent avec un certain M. Auzière qu’on donne pour « financier »), il n’aura pas de postérité. 

En 2023 un nouveau paradigme s’est imposé en Afrique, celui du rejet des universalismes occidentaux, à commencer par la démocratie.













Le dimanche 27 août se tenait à Tourcoing la réunion de rentrée politique de Gérald Darmanin. Dans le fief électoral qu’il a réussi par ruse et détournement d’héritage à capter à son profit, le petit Gérald qui fut un sémillant jeune homme de bonne et vraie droite catholique et nationale, et qui, aujourd’hui, se complaît, comme tant de ses confrères et collègues, à rappeler, à chaque bout de phrase, du haut de ses rapides élévations, ses origines dites modestes et immigrées – en fait tout à fait honorables –, est devenu l’un des principaux barons de la République et, croit-il, l’homme fort de l’État républicain, le ministre de l’Intérieur qui n’a besoin et ne rêve que de devenir encore plus fort, comme naguère son chef et son modèle Sarkozy, pour le plus grand bien de la République, bien sûr, dont il a vocation à devenir le sauveur face à l’hydre redoutable du nationalisme sans cesse renaissant, nationalisme français qui fut tout de même, du moins pour les idées, comme pour beaucoup d’autres de son espèce, sa première et apparemment sincère conviction intellectuelle.





